En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

Elyx, le petit bonhomme papier qui s'incruste dans Paris avec humour

Elyx, c'est un petit personnage du web. Une nouvelle mascotte qui s'incruste de manière humoristique dans le décor parisien et suit son créateur partout où il se rend. Nous avons posé quelques questions à l'homme bien réel qui se cache derrière le petit bonhomme virtuel.

Elyx s'incruste aussi sur Konbini. (Crédit Image : Yan Ait Kaci)

Elyx s'incruste aussi sur Konbini (Crédit Image : Yacine Ait Kaci)

Il s'appelle Yacine Ait Kaci, aka Son pseudo est Yak. Il se considère comme un "artiste de l’ère numérique, donc fondamentalement éclectique". Il a étudié aux Arts Déco à Paris, dans la première promo multimédia.

Il a ensuite travaillé pour l'émission Archimède sur Arte, donné plusieurs cours dans diverses écoles et a fondé Electronic Shadow avec Naziha Mestaoui avec "l'idée que le numérique allait fusionner avec la réalité" et a participé à la création du mapping vidéo.

"Il", c'est Yacine Ait Kaci, le créateur d'Elyx, un petit bonhomme qui s'incruste dans tout type d'environnement, de Paris à New York en passant par une fontaine ou aux côtés d'une feuille. Depuis sept mois, Yacine se donne à temps plein dans ce projet, "une aventure qui s'est avérée passionnante".

ELYX_YAK_29

De la génèse d'Elyx entre simplicité, évidence et poésie

S'il présente pour la première fois Elyx sur les réseaux sociaux en 2011, le personnage existe aussi bien dans sa tête que sur le papier depuis longtemps. Malgré une orientation multimédia, Yacine n'a jamais laissé de côté son attirance pour le dessin.

Le nom donné à son personnage est d'ailleurs ancré dans cette volonté de revenir aux sources. Car pour comprendre le sens d'Elyx, il faut revenir 20 ans en arrière, lorsque Yacine est sélectionné au cours de ses études pour façonner la mascotte du magazine XL, un mensuel français destiné aux ados et publié de 1994 à 2000. Il le surnomme "IXEL".

Le nom est un clin d’œil à cette carrière de dessinateur. Le "Y", c'est par rapport à mon prénom, ce qui donne aussi le YX des chromosomes, Elyx se voulant dès le départ un personnage universel qui se trouve en chacun de nous.

IXEL créé pour le magazine XL. (Crédit Image : Yan Ait Kaci)

IXEL créé pour le magazine XL (Crédit Image : Yacine Ait Kaci)

Soucieux de s'adresser à un large public, Yacine a eu envie à la fois "de simplicité, d’évidence et de poésie dans un monde qui s'accélère", pour donner naissance à une personnalité virtuelle, finalement à l'image de nos sociétés qui s'exportent toujours plus sur le web et les réseaux sociaux.

Je suis arrivé à Elyx en épurant au maximum une forme que j’ai créée à partir d’une contrainte forte : le maximum d’expressions et de mouvements à partir du minimum de traits, le tout pour un dessin que je devais pouvoir exécuter en quelques secondes et qui incarne dans son trait même la spontanéité de l’idée.

Alors quand on observe Elyx, le rapprochement se fait rapidement avec les personnages de Keith Haring, personnalité emblématique de l'histoire du street-art. Et s'il se dit très flatté par cette comparaison, ça n'a pas pour autant été "une inspiration consciente", confie-t-il.

Plutôt fan inconditionnel des auteurs de BD Moebius, Gotlib, Gary Larson ou du dessinateur humoristique Voutch, Yak pioche également dans tout ce qui est ciné, art contemporain, photo, architecture, culture geek, etc.

ELYX_YAK_35

"J'appelle ça du digital street-art"

Son calepin sous le bras et un feutre dans la poche, Yacine se laisse guider par l'improvisation. "Rien n’est jamais préparé, c’est la ville qui donne son tempo, l’inspiration". Pour lui, le terme de "sérendipité" prend alors tout son sens puisque "cette pratique implique d’avoir les yeux constamment ouverts sur le présent", explique-t-il.

Après 15 ans d’art numérique, j'utilise souvent cette métaphore : les impressionnistes se sont libérés de leur atelier grâce à l’invention du tube de peinture qui leur a permis d’aller peindre "sur le motif". En 2014, je suis un artiste qui s’est libéré de l’ordinateur pour faire de la création numérique "sur le motif". Parfois, j’appelle ça aussi du Digital Street Art.

En troquant la souris par le stylo, l'artiste a donc alors voulu remettre la main au coeur de ses outils pour proposer aux internautes des situations souvent empreintes d'une gaîté légère.

ELYX_YAK_09

"Le sourire est en soi un message"

Un brin enfantin, Elyx pose ainsi un regard nouveau, innocent sur l'espace qui l'entoure. Il débarque alors dans l'hémicycle du Sénat, soulève la tour Eiffel, se la coule douce à Paris plage, grimpe l'obélisque de la place de la Concorde, fait pêter le champagne devant la Pyramide du Louvre, pose à côté de Pharrell Williams et se retrouve même à New York.

"À travers ses yeux, on se surprend à adopter ce regard et… on sourit. Le sourire est en soi un message" analyse Yacine. C'est d'ailleurs ce que les internautes apprécient particulièrement.

Un terme qui revient très souvent dans les commentaires que je reçois, c’est le fait qu’Elyx donne le sourire et c’est exactement le but. Déjà c’est ce que ça me fait et le fait de le partager est une grande source de satisfaction, c’est déjà se mettre dans un certain rapport avec le monde, s’ouvrir et se permettre de voir les choses différemment. Du décalage naît la poésie. Je pense que c’est plus que jamais une valeur d’avenir.

Elyx, "l'exutoire low-tech" de Yacine

Yacine considère ainsi Elyx "comme un ambassadeur de notre capacité à imaginer". Mais pas seulement : il se positionne également sur des sujets d'actualité à travers son personnage 2.0.

Quand je l'ai créé, Elyx était une sorte de soupape créative, un moyen de m’exprimer sur les thèmes qui me sont chers sans toute la complexité technologique de mes projets d’alors, un exutoire low-tech qui me faisait avant tout du bien à moi.

"Nous ne sommes qu'un"/ #Elyx pour la paix.

"Nous ne sommes qu'un"/ #Elyx pour la paix.

Difficile de passer à côté de l'actu israélo-palestinienne. Alors, Yak a décidé de s'exprimer en décuplant plein de Elyx et en les réunissant sur un territoire sans frontière. Pour accompagner le dessin, il reprend le hashtag #JewsAnsArabsRefuseToBeEnemies et invente celui de #ElyxForPeace.

En vérité pour avoir un véritable message politique aujourd’hui, il s’agit de ne pas opposer des groupes supposés les uns contre les autres. C’est le sens de mon « WE ARE ONE » qui représente une carte d’Israël et la Palestine constituée par une multitude d’Elyx. Je vois l’humanité non pas comme une espèce mais comme un organisme en soi, de la même manière que notre corps est composé des milliards de cellules.

Il utilise alors la métaphore de ces nuées d'oiseaux et de poissons, qui suivent harmoniquement la même trajectoire comme s'ils étaient guidé par un seul. Or, rappelle-t-il, "il y a un ordre dans le chaos" et ce n'est pas un oiseau ou un poisson qui décide pour tout le monde, mais l'ensemble qui respecte un certain nombre de règles. "Je pense que nous fonctionnons fondamentalement de la même façon et qu’il est plus intéressant d’étudier ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise. C’est ça le message d’Elyx et la direction que je veux lui donner", résume-t-il.

Elyx party : la dimension participative du projet

La direction que veux donner son créateur, c'est aussi celle du partage et de l'échange grâce au projet "Elyx Party". Yak invite ainsi le public à mettre en scène Elyx dans diverses positions et situations puis à immortaliser l'instant en prenant une photo, comme il a l'habitude de faire.

Cette dimension participative, il l'a d'abord expérimentée il y a deux ans avec des étudiants en design colombiens, pour ensuite réitérer l'expérience en partenariat avec la mairie du 3ème à l’occasion de la semaine du développement durable puis pour la maison Hermès lors du Meuble de Milan.

Elyx se retrouvera même en octobre à Tokyo !

C’est la façon qu’a Elyx d’interagir avec le monde, à la fois à travers les photos mais ensuite il se retrouve invité, dans des musées, des premières, des lancements, en quelques mois il est devenu une petite personnalité du web et l’aventure ne fait que commencer.

Alors qu'il est exposé à la Galerie Bettina en ce moment, Yacine est actuellement en train de développer un format télé, une application mobile interactive avec sa soeur qui est développeur et qui devrait être disponible à l'automne prochain. Tout plein de nouveaux supports qui permettent à son créateur de "réinventer sans cesse [son] métier" et à Elyx de continuer à s'amuser.

ELYX_YAK_20

ELYX_YAK_31

ELYX_YAK_32

Elyx et les fables de la Fontaine

ELYX_YAK_33

Elyx fait n'importe quoi au Sénat...

ELYX_YAK_01

Elyx, équilibriste de la Tour Eiffel

ELYX_YAK_03

Elyx se la coule douce à Paris plage

ELYX_YAK_04

Elyx et le lézard doré sur les berges de Seine

ELYX_YAK_05

Elyx soulève la tour Eiffel

ELYX_YAK_06

Elyx tente de grimper sur l'obélisque de la Place de la Concorde

ELYX_YAK_07

Elix passe la balais près de la Concorde

ELYX_YAK_08

Elyx prend des couches dans les fontaines de Paris

ELYX_YAK_10

Elyx surfe dans le caniveau

ELYX_YAK_11

Elyx se tape la pause à côté d'un tableau de Pharrell Williams

ELYX_YAK_13

Elyx prend en photo l'Opéra national de Paris

ELYX_YAK_14

Elyx arrose les arbres autour de la tour Eiffel

ELYX_YAK_26

Elyx perdu au milieu de tous les cadenas du pont des Arts

ELYX_YAK_30

Elyx à New York

Elyx à New York

Elyx à Séoul

Elyx à Séoul

Pour voir davantage d'images, rendez-vous sur le site internet Elyx ou sur son compte Instagram.