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Avec 28 millions de visiteurs par an, Venise meurt sous le poids du tourisme de masse

Avec 28 millions de touristes annuels pour désormais 55 000 habitants intra-muros, la ville la plus romantique du monde se trouve en péril.

(©Flickr/Serge Costa)

(© Serge Costa/Flickr/CC)

Qui n’a pas déjà visité ou eu envie de visiter Venise et la place Saint-Marc, le palais des Doges, le pont des Soupirs, sa biennale, son carnaval ? Bref, un endroit unique au monde qui rassemble tous les superlatifs, au point d’être victime de son succès. On sait déjà depuis de nombreuses années que les bateaux de croisière envahissent sa baie et font dangereusement monter le niveau de l’eau. Mais le problème du tourisme de masse, loin d’être résolu, fait désormais fuir ses habitants et met gravement en danger l’authenticité de la ville, sa culture et son patrimoine.

Une ville musée et des habitants fatigués

Les Vénitiens sont en colère et se sentent dépossédés de leur ville. Imaginez-vous que chaque jour, des dizaines de milliers de touristes (et leurs perches à selfies) débarquent sous votre porche avec leurs sacs à dos et leurs valises à roulettes. Bon pour le business peut-être, jusqu’à un certain point. La situation est devenue tellement insupportable que les commerces de proximité ferment peu à peu et les habitants déménagent vers des terres plus paisibles au rythme de 1 000 par an rapporte Le Monde.

Le mécontentement est tel que des manifestations se sont tenues tout au long de l’automne à l’appel de plusieurs collectifs. Une situation tellement préoccupante que l’été dernier, l’Unesco avait même dû menacer d’inscrire la ville sur la triste liste des sites du Patrimoine mondial en péril, comme Alep ou Palmyre, en Syrie…

Préservation contre gros sous

Le problème ? L’argent, comme bien souvent … Les autorités traînent à faire interdire les bateaux de croisière qui polluent la lagune, tant visuellement qu’au niveau de son écosystème. En jeu : 1,5 million de passagers et la supposée perte de 5 000 emplois. Un épouvantail agité par les défenseurs des bateaux de croisière, mais qui laisse sceptique Giovanni Andrea Martini, président de la municipalité de Venise : "Je ne suis pas certain qu’on ait vraiment besoin de ce tourisme-là" confie-t-il au Monde.

De nouveaux tracés et lieux de débarquement pour ces gros bateaux sont à l’étude, mais ils restent encore flous et la polémique est loin d’être entérinée. En effet, l’Italie qui vient de présenter son plan pour sauver Venise, ne mentionne pour l’instant aucune solution concrète à ce sujet. En pendant ce temps, les habitants désertent et Venise continue de sombrer.

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