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1,5 million de déchets illégaux à destination des pays pauvres interceptés en un mois par Interpol

Lors d’une opération de grande envergure menée en juin 2017, l’organisation internationale de police criminelle Interpol a intercepté 1,5 million de déchets illégaux dans le monde. Un record.

Saisie record de déchets illégaux aux Pays-Bas en juin 2017 par Interpol. (© Interpol)

On en parle rarement, mais le business de déchets illégaux est l’objet d’un énorme trafic et une nouvelle forme de crime organisé, transformant les pays pauvres et la nature en véritables décharges à ciel ouvert : des écrans d’ordinateur empilés en Côte d'Ivoire, des vieux moteurs de voiture entassés en Malaisie, des batteries de téléphone qui déversent leurs métaux lourds dans les eaux malgaches…

Tout le monde ne s’embarrasse pas à respecter la loi et à recycler ses rebuts – principalement électroniques et métalliques – accumulés par millions de tonnes à travers la planète, préférant simplement passer par des filières illégales de transport de déchets polluants. Ni vu ni connu.

Sauf que l’opération "Trente jours d’action" menée par Interpol a permis d’intercepter 1,5 million de déchets illégaux dans le monde au mois de juin. Un record pour cette "plus grande opération antipollution jamais menée" selon les termes de l’organisation, qui a permis de mettre en cause 326 personnes et 244 compagnies pour des délits d’ordre criminel ou administratif.

L’Asie et l’Afrique : réceptacles malheureux de la pollution illégale des pays riches

Parmi les 85 sites recensés par Interpol au cours de ce coup de filet, l’Afrique et l’Asie figurent parmi les destinations de choix pour les trafiquants. Le rapport de l’organisation note ainsi :

"Les conclusions confirment que l’Asie et l’Afrique étaient les destinations principales de ces déchets illégaux, exportés depuis l’Europe et l’Amérique du Nord, ainsi qu’un trafic également actif entre les pays européens. Les autorités des Pays-Bas ont découvert plus de 10 000 tonnes de déchets suspectés d’être impliqués dans le trafic illégal entre les Pays-Bas et l’Europe vers des pays d’Afrique de l’Ouest, d’Asie du Sud-Est et des Caraïbes."

Les déchets illégaux saisis sont pour l’essentiel des rebuts électroniques ou métalliques, provenant généralement de l’industrie automobile, précise l’organisation. Dangereux pour l’environnement, ils devraient normalement faire l’objet de traitement et de recyclage, comme la loi l’exige en France par exemple. Mais les contrebandiers profitent des législations laxistes des pays pauvres et de faux documents. Quand ils ne se servent pas directement de l’océan comme poubelle :

"La criminalité liée au trafic des déchets est un problème mondial : parmi les 275 millions de tonnes de déchets plastiques générées en 2010, plus de 12,7 millions de tonnes ont illégalement été jetées dans les océans. Tandis qu’en 2014, seulement 10 % à 40 % des 42 millions de tonnes de déchets électroniques générées dans le monde ont été correctement triées."

Interpol rappelle les conséquences dramatiques de tels procédés, qui polluent massivement l’eau, les sols et l’atmosphère, avec des répercussions graves sur la santé et la sécurité.