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Chasse à la baleine : Sea Shepherd publie des images censurées pendant 10 ans

Il aura fallu environ dix ans pour que l’ONG de protection des océans Sea Shepherd puisse publier cette vidéo dénonçant le massacre des cétacés par les baleiniers japonais, dans l’océan Austral.

Les images ci-dessus ont été tournées il y a presque dix ans, en 2008, par une équipe des douanes australiennes. On y voit des navires japonais pratiquer illégalement la chasse à la baleine dans l’océan Austral. Des images violentes sur lesquelles des cétacés harponnés agonisent, traînés le long des bateaux tout en se vidant de leur sang.

Cette vidéo, censurée par le gouvernement australien, a finalement été publiée mardi 28 novembre sur YouTube par l’ONG, après de nombreuses années de bataille judiciaire.

Les relations diplomatiques passent avant la protection des baleines

Sea Shepherd avait réclamé en 2012 au ministère australien de la Protection des frontières la publication des images, au nom de la liberté de l’information. Mais le gouvernement lui a opposé une fin de non-recevoir à plusieurs reprises, "par crainte de compromettre ses relations diplomatiques et commerciales avec le Japon", explique l’ONG sur sa page Facebook.

Après un appel auprès du Commissaire australien à l’information, qui a autorité pour évaluer les décisions gouvernementales sur la liberté de l’information, le ministère a reçu – cinq ans après la demande initiale – l’ordre d’obtempérer.

Ainsi, Sea Shepherd dénonce tant les pratiques du Japon que l’hypocrisie du gouvernement australien "qui tient de grands discours sur la protection des baleines mais qui dans les faits est bien plus intéressé par sa relation avec le Japon".

Les pratiques illégales et impunies du Japon

Sea Shepherd rappelle l’illégalité totale de la chasse à la baleine. Le Japon a d’ailleurs été condamné pour cette pratique à payer une amende d’un million de dollars australiens (600 000 euros) pour outrage à la Cour fédérale australienne. Une amende dont le pays ne s’est jamais acquitté.

Ce qui l’a conduit à se faire condamner par la Cour internationale de justice de La Haye, ainsi que par la Commission baleinière internationale (CBI). "Malgré tout cela, le Japon continue de violer le sanctuaire baleinier antarctique en toute impunité et le gouvernement australien refuse toute action visant à stopper leurs activités criminelles", s’insurge l’ONG.

Pour contourner l’interdiction de la chasse commerciale à la baleine, en place depuis 1986, le pays du Soleil Levant a trouvé une faille juridique : celle de la chasse scientifique. Grâce à cette excuse – que les associations de protection des cétacés qualifient de chasse commerciale déguisée –, le pays bénéficie d’un quota global de 3 996 baleines sur douze ans attribué par la CBI. Cela lui permet de perpétrer le massacre des baleines en toute impunité.