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Les femmes, premières victimes du changement climatique

À moins d’un mois du lancement de la COP21, une centaine de personnalités du monde politique, économique, scientifique et culturel lancent l’appel "Soutenir les femmes face au changement climatique : pourquoi nous nous engageons" visant à mobiliser les politiques et la société civile de tous les continents.

Le dérèglement climatique a des conséquences encore plus graves pour les femmes que pour les hommes dans les pays en développement. De façon systémique, le changement climatique affecte en premier lieu les populations les plus à risque et les plus pauvres. Or, dans les régions du Sud – principalement en Afrique et en Asie – les femmes représentent 70% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1 dollar par jour.

Les changements climatiques apparaissent dès lors comme des facteurs aggravants à leur quotidien difficile, si ce n’est à leur survie. Les problèmes liés au développement et aux inégalités deviennent ainsi inextricables des questions d'ordre environnemental. 

Insécurité alimentaire

Le changement climatique induit d’abord une insécurité alimentaire au premier plan duquel se trouvent les femmes qui tirent la plupart de leurs revenus de la terre. Dans les pays du Sud, elles assurent entre 60% et 80% de la production agricole mais ne gagnent que 10% du revenu total et possèdent moins de 2% des terres.

Or, la terre souffre de plus en plus des impacts du changement climatique, entre inondations, sécheresses et phénomènes climatiques extrêmes. Elles sont donc victimes de la baisse de fertilité des terres qu’elles cultivent et donc de leurs revenus déjà très faibles.

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Un risque de décès 14 fois supérieur en cas de catastrophe naturelle

Lors de catastrophes naturelles les femmes affrontent des risques supplémentaires. Selon un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement publié en 2011, elles sont souvent dissuadées d’acquérir des compétences de survie, comme monter aux arbres ou nager.

D’autre part elles n’ont souvent pas l’autorisation d’évacuer leur foyer sans l’autorisation de leur mari ou d’hommes plus âgés de leur famille ou de leur communauté. Les codes vestimentaires culturels "sexospécifiques" gênent leur mobilité pendant les situations d’urgence, ce qui accroît leur taux de mortalité de façon disproportionnée lorsqu’elles surviennent.

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Insécurité physique

D’après Colette Benoudji de l’ONG Lead Tchad, l’insécurité alimentaire est intrinsèquement liée à l’insécurité physique notamment dans les régions subsahariennes. Au Sahel par exemple, l’explosion de la criminalité via des groupes armés comme Boko Haram vient se superposer, notamment en conséquence d’une insécurité alimentaire déjà bien ancrée.

Les catastrophes climatiques comme les inondations, les sécheresses ou les famines désorganisent les réseaux de protection locaux. Les femmes et les jeunes filles sont souvent victimes d’intimidation, de violence sexiste, de harcèlement sexuel et de viol pendant les catastrophes. Du fait de la répétition des catastrophes climatiques, elles courent un plus grand danger d’être victimes de la la traite organisée d’êtres humains.

Pourtant, ces femmes agricultrices des pays du Sud ne cessent d’innover à l’échelle locale, s’affichant comme des actrices majeures sur le plan du développement durable. Leurs efforts ne seront donc efficaces que si leurs actions sont valorisées et financées, et à condition qu’elles puissent exercer pleinement leurs droits.

En cela, signer l’appel "Soutenir les femmes face au changement climatique" pourrait pousser les leaders réunis à l’occasion de la COP21 à lutter contre les inégalités homme-femme face au changement climatique.