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Docu : à Gaza, le surf est devenu un moyen de conquérir sa liberté

Projeté le 9 juin prochain à Saint-Denis, dans le cadre du festival Ciné-Palestine, le documentaire Gaza Surf Club nous emmène à la rencontre des pionniers du surf palestinien.

Enclavée entre Israël et l’Égypte, gouvernée par un mouvement ultra conservateur et sans cesse menacée par la guerre, la bande de Gaza a plus d’une fois été surnommée "la plus grande prison à ciel ouvert du monde". Alors, pour tenter de retrouver un peu de liberté, une poignée de jeunes Palestiniens ont décidé de se lancer à l’assaut des vagues qui viennent quotidiennement lécher les 40 kilomètres de côtes qui bordent ce territoire.

Cette nouvelle génération de surfeurs, pour qui glisser sur l’eau représente bien plus qu’un passe-temps réjouissant, a récemment été immortalisée par le documentaire Gaza Surf Club. Réalisé par Philip Gnad et Mickey Yamine, ce film, qui sera projeté le 9 juin prochain à Saint-Denis dans le cadre du festival Ciné-Palestine, offre un nouveau regard sur la bande de Gaza. "On entend toujours parler de cette région à cause de la guerre et des tensions, c’est une réalité bien sûr, expliquait en mars dernier Philip Gnad aux caméras de Tracks. Mais entre deux conflits, les habitants ont aussi une vie normale, et j’ai justement voulu voir à quoi ressemble leur quotidien en temps de paix."

"Je m’inquiète plus pour ma planche que pour mes enfants"

Parmi ces habitants, il y a Sabah, une adolescence de 15 ans qui a trouvé dans cette pratique un moyen de combattre l’oppression du Hamas à l’égard des femmes, mais aussi le jeune Ibrahim, qui aimerait fonder le premier club de surf de Gaza. Pour cela, il rêve d’aller se former sur la terre sainte du surf : Hawaï. "Si j’obtiens un visa, on va gagner beaucoup de temps, confie-t-il dans le documentaire. Parce que je pourrais faire un stage là-bas, à Hawaï. Ils pourront me montrer comment on fabrique les planches, comment on les répare, et comment on les vend."

Les planches sont très difficiles à dénicher à Gaza, et encore plus à construire (leur fabrication nécessite en effet des matériaux bien spécifiques, comme de la fibre de verre). "Pour surfer, on n’a pas besoin de grand-chose, il faut un maillot de bain et une planche, poursuit Philip Gnadt dans le reportage de Tracks. Mais justement, la planche, c’est le problème. On ne peut pas en acheter à Gaza, parce qu’Israël a peur que les Palestiniens s’en servent pour fuir le territoire, ou pour mener des actions dangereuses. […] Ils arrivent à obtenir des planches par des voies compliquées, grâce à des ONG, etc.. Elles sont donc très précieuses, et ceux qui ont la chance d’en posséder une y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux."

Des propos confirmés par l’un des surfeurs gazaouis interrogés par les réalisateurs de Gaza Surf Club, qui, dans le documentaire, affirme :

"Je m’inquiète plus pour ma planche que pour mes enfants. Je ne peux pas la remplacer. Un enfant, ça se remplace. On se marie et on en refait un. Pas les planches. Elles ne passent pas la frontière."

L'affiche du documentaire "Gaza Surf Club".

L’affiche du documentaire "Gaza Surf Club" de Philip Gnad et Mickey Yamine.

Le festival Ciné-Palestine, dont la troisième édition se tiendra du 2 au 11 juin 2017, proposera le vendredi 9 juin, en avant-première française et gratuite, le film Gaza Surf Club – qui sera projeté en plein air sur la place Jean-Jaurès de Saint-Denis.

À lire -> Le festival Ciné-Palestine révèle la diversité du cinéma palestinien

Journaliste indépendante basée à Paris. Musique, mode et tatouage, principalement.