Une étude dévoile les différences des fantasmes sexuels entre les hommes et les femmes

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Une étude canadienne, publiée dans la revue scientifique The Journal of Sexual Medicine, s'est penchée sur les fantasmes des hommes et des femmes. 

Célibataire ou en couple, tout le monde garde plus ou moins enfoui dans un coin de sa tête un ou plusieurs fantasmes sexuels. Qu'ils soient réalisables, pervers, romantiques ou honteux, l'étude réalisée par l'Université de Montréal révèle quels sont les fantasmes dits "anormaux", "inhabituels" et "typiques" et s'attarde sur les différences hommes/femmes. Christian Joyal, auteur principal de l'étude, explique ce qui les a poussés à la réaliser :

Cliniquement, on sait bien ce qu'est un fantasme sexuel pathologique : il peut impliquer des partenaires non consentants, induire une souffrance ou encore être absolument nécessaire pour obtenir satisfaction. Mais à part cela, qu'est-ce qu'un fantasme anormal ou atypique au juste ? Pour le savoir, nous avons questionné plusieurs personnes.

Pour réaliser l'étude, les chercheurs ont ainsi interrogé 799 hommes et 718 femmes du Québec, âgés en moyenne d'une trentaine d'années, sur leurs fantasmes sexuels à l'aide d'un questionnaire. Parmi eux, 85,1% affirmaient qu'ils étaient hétérosexuels, 3,6% qu'ils étaient homosexuels et le reste entre les deux.

Les fantasmes les plus fréquents chez les femmes et les hommes. (Crédit Image : Business Insider)

Soumission pour les femmes, rapports extra-conjugaux pour les hommes

Parmi les plus courants, les femmes comme les hommes fantasment d'avoir des rapports sexuels dans des lieux inhabituels ou insolites (au bureau, dans les toilettes publics, etc.) ou dans un lieu romantique comme une plage déserte. Néanmoins, les différences entre les deux sexes sont nombreuses.

Ainsi, on apprend selon l'étude que les hommes semblent avoir plus de fantasmes que les femmes et en parlent surtout avec plus d'entrain et de manière plus détaillée. Contrairement à la gent masculine, les femmes sont plus nombreuses à affirmer qu'elles ne souhaitent pas que leurs désirs les plus intimes deviennent réalité.

Ainsi, les femmes sont 30 à 60% à fantasmer des actes de soumission, tels qu'être attachées, recevoir des fessées ou être fouettées. Elles sont également beaucoup plus nombreuses (56,3%) que les hommes (15,8%) à fantasmer un plan à trois ou plus avec les deux sexes ; néanmoins ces derniers rêvent de plans à plusieurs avec seulement des femmes. Dans la même lignée, les femmes fantasment davantage sur les relations homosexuelles que les hommes.

En ce qui concerne les hommes spécifiquement, 80,4% rêvent d'éjaculer sur leur partenaire, 82,1% de regarder deux femmes faire l'amour, 83,4% d'avoir des relations sexuelles avec une personne qui n'est pas son conjoint (contre 66,3% pour les femmes) et 84,5% avec deux femmes. Les hommes sont aussi deux fois plus nombreux à fantasmer sur le sexe anal.

Suite des fantasmes des hommes et des femmes

Quels sont les fantasmes déviants ?

Parmi les personnes interrogées, quelques-unes ont des fantasmes considérés comme déviants. Ainsi, selon les chercheurs, lorsqu'un fantasme se situe en dessous de 2,3% c'est qu'il est rare, et lorsqu'il est de 15,9% ou moins il est considéré comme inhabituel.

Si on regarde de plus près le tableau ci-dessous, peu de fantasmes sont répertoriés dans cette fourchette. Seuls les fantasmes dédiés au travestisme, au fait d'uriner sur son partenaire ou l'inverse, à la zoophilie ou à la pédophilie se retrouvent dans ces catégories. Par ailleurs, et contrairement à ce que l'on pourrait penser, les pratiques sadomasochistes sont loin d'être des fantasmes déviants : 50 à 60%, hommes comme femmes, en rêvent.

Les fantasmes les plus déviants

Néanmoins, comme dans toute étude finalement, certains points laissent à penser qu'elle n'est pas non plus à prendre au pied de la lettre. Il suffit de regarder l'échantillon, avec une minorité de personnes homosexuelles et sans que leurs réponses ne soient détachées des autres. En effet, il aurait été plus pertinent de les séparer pour pouvoir analyser les différences de fantasme entre personnes hétérosexuelles et personnes homosexuelles.

Aussi, si les fantasmes des Canadiens et des Français peuvent être similaires du fait d'un mode de vie proche, l'étude n'est certainement pas universelle, les fantasmes pouvant varier en fonction de la culture, des moeurs ou des religions par exemple. Enfin, on imagine que les fantasmes changent avec l'âge, un jeune ne rêve certainement pas des mêmes choses qu'un quinquagénaire...

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