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Gershad, l'appli iranienne pour échapper à la police religieuse

Afin d'éviter la police religieuse, un groupe de développeurs iraniens a décidé de créer Gershad, une application sur le modèle de Waze ou Coyote, ces outils qui permettent aux automobilistes de contourner les radars.

Des habits un peu trop "fashion", une coupe de cheveux à l'occidentale, trop de maquillage, un hijab mal positionné ou trop court... En Iran, ne pas se conformer aux normes de conduite vestimentaire dictées par la charia peut coûter cher et la Gashte ershad, la police religieuse, également appelée police des mœurs ou de la vertu, est là pour y veiller.

En effet, un Iranien qui ne respecte pas le code vestimentaire se voit dans l'obligation de rédiger une déclaration écrite assurant qu'il ne recommencera pas et, quand la police le juge nécessaire, écoper d'une amende ou être poursuivi en justice, explique la BBC.

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Une appli pour "résister à ces injustices de manière pacifique"

Alors pour remédier à cette injustice, un groupe de développeurs iraniens anonymes a décidé de créer l'application Gershad, qui aide à jouer au chat et à la souris avec cette police d'État, l'idée étant d'alerter les utilisateurs sur l'emplacement des postes de contrôle et de leur proposer un itinéraire différent. À l'instar de Coyote ou Waze, la communauté d'utilisateurs se charge de signaler la position de la police des mœurs sur une carte. Lorsque plusieurs utilisateurs indiquent le même point, un petit bonhomme policier s'affiche sur la carte.

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Sur leur page Web, les développeurs expliquent le ras-le-bol qui les a poussé à créer l'application :

"Selon le chef adjoint de la police, entre mars 2013 et mars 2014, 3 millions de personnes ont reçu des 'avertissements' de la part de la police des mœurs. Qui ne connaît pas l'humiliation et l'irrespect qu'impliquent ces avertissements ? Pourquoi devrions-nous être humiliés pour notre droit le plus évident à choisir nos propres vêtements ?

La police doit assurer la sécurité des citoyens et ne pas se transformer en un facteur de peur. Il y a quelque temps, indignés par ces oppressions, nous avons cherché un moyen de résister à ces injustices de manière pacifique et avec un minimum de risque, afin de restaurer une partie de notre liberté."

Si cet acte de résistance légitime est déjà très populaire sur les réseaux sociaux, certains s'inquiètent quand même d'une chose : les forces de sécurité pourraient aussi se mettre à utiliser l'application afin de démasquer et réprimander ses utilisateurs.