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L'enquête sur Adama Traoré passe de Pontoise à Paris

Des zones d'ombre obscurcissent l'enquête sur la mort toujours non élucidée d'Adama Traoré. Le dossier de l'enquête a été dépaysé de Pontoise à Paris.

Un panneau brandi lors d'une marche blanche, à Beaumont-sur-Oise, en l'honneur d'Adama Traoré. (Capture d'écran AFP)

Un panneau brandi lors d'une marche blanche, à Beaumont-sur-Oise, en l'honneur d'Adama Traoré. (Capture d'écran AFP)

Alors que l'instruction sur la mort non élucidée d'Adama Traoré était jusqu'à aujourd'hui en cours à Pontoise, elle vient d'être dépaysée à Paris. Une source judiciaire l'a indiqué à l'AFP mercredi 26 octobre.

L'enquête sur le décès du jeune homme de 24 ans alors qu'il était entre les mains des gendarmes de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) vise des faits de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

C'est la famille du défunt qui a demandé, et obtenu, le dépaysement de l’affaire : elle reprochait à Yves Jannier, procureur de la République de Pontoise, d'avoir occulté les circonstances du décès d'Adama Traoré. Alors que d'après le magistrat, les légistes de l’institut médico-légal de Garches (Hauts-de-Seine) ont dans un premier temps mis au jour une "infection très grave, touchant plusieurs organes" à l'issue de la première autopsie, fin juillet, celle-ci n’était plus mentionnée dans le rapport suivant.

Plusieurs rapports contradictoires

Car par la suite, c'est à un "syndrome asphyxique" que les médecins ont imputé le décès du jeune homme. D'après des informations recueillies par L'Obs, Adama Traoré aurait eu à subir le poids de trois gendarmes lors de son interpellation, conduisant à son asphyxie. Il a lui-même signifié aux agents qu'il avait du mal à respirer, d'après l'un des gendarmes auditionnés, une version confirmée par ses collègues.

Lors de leur déclaration, les gendarmes ont également indiqué avoir installé la victime inconsciente en position latérale de sécurité (PLS). Ce qui a été contredit par un sapeur-pompier intervenu sur les lieux, qui affirme que lors de son arrivée Adama Traoré se trouvait "face contre terre, sur le ventre, mains dans le dos menottées".

Avec le dépaysement de l'affaire, la famille du défunt montre ici sa détermination à connaître la vérité sur les circonstances de sa mort. D'après l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou, cette enquête présente "un dysfonctionnement" qui vient du procureur de la République, Yves Jannier. Ce dernier a d'ailleurs quitté son poste à Pontoise en septembre, comme l'indique Le Monde.

En août, la famille a envisagé de porter plainte pour "dissimulation de preuves". Elle attaque finalement pour "faux en écriture publique aggravés, dénonciation calomnieuse, modification de scènes de crime".

À lire -> Colère, tristesse et stupeur à Beaumont-sur-Oise après le décès d’Adama Traoré

Auprès de l'AFP, l'avocat a aujourd'hui eu ces mots pour réagir au dépaysement de l'affaire :

"Le nouveau magistrat instructeur devra tout reprendre depuis le début tant l’instruction menée jusqu’à maintenant a été catastrophique."

Affreux vilain metalhead incurable, aussi rédac' chef du webzine Hear Me Lucifer.