Ces emballages alimentaires zéro déchet sont biodégradables et comestibles

La start-up Evoware a créé des emballages alimentaires zéro déchet. Leur composition à base d’algue les rend immédiatement biodégradables et même comestibles. Pour en finir avec la pollution au plastique.

Emballages de sandwichs, gobelets à café, pot de noodles à emporter, mais aussi emballages de savon… La start-up indonésienne Evoware a décidé de prendre à bras-le-corps le fléau de la pollution au plastique qui envahit l’archipel. Sa solution : créer des emballages comestibles et biodégradables à base d’algues qui disparaissent comme par magie.

"Nous voyons les algues comme un matériau à haut potentiel pour créer des produits qui peuvent changer notre avenir", explique David Christian, cofondateur de l’entreprise.

Des emballages bio, végans et halal

Evoware propose ainsi des emballages alimentaires en papier d’algue, ou des éco-cups en faux plastique à base d’algue, à la fois comestibles ou biodégradables en 30 jours dans la nature (si vraiment vous n’avez plus faim). Les emballages papier ont un goût neutre – pour ne pas altérer celui des aliments – et les verres et gobelets proposent différentes saveurs pour le fun (orange, litchi, menthe poivrée ou thé vert).

Des emballages qui non seulement ne polluent pas mais ont des vertus nutritives et s’adaptent à tous les régimes alimentaires puisqu’ils sont tous sans gluten, sans gélatine, sans conservateurs et donc à la fois bio, végans et halal (l’Indonésie étant un pays à majorité musulmane).

Les algues sont récoltées avec soin auprès de fermiers locaux, ce qui contribue à créer des emplois dans un secteur jusqu’alors très précaire. Les producteurs d’algues indonésiens sont généralement des travailleurs pauvres dont l’activité instable ne génère pas suffisamment de revenus pour permettre l’accès de leurs enfants à l’école.

© EvowareWorld/Faceboook

L’Indonésie, deuxième pollueur mondial au plastique dans les océans

Si ce projet nous vient d’Indonésie, ce n’est pas un hasard. Ce vaste archipel d’Asie du Sud-Est, composé de plus de 13 000 îles, croule sous des montagnes de déchets en plastique qui finissent dans l’océan. L’Indonésie est en effet très en retard dans sa politique de gestion de déchets et il n’existe pas de véritable système de ramassage des poubelles dans le pays. Hors des grandes villes, les habitants brûlent eux-mêmes leurs déchets devant chez eux ou à proximité, générant des nuages de fumées toxiques dangereuses pour leur santé mais aussi très polluantes pour l’environnement.

Par conséquent, le plastique – particulièrement toxique – est rarement brûlé mais souvent jeté dans des décharges sauvages à ciel ouvert. 90 % des déchets en plastique du pays finissent ainsi dans les cours d’eau, puis les océans. Ce qui fait de l’Indonésie le deuxième plus gros pollueur au plastique des océans à l’échelle mondiale.

Un cercle vicieux puisque ces déchets polis par la mer se transforment en microplastiques et nanoplastiques ingurgités par les poissons, qui parcourent ainsi la chaîne alimentaire pour finir dans nos assiettes. Selon les chiffres avancés par la vidéo ci-dessous, 25 % des poissons vendus sur les marchés en Indonésie seraient contaminés par des matières plastiques.

Réduction des déchets en plastique et des émissions de gaz carbonique, amélioration de la propreté des plages et du niveau de vie des travailleurs pauvres : ce type de solution innovante devrait tous nous inspirer à l’échelle mondiale.

© EvowareWorld/Faceboook

© EvowareWorld/Faceboook

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