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En Inde, une campagne dénonce les tabous sur les règles

En Inde, de nombreux temples refusent l'accès aux femmes, sous prétexte qu'elles sont "impures" pendant leur menstruation. La campagne "Happy to bleed" dénonce ce tabou.

Le temple de Sabarimala, situé dans l'État de Kerala au Sud de l'Inde, accueille chaque année des milliers de pèlerins venus rendre hommage à la divinité Ayyappa. Parmi eux, seuls les fillettes n'ayant pas dépassé l'âge de la puberté sont autorisées à y entrer, et ce n'est pas près de changer à en croire les propos du grand prêtre du temple, Prayar Gopalakrishna :

De nos jours, il existe des machines qui scannent les corps et peuvent détecter les armes. Un jour viendra où une machine sera inventée pour savoir si c'est le "bon moment" (pas en période de menstruation) pour les femmes d'entrer dans le temple. Quand cette machine sera inventée, nous pourrons discuter du fait de laisser les femmes rentrer.

Jugées comme "impures" lors de leur période de menstruation, les femmes sont donc interdites d'accès au temple, au cas où elles braveraient l'interdit et passeraient le seuil du temple alors qu'elles ont leurs règles.

Briser le tabou sur les menstruations à travers la campagne "Happy to bleed"

La jeune féministe indienne Nikita Azad, n'est pas prête à attendre qu'une machine capable de détecter si elle est impure ou non soit commercialisée. C'est pourquoi elle a décidé de créer la campagne au nom sarcastique "Happy to bleed", pour que les règles arrêtent d'être considérés comme quelque chose de honteux et de dégoutant.

Dans une lettre ouverte, elle tient à rappeler que si les femmes n'avaient pas leurs règles, elles ne pourraient pas donner la vie :

Tous les hommes qui entrent dans le temple sont le produit de rapports sexuels entre un homme et une femme. Les femmes gardent leurs enfant dans leur ventre pendant neuf mois, les nourrissent à travers leur utérus et leur donne naissance à travers leur vagin. Tous les hommes qui entrent dans le temple ne sont-ils pas le fruit de ce sang qui se forme dans l'utérus de leur mère ?

À seulement 20 ans, la jeune femme est bien consciente que ce genre de croyance "renforcent la mysoginie" et considère la campagne "Happy to bleed", qui a déja rencontré un large écho sur les réseaux sociaux comme "une forme de résistance contre le patriarcat qui estime que la femme appartient a l'homme et a la société".