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Au Brésil, l’avortement menacé d’interdiction totale

Le 8 novembre pourrait être une date marquante dans l’histoire récente du Brésil.

Une commission parlementaire réunie le 8 novembre s’est en effet prononcée pour une interdiction totale de l’avortement. Actuellement, il est illégal d’avorter au Brésil, sauf en cas de viol, de danger pour la vie de la mère, ou d’anencéphalie. Les femmes qui avortent hors de ce cadre risquent jusqu’à trois ans de prison.

Une Brésilienne manifestant pour la légalisation de l’IVG en décembre 2016, à São Paulo. (© Cris Faga/LatinContent via Getty Images)

Soutenue par les chrétiens évangélistes, cette décision a été prise à 18 voix contre 1. Reuters nous indique que le vote contre provient de la seule femme présente au cours de cette réunion, Erika Kokay, appartenant au parti des travailleurs. Ce nouvel amendement interdirait strictement l’avortement, quelles que soient les circonstances. Avant d’entrer en vigueur, celui-ci devra néanmoins être voté par les deux tiers des parlementaires.

D’après Human Rights Watch, "entre un et quatre millions d’avortements sont pratiqués chaque année au Brésil". Au moins 250 000 femmes doivent être hospitalisées pour des problèmes de santé liés à des avortements mal réalisés, lesquels représentent la quatrième cause de mortalité maternelle au Brésil. Ces chiffres donnent encore plus froid dans le dos lorsque l’on songe à tous les cas non documentés et non reportés.

"Une action satanique, diabolique et destructrice"

Depuis des années maintenant, des citoyens, des médecins et des juristes brésiliens se battent pour réviser le code pénal qui date du XIXe siècle. Mais dans le pays avec le plus grand nombre de catholiques au monde, ce n’est pas une mince affaire. Au cours de cette session parlementaire, un député a d’ailleurs affirmé que l’avortement était "une action satanique, diabolique et destructrice".

Le cas du Brésil rappelle celui du Chili, où l’avortement a été totalement interdit pendant longtemps. La loi a été révisée cette année, à la faveur d’un changement de gouvernement.

En 2015, afin de montrer l’absurdité de cette politique qui met en danger les femmes, l’ONG chilienne Miles Chile avait sorti un tuto pour avorter : elle "conseillait" aux femmes de se jeter sous les roues d'une voiture ou dans des escaliers pour mettre fin à leur grossesse non désirée. Cette vidéo choc est évidemment cynique, mais reflète avec exactitude la dure réalité à laquelle sont confrontées les femmes auxquelles on refuse ce droit.

Ce lundi 13 novembre, des milliers de Brésiliennes sont descendues dans les rues d’une trentaine de villes pour s’opposer à ce projet de loi.