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© Amnesty International Australia

Les États-Unis refusent d’accueillir les homosexuels évacués de Tchétchénie

L’organisation LGBT Network, qui a aidé une quarantaine de personnes à fuir la persécution des homosexuels en Tchétchénie, cherche des pays pour les accueillir. Les États-Unis viennent de refuser de leur délivrer des visas, en raison d’un problème de classification.

© Amnesty International Australia

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Il y a une semaine, on apprenait qu’une quarantaine de personnes homosexuelles avaient été évacuées de la Tchétchénie par l’ONG russe LGBT Network. Pour les sauver de la purge violente organisée par la Tchétchénie, l’ONG les a emmenées dans d’autres parties de la Fédération de Russie, mais elles ne peuvent y rester car certaines de leurs familles les poursuivent parfois jusque-là. Le problème, c’est que pour le moment, seule la Lituanie a accepté d’accueillir ces réfugiés, et uniquement deux d’entre eux selon BuzzFeed. D’autres se cacheraient toujours dans certaines parties de la Russie, tandis que certains ont fui sans attendre de visa, par peur d’être retrouvés. L’organisation LGBT Network a rapporté que les négociations avec les potentiels pays d’accueil étaient difficiles, et que le ministère américain des Affaires étrangères avait refusé de délivrer des visas aux Tchétchènes. D’après Slate, ce même ministère a pourtant condamné publiquement les persécutions du gouvernement tchétchène :

"Les États-Unis continuent d’être inquiets concernant la situation dans la République de Tchétchénie, où des informations crédibles indiquent qu’au moins cent hommes ont été détenus sur la base de leur orientation sexuelle."

Pas de visa prévu "spécifiquement pour les aides humanitaires"

Le porte-parole du ministère a mis en avant un problème de classification des visas. Comme le rapporte BuzzFeed, il n’y aurait pas de visa prévu "spécifiquement pour les aides humanitaires", qui permettrait aux gens de venir directement de leur pays aux États-Unis. Les Tchétchènes ne pourraient donc obtenir un visa en se trouvant encore en Russie fédérale, puisqu’ils ne peuvent être considérés comme des réfugiés qu’en ayant quitté leur pays d’origine. Les diplomates américains leur auraient recommandé de demander des visas une fois partis de Russie, ce que LGBT Network juge trop risqué. Le porte-parole de l’organisation a expliqué que les Tchétchènes avaient avant tout "besoin d’un refuge", et qu’aucune "solution spécifique" n’avait été proposée par les responsables concernés.

LGBT Network est cependant en cours de négociation avec d’autres pays pour obtenir des visas, mais elle ne veut révéler les noms par peur de mettre les Tchétchènes qui pourraient y être accueillis en danger. La situation ne s’arrange en effet pas en Tchétchénie. Sous la pression médiatique, la Russie avait pourtant fini par déclarer qu’elle allait enquêter, mais l’espoir d’une intervention du Kremlin s’est envolé : toujours selon BuzzFeed, une lettre envoyée par l’ambassade russe à Israël suggérerait que l’enquête a très vite été arrêtée car il n’y aurait "aucune victime de persécution, menaces ou violence".