La Colombie-Britannique met définitivement fin à la chasse au grizzli

La pression de l’opinion a eu raison du dernier obstacle qui empêchait une interdiction totale de la chasse au grizzli dans cette province canadienne.

Deux grizzlis jouent dans le sanctuaire de grizzlis de Khutzeymateen, en Colombie-Britannique. (© Education Images/UIG via Getty Images)

En août dernier, le gouvernement de l’État canadien de la Colombie-Britannique annonçait vouloir mettre fin à la chasse au grizzli. Le texte de loi alors rédigé, qui est entré en application début décembre, comportait cependant une clause permettant de tuer l’animal pour sa viande.

Un mouvement s’était alors formé pour dénoncer ce vide juridique contribuant à perpétuer le massacre des ours bruns. Parmi les porte-parole de cette initiative se trouvait Miley Cyrus, dont la participation au débat a contribué à lui donner une plus forte couverture médiatique. La chanteuse pop américaine est mobilisée depuis plusieurs années pour la protection de la faune canadienne et elle s’était d’ailleurs rendue sur place en 2015.

Traduction : "Miley Cyrus se joint à l’appel pour mettre fin à la dérogation concernant la chasse au grizzli en Colombie-Britannique."

Sous la pression de l’opinion publique qui s’est prononcée à 78 % contre ce "vide juridique", un nouveau texte interdisant purement et simplement de tuer un grizzli a donc été présenté. Lundi 18 décembre, Doug Donaldson, le ministre des Forêts a confirmé que la chasse au grizzli, qui ouvre traditionnellement en avril, serait prohibée dès 2018, expliquant une fois encore que cette décision se base sur des consultations populaires :

"Nous avons écouté ce que les résidents de Colombie-Britannique avaient à dire sur le sujet, et il est très clair que la chasse au grizzli n’est pas en adéquation avec leurs valeurs."

© Adam Willoughby-Knox/Unsplash

Coastal First Nations, une alliance unique de neuf communautés amérindiennes, a salué cette décision, qu’elle a qualifiée d’étape importante vers la réconciliation.

"Nos cultures et nos économies dépendent directement de la santé de l’écosystème de nos territoires", a déclaré Jessie Housty, membre du groupe de travail sur les ours de la région, baptisé Central Coast Bear Working Group. Ajoutant : "Les ours sont une partie intégrante de ces écosystèmes."

Rebecca Aldworth, présidente de l’ONG Humane Society International, s’est elle aussi félicitée de la fin de cette dérogation sur CTV News :

"La chasse au grizzli n’a pas sa place au XXIe siècle et l’annonce faite aujourd’hui représente une avancée cruciale pour la protection de ces animaux majestueux contre une cruauté insensée."

On estime que 15 000 spécimens de grizzlis vivent en Colombie-Britannique. Leur rôle dans l’écosystème des forêts canadiennes est primordial car ils transportent dans leurs excréments des graines et des nutriments issus des saumons dont ils se nourrissent, précise le gouvernement local.

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet

Writer and photographer from South London, UK. If you want to get in touch please email me at: matthew.kirby@konbini.com