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Droit à l’oubli : grâce à la Cnil, vérifiez que Google (et les autres) vous ont bien effacé

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) vient de présenter une extension pour navigateur qui permet de vérifier si les moteurs de recherche ont bien respecté votre droit à l’oubli.

(© Pixabay/CC)

Vous l’ignorez peut-être, mais depuis l’arrêt Mario Costeja González du 13 mai 2014 rendu par la Cour de justice de l’Union européenne, vous – oui, même vous, là-bas – avez le droit de demander à Google (ou à tout autre moteur de recherche, mais soyons sérieux, celui de Mountain View pèse 94 % du marché hexagonal) de disparaître de ses résultats de recherche, en remplissant un "simple" formulaire.

Les guillemets sont de rigueur car si le droit au déréférencement est à peu près coercitif pour Google, l’entreprise se montre étonnamment tatillonne lorsqu’il s’agit d’accepter les requêtes soumises par les internautes : de fait, étant donné que le moteur de recherche se réserve le droit de vous "effacer" ou non des résultats en prenant en compte "l’intérêt général" que pourrait susciter, disons, l’exhumation de votre compte Myspace de lycéen·ne émo, moins de la moitié des demandes (49,9 % en France, selon les chiffres de Google) conduisent effectivement à des déréférencements.

Néanmoins, malgré toute la mauvaise volonté de l’entreprise, les demandes affluent et la France n’est pas en reste : fin 2016, rappelait alors Numerama, l’Hexagone avait fourni 377 000 requêtes de déréférencement, soit environ 20 % du total des demandes européennes.

En finir avec les zones d’ombre

Enfin, rappelons que même dans le cas où Google accepte effectivement de retirer de ses résultats de recherche cette photo de vous prise à l’été 2007 en train de siphonner de la bière à l’entonnoir, cela ne signifie aucunement que la page Web sur laquelle se trouve cette photo de la honte a disparu : en effet, comme le rappelle la Commission nationale informatique et des libertés (Cnil), "le rang d’un résultat de recherche peut varier dans le temps ; c’est donc également le cas de la page de résultats sur laquelle il apparaît. Ainsi, ce n’est pas parce qu’un résultat n’apparaît plus sur une page donnée qu’il a forcément été déréférencé". Encourageant, non ?

Pour en finir avec ces zones d’ombre sur le droit à l’oubli, le laboratoire de la Cnil a présenté, le 5 novembre, un nouvel outil : une extension pour navigateurs (Chrome, évidemment, mais aussi Firefox et Opera, et désolé pour ceux qui utilisent encore IE ou Safari, mais ce n’est pas faute de vous avoir prévenus) qui vous permet de vérifier très facilement si un lien comportant votre nom apparaît dans l’ensemble des résultats d’un moteur de recherche, afin de confirmer pour de bon que votre droit à l’oubli a été respecté ou non.

Disponible via les catalogues d’extensions des trois navigateurs cités plus haut, le petit logiciel prend en charge, outre Google, cinq autres moteurs de recherche (qui se partagent donc les 6 % de parts de marché restantes) : Ask, Yahoo, Bing, Ixquick et DuckDuckGo – qu’on ne peut que vous conseiller d’installer. Bref, un moyen simple de vérifier "l’effectivité de l’exercice de vos droits", le tout évidemment en open source. Bien vu, la Cnil.

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