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Arrestations, examens anaux : la communauté LGBTQ+ égyptienne subit une vague de violences policières

Le 22 septembre dernier, lors d’un concert du groupe libanais Mashrou’Leila au Caire, plusieurs personnes ont agité le drapeau arc-en-ciel dans la foule. Depuis, les autorités égyptiennes ont procédé à au moins 33 arrestations.

Les manifestations pour soutenir la communauté LGBTQ+ égyptienne ont lieu depuis longtemps dans le monde entier, comme ici à Mexico, en 2014. (© via la page Facebook de Solidarity with Egypt LGBT)

C’est une véritable "vague de répression envers la communauté LGBTQ", comme l’indique le site de la BBC. Depuis le concert au Caire du groupe Mashrou’Leila, dont le chanteur est ouvertement gay, au moins 33 personnes ont été arrêtées. Le très conservateur syndicat des musiciens a d’ailleurs annoncé que Mashrou’ Leila ne pourrait désormais plus se produire en concert en Égypte.

Le gouvernement indique que ces personnes ont été arrêtées parce qu’elles sont soupçonnées d’avoir eu des relations homosexuelles consenties : elles sont ainsi accusées de "débauche", "d’immoralité" et de "blasphème". Selon le procureur Nabil Sadek, les photos de drapeaux arc-en-ciel, à l’origine de la controverse, inciteraient à l’homosexualité.

L’association Egyptian Initiative for Personal Rights, qui se bat pour les droits humains sur le territoire égyptien, affirme que six hommes ont rejoint ce dimanche dix personnes arrêtées la semaine dernière pour une comparution au tribunal. Le verdict est attendu pour le 29 octobre.

Une femme suspectée d’avoir agité un drapeau arc-en-ciel durant le concert est également inculpée pour promotion de déviance sexuelle et débauche. Rappelons que l’homosexualité n’est pourtant pas explicitement illégale dans les textes de loi égyptiens.

"Les examens anaux forcés sont équivalents à de la torture"

Depuis le début des arrestations, on estime qu’au moins cinq personnes ont subi des examens anaux. Najia Bounaim, directrice de la branche nord-africaine d’Amnesty International, explique :

"Les examens anaux forcés sont équivalents à de la torture. Il n’y a pas de base scientifique pour des tests de ce type, et ils ne peuvent être justifiés sous aucune circonstance. L’ampleur de ces dernières arrestations met en lumière le danger de l’homophobie rampante dans le pays. Plutôt que d’arrêter des gens et de leur faire subir des examens anaux, il est urgent que les autorités mettent fin à cette répression, et qu’elles libèrent sans conditions les personnes concernées."

L’ironie de cette histoire est que l’Égypte fait partie du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et a ratifié la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, qui stipule clairement que les examens anaux sont une forme de torture.

Selon des activistes en ligne, les autorités égyptiennes n’ont pas seulement arrêté des gens à la suite du concert, mais ont aussi eu recours à des applications de rencontres gays, soit une horrible violation de la vie privée de ses citoyens.

Ce n’est pas la première vague de discrimination menée en Égypte. En 2001, 52 personnes avaient en effet été arrêtées au Queen Boat, une boîte de nuit flottante sur le Nil.

Il est terrifiant de constater que les membres de la communauté LGBTQ+ sont recherchés, humiliés, violentés et brutalisés parce qu’ils refusent de cacher leur identité. Ces actes de violence doivent cesser. Un gouvernement ne doit pas traquer ses citoyens sur la base de leur orientation sexuelle.

En tant qu’êtres humains, il est de notre responsabilité à tous de s’assurer que les membres de la communauté LGBTQ+ soient en sécurité et aient le droit de s’exprimer librement.

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet

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