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L'Islande pourrait devenir le premier pays à atteindre la parité totale

Championne toutes catégories en matière d'égalité femmes-hommes, l'Islande est en passe de devenir à 100 % paritaire. 

Considérée comme le pays dans lequel les femmes vivent le mieux, l'Islande a été un des premiers pays a accorder le droit de vote aux femmes en 1915, bien avant de nombreux États européens. En 1980, Vigdís Finnbogadóttir est devenue la première femme au monde élue présidente au suffrage universel direct. Plus récemment, le mouvement "Free the nipple" y a connu eu un large succès. Les Islandaises occupent désormais plus de 40 % des bancs du Parlement et le gouvernement est quasiment paritaire.

Pas de doute, l'Islande mérite bien son titre de championne en matière d'égalité femmes-hommes. En effet, depuis six ans, elle occupe la première place du classement annuel réalisé par le Forum économique mondial concernant l'écart entre les genres, devançant de peu la Norvège, la Finlande et la Suède. L'Islande pourrait ainsi devenir sous peu, le premier pays totalement paritaire. C'est du moins ce qu'a assuré Saadia Zahidi, à la tête du groupe Femmes dirigeantes et Parité hommes-femmes au Forum économique mondial de Davos (Suisse) qui s'est déroulé la semaine dernière.

Vigdís Finnbogadóttir, première femme présidente à être élue au suffrage universel en 1980. (Crédit Image : Gunnar-Elisson)

Vigdís Finnbogadóttir, première femme présidente à être élue au suffrage universel en 1980. (© Gunnar-Elisson)

L'Islande se démarque à travers la place des femmes dans l'économie

"Les Islandais en sont à 87 % (d'égalité hommes-femmes), donc s’ils continuent à ce rythme, ils pourraient devenir les premiers à atteindre 100 %", a déclaré Saadia Zahidi au magazine Quartz. L'Islande a depuis longtemps réduit les écarts dans les domaines de la santé et de l'éducation, et les femmes sont bien représentées dans la vie politique grâce à un système de quotas volontaires. Par ailleurs, si la parité n'est toujours pas parfaite au sein des instances dirigeantes des entreprises, l'Islande se démarque vraiment à travers la place des femmes dans la participation économique selon Saadia Zahidi. Une avancée qui serait due, selon elle, à un système judicieux pour gérer famille et travail.

"C'est une très petite économie dans laquelle le talent, le capital humain sont très précieux. Pour ne gâcher aucun talent, [les Islandais] ont donc fait en sorte que les hommes et les femmes puissent combiner leurs obligations sociales et familiales tout en travaillant."

À titre d'exemple, le congé parental est, depuis 2000, réparti entre les deux parents : trois mois pour la mère, trois mois pour le père, et trois à se partager. La crise économique qui a secoué l'État insulaire en 2008 aurait par la suite contribué à une évolution vers plus de parité, expliquait Le Monde en 2012, en conduisant à la démission d'un gouvernement conservateur à forte majorité masculine.

Au niveau international, les inégalités entre les femmes et les hommes dans l'économie persistent et ne se sont réduites que de 3 % en l'espace de dix ans, selon le rapport du Forum économique mondial. Il faut dire qu'à Davos, la parité ce n'est pas non plus ça. Sur les 2 500 "leaders" invités, seul 18% étaient des femmes... Quant à la France, si elle est classée 12e du classement tous domaines confondus, elle se retrouve à la 56e position sur 142 concernant la place des femmes dans l'économie. De toutes façons, quand on sait que, selon les pronostics, l’égalité professionnelle femmes-hommes sera une réalité… dans cent dix-huit ans, on se dit qu'il y a encore du travail !