Escalader Uluru, le rocher sacré des Aborigènes d’Australie, sera bientôt interdit

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Afin de préserver le patrimoine et l’importance spirituelle accordée au rocher Uluru (également connu sous le nom d’Ayers Rock) par les Aborigènes, les touristes n’auront plus le droit de l’escalader à partir du 26 octobre 2019, rapporte Le Monde. Depuis les années 1930, des centaines de personnes ont gravi cet immense rocher de 863 mètres de haut, bien que les peuples aborigènes de la tribu Anangu, à qui appartenait initialement le territoire sur lequel il se situe, s’y soient toujours opposés.

À partir de 2019, les touristes pourront encore se rendre sur place mais devront observer Uluru de loin, car le chemin pour parvenir au sommet sera fermé aux visiteurs. Cette décision a été prise après une concertation entre les représentants des Aborigènes et les responsables du parc national d’Uluru-Kata Tjuta.

S’il est possible que cette nouvelle politique ait un impact négatif sur le tourisme dans la région, la fréquentation du site est déjà en constante diminution depuis plusieurs années, notamment en raison d’une campagne de communication sur l’histoire de ce lieu sacré.

Traduction : "Réunissons-nous, fermons-le ensemble. La traduction anglaise du discours que Sammy Wilson [le directeur du parc national, ndlr] s’apprête à prononcer."

Le CLC (Conseil central du territoire), une entité qui représente le peuple aborigène du centre du territoire australien, s’est félicité de cette décision. David Ross, son directeur, a déclaré :

"Cette décision a longuement été espérée, et nos pensées vont aux anciens qui ont attendu ce jour et qui ne sont plus avec nous aujourd’hui pour célébrer ce moment. Il est normal de se demander pourquoi cette décision n’a pas été prise il y a plusieurs décennies… Les Anangu ont dû se battre pour lutter contre les intérêts de personnes puissantes et ont fait face à beaucoup de pressions."

En espérant que ce lieu incomparable reste une destination privilégiée des touristes, dans le respect des croyances de la communauté aborigène.

© Tchami/Flickr

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet