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Harcèlement scolaire : le youtubeur Nino Arial dénonce ceux qui, comme lui avant, "laissent faire"

"Dans le harcèlement, il n’y a que deux camps : les harceleurs et les harcelés. Et aujourd’hui je me dis que si on ne fait pas partie d’un camp, on fait obligatoirement partie de l’autre."

Le youtubeur Nino Arial, qui se définit comme un humoriste, a commencé à publier des vidéos il y a dix mois. Ses sujets s’adressent principalement à un public jeune (comme avec "Top 10 : quand tes parents te foutent la honte" ou "Les Secrets des animateurs de colo"). Le 8 septembre, il a eu le grand mérite de prendre ses responsabilités dans une vidéo non monétisée, rompant complètement avec son style habituel. Repérée par le Huffington Post, elle s’intitule explicitement "Harcèlement scolaire (grave)", et affiche la mention "J’ai été harceleur (je regrette)". Le youtubeur y explique avoir voulu profiter de son audience pour "parler à la place de ceux qui ne le peuvent pas", ceux qui souffrent du harcèlement scolaire.

Les youtubeurs sont particulièrement bien placés pour aborder ce sujet, comme en témoignent le succès de la vidéo du témoignage d’EnjoyPhoenix publiée en 2014 (plus de trois millions de vues), ou encore, il y a quelques jours, celui de la vidéo de Lola Dubini sur ce thème (plus de 100 000 vues et 1 600 commentaires). L’angle choisi par Nino Arial pour sa vidéo est précieux, parce qu’il s’adresse aux personnes qui peuvent empêcher le harcèlement.

Les "harceleurs silencieux" et leur responsabilité

Le youtubeur raconte que sa prise de conscience sur la gravité du problème des violences à l’école s’est faite après qu’une abonnée l’a remercié pour sa vidéo sur la rentrée, intitulée "Les Pires galères de la rentrée". Elle lui a expliqué à quel point la rentrée était toujours un calvaire pour elle, "la pire journée de l’année… chaque année", à cause du harcèlement dont elle était victime dans son lycée. Parce que c’est là qu’on va à nouveau "se moquer d’elle", qu’elle va "encore se retrouver toute seule". Et ce harcèlement dépasse les grilles de l’établissement scolaire, la suivant également sur les réseaux sociaux avec des "insultes, moqueries, menaces". Par peur des représailles, elle n’ose pas demander de l’aide.

Nino Arial explique lui avoir demandé qui étaient ses harceleurs, pour mieux comprendre la situation. Sans surprise, ce sont "les gens les plus populaires de son lycée", qui ne sont pourtant pas très nombreux. Le nombre l’a justement interpellé, et il s’est demandé comment quelques "tocards" pouvaient lui gâcher la vie dans un lycée de 2 000 élèves. La victime a alors souligné qu’elle en voulait beaucoup aussi aux personnes qui voyaient le harcèlement mais ne faisaient rien… et qui contribuaient donc à ce qu’il continue, s’en rendant complices. Une véritable prise de conscience pour le youtubeur, qui a voulu dénoncer à son tour comment l’inaction est une action, et mettre en avant la responsabilité de ceux qui "laissent faire" et qu’il a décidé d’appeler les "harceleurs silencieux".

"Parler, alerter, aider"

N’ayant jamais été harcelé, il explique dans sa vidéo qu’il ne peut "pas comprendre" ce que les victimes de harcèlement scolaire peuvent ressentir. Mais qu’il se considère désormais comme responsable :

"J’ai appelé cette vidéo 'J’ai été harceleur' parce qu’en réfléchissant bien, je me rappelle que moi aussi d’une certaine manière j’ai participé au harcèlement de certains élèves quand j’étais plus jeune. J’étais populaire, j’ai toujours fait partie des mecs cool, qui sortaient avec des filles et qui avaient une bande de potes. Je me disais que j’étais pas concerné par ces 'petits problèmes' qu’avaient les autres.

Et au final, j’ai fait la grosse connerie de laisser faire, de ne rien dire. Pourquoi ? Parce que je me croyais neutre. Mais laisser faire et ne rien dire, ce n’est pas être neutre. Dans le harcèlement, il n’y a que deux camps : les harceleurs et les harcelés. Et aujourd’hui je me dis que si on ne fait pas partie d’un camp, on fait obligatoirement partie de l’autre."

La vidéo se conclut sur un message de soutien aux victimes de harcèlement scolaire, pour leur dire qu’elles ne sont pas seules, et les encourager à parler de ce qu’elles subissent, à leur entourage, aux CPE comme aux numéros verts gratuits. Mais aussi, et surtout, Nino Arial encourage les "harceleurs silencieux" à passer à l’action, à "parler, alerter, aider".

Partagée plus de 9 000 fois et vue 394 000 fois sur Facebook, "J’ai été harceleur (je regrette)" prône également un humour non oppressif, alertant sur le fait que le harcèlement passe également par des "blagues" qui n’en sont pas. Une façon, peut-être, d’annoncer que le contenu de la chaîne humoristique, dont plusieurs vidéos se basent sur des stéréotypes sexistes, va également évoluer.