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Première condamnation en France : c'est quoi le revenge porn ?

Une Française a découvert la divulgation de photos d'elle nue par le biais de ses propres élèves. Derrière ce fait divers, une pratique méconnue : le revenge porn. 

Le revenge porn, vous en avez peut-être déjà entendu parler. En fait, peut-être même en avez-vous déjà été victime. Le principe ? Votre meuf/mec vous plaque, vous divulguez sur Internet des photos ou bien des vidéos d'elle/lui nu/e, si possible dans des positions très lascives et, tant qu'à faire bien humiliantes.

Si la pratique est célèbre aux États-Unis, c'est la première fois qu'un individu est condamné à cause de cette pratique en France. Jeudi 3 avril, un homme de 35 ans a écopé de douze mois de prison avec sursis pour avoir diffusé sur des sites de rencontre des photos de son ex-compagne dans le plus simple appareil et dans des positions compromettantes.

Plus malsain : la victime, enseignante, a appris l'existence de ces clichés par ses propres élèves. Les photos coquines que la jeune femme croyait réservé à la sphère privée ont atterri sur le réseau social où tout est public : votre ami Facebook. "Le tribunal a voulu rendre une décision exemplaire, nous en prenons acte", a indiqué à l'AFP l'avocat du prévenu, Me Mehdi Adjemi.

Alors que le parquet de Metz avait requis une peine moindre, soit six mois d'emprisonnement avec sursis lors de l'audience du 21 mars, le tribunal correctionnel a assorti la sentence d'une indemnisation de la victime. Cela fait suite à une affaire similaire dans le Doubs, survenue en juin dernier. Elle n'avait cependant conduit à aucune condamnation.

Un business lucratif

La pratique est célèbre aux États-Unis. Tellement, en fait, que le New Jersey a légiféré pour assimiler cela à une infraction sexuelle dès l'année 2004. Le 3 avril, l'Utah devenait le sixième État du pays à interdire formellement le revenge porn. En l'espace de dix ans, il l'a aussi été en Alaska, dans l’Idaho, au Texas et en Californie. Selon Metronews, en général, un contrevenant risque six mois de prison ferme et 1000 dollars d’amende. L'Australie et Israël sont les deux autres pays du globe à avoir interdit cette pratique.

S'il est proprement humiliant, le revenge porn est également une affaire juteuse. En janvier dernier, on apprenait l'arrestation de Hunter Moore, déclaré "homme le plus détesté d'Internet" par Rolling Stone. En 2010, il crée le site isanyoneup.com - aujourd'hui clos, l'un des tout premiers sites de revenge porn.

Interviewé par VICE avant d'être mis derrière les barreaux, il expliquait que son business était lucratif, très lucratif.

revenge porn

Hunter Moore, créateur du site isanyoneup.com (Crédit Image : Rolling Stone)

Évidemment, ce site n'était pas le seul à surfer sur la vague du revenge porn. En quelques clics, Internet vous permet de vous rendre sur nombre de ces plateformes. L'engouement autour de l'humiliation par la divulgation n'est pas prêt de prendre fin.

Selon Slate :

Certains sites spécialisés parviennent à récolter 30 000 dollars (soit plus de 20 000 euros) de recettes publicitaires par jour, et rassemblent plus de 300 000 visiteurs uniques quotidiennement.

"Des appels de victimes chaque jour"

Aux Etats-Unis, le problème semble si grave que lorsque Carrie Goldberg, une avocate de Brooklyn, a décidé de se spécialiser dans ces cas juridiques en particulier au mois de janvier 2014, elle a reçu de très nombreux coups de fil. "La réponse a été immédiate et inattendue", explique-t-elle à la BBC. "Je reçois des appels de victime chaque jour. Leur âge varie de 13 à 40 ans".

Elle ajoute :

Poster des images coquines de soi n'est désormais plus un comportement exceptionnel. Il est très commun de prendre et d'envoyer des photos au contenu sexuel. En contrepartie, cela signifie également que de plus en plus de personnes vont avoir besoin d'une protection de la loi.

La BBC a interrogé la juriste dans le cadre sur un article où on apprend que le Royaume-Uni commence également à prendre cette pratique très au sérieux. La télé publique outre-Manche rapporte que cette vague d'exposition publique de photos et vidéos compromettantes fait de plus en plus de victimes sur l'île britannique. L'Independant tire lui aussi la sonnette d'alarme, quelques mois après le suicide d'une jeune anglaise harcelée sur le site Ask.fm qui avait fait réagir jusqu'à David Cameron.

Le sexe, même dans son incarnation la plus crasse, fera décidément toujours vendre.

Affreux vilain metalhead incurable, aussi rédac’ chef du webzine Hear Me Lucifer.