Dites adieu au disco : les scientifiques veulent interdire les paillettes, fléau pour l’environnement

On nous informe à l’oreillette que Claude François s’est retourné dans sa tombe.

Mariah Carey, Album Glitter, 2001. (© Virgin)

En raison des microbilles de plastique polluantes qu’elles contiennent, les scientifiques suggèrent d’interdire les paillettes. Ces minuscules particules de plastique sont un fléau pour l’environnement, en particulier les océans et les animaux marins qui les ingèrent et qui finissent par contaminer l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Celles-ci peuvent en effet traverser les systèmes de filtration d’eau grâce à leur petite taille, inférieure à cinq millimètres. Et les scientifiques rappellent que les microbilles de plastique (qui sont des dérivés du pétrole et contiennent des produits chimiques) ne se désintègrent jamais vraiment.

Elles terminent ainsi dans l’estomac des poissons et des mammifères marins (et par conséquent dans le vôtre si vous mangez du poisson) ou en suspension dans l’océan pour former les "continents de plastique".

Elles entraînent des perturbations hormonales et neurologiques

Depuis quelques mois, plusieurs pays (comme le Royaume-Uni ou la Nouvelle-Zélande) veulent rendre illégal l’usage des microbilles de plastique dans la fabrication de certains cosmétiques comme les soins exfoliants ou les dentifrices par exemple.

Or, comme le note l’anthropologue de l’environnement néo-zélandaise Trisia Farrelly à The Independent, "toutes les paillettes devraient être interdites car elles contiennent du plastique".

"Quand les gens pensent aux paillettes, ils pensent aux fêtes et aux tenues pailletées. Mais les paillettes sont présentes dans des produits que l’on utilise quotidiennement et auxquels on ne pense pas autant, comme les palettes de maquillage."

Selon la chercheuse, la plupart des paillettes sont fabriquées à base d’aluminium et de polyéthylène téréphtalate (PET) qui relâchent des produits chimiques en se décomposant et perturbent les systèmes hormonaux de ceux qui les ingèrent, animaux comme humains. Des dysfonctionnements associés au développement de cancers et de maladies neurologiques.

Fabriquez des paillettes bio !

La solution pour les amis de Claude François et pour les océans serait donc tout simplement de fabriquer des paillettes biodégradables, car la prise de conscience des consommateurs à ce sujet reste encore à faire. Pour Trisia Farrelly, c’est aux fabricants qu’il incombe de créer des produits écoresponsables :

"Je suis fatiguée d’entendre que les consommateurs doivent être responsables et éviter de consommer ce type de produit. C’est littéralement impossible. C’est aux producteurs d’être responsables et de proposer des alternatives plus sûres, non-toxiques et durables."

Une prise de conscience sur la diminution drastique de notre production et notre consommation de plastique - sous toutes ses formes - est en effet plus nécessaire : d’ici 2050, la quantité de plastique produite à l’échelle mondiale sera multipliée par trois pour atteindre 1,124 million de tonnes. Il y aura alors plus de plastique que de poissons dans les océans.

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