2017 n’est "que" la seconde (ou troisième) année la plus chaude jamais enregistrée

Après avoir enregistré trois années "record" consécutives, la Nasa a révélé le 18 janvier que 2017 était la troisième année la plus chaude jamais mesurée.

(© NOAA)

Si 2017 a été sans nul doute l’une des années les plus spectaculaires jamais observée en termes de catastrophes naturelles avec ses cohortes de séismes, d’ouragans et de tempêtes polaires à humilier Michael Bay, il y a quand même un petit quelque chose de positif à retirer de l’année passée sur le plan climatique : selon les chiffres publiés le 18 janvier par la Nasa, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine et le Met Office britannique, 2017 est la deuxième ou troisième année la plus chaude jamais mesurée par nos instruments statistiques, selon la base de données utilisée – la Nasa la place tout juste en seconde position, les deux autres agences en troisième place, juste derrière 2015.

Au premier abord, dit comme ça, ça peut sembler dramatique – et ne nous mentons pas, ça en dit long sur l’impact de l’anthropocène sur la planète Terre –, mais relativement aux années précédentes, ce n’est presque pas si mal : avant 2017, les mesures de la Nasa avaient enregistré trois années "record" consécutives. Aujourd’hui, le podium des années les plus chaudes de l’histoire récente comprend donc 2016, 2015 et 2017. L’année passée, les températures ont été en moyenne entre 0,9 °C et 1,12 °C supérieures à la moyenne observées au XXe siècle, selon les données des trois agences. Oui, c’est beaucoup.

Pas de coup de main d’El Nino

Et si la Terre a été un petit peu plus tiède en 2017, cela ne signifie absolument pas qu’elle cesse de se réchauffer – n’en déplaise à l’administration Trump et son chef de file, qui regrettait publiquement l’absence du "bon vieux réchauffement climatique" le 29 décembre 2017 alors qu’une vague de froid hors du commun frappait la côte est américaine. De fait, comme le précise le Washington Post, l’année dernière a bien été l’année la plus chaude jamais enregistrée… à ne pas avoir été influencée par El Nino, l’interaction océano-atmosphérique qui relâche une partie de la chaleur contenue dans les couches supérieures de l’océan et influence les températures enregistrées à l’air libre.

Si 2016 a raflé le titre d’année la plus chaude de l’Histoire, c’est entre autres grâce à un phénomène El Nino de deux ans (2014 à 2016) d’une ampleur presque comparable à celui de 1997-1998, soit le plus intense jamais enregistré - raison pour laquelle 1998 est longtemps restée au sommet du classement des températures moyennes. En d’autres termes, si cette variable naturelle était enlevée de l’équation et que les températures étaient mesurées de manière "neutre", 2017 raflerait la mise et nous aurions quatre années de record consécutives.

Heureusement, Mère Nature a décidé de nous offrir un petit répit, et nous pouvons donc nous congratuler tranquillement, sortir des Accords de Paris, relancer joyeusement les centrales à charbon et laisser les lumières allumées en sortant de chez nous. Un petit détail, cependant : selon les analyses de la NOAA, la quantité de chaleur stockée dans les couches supérieures de l’océan, de la surface à 700 mètres de profondeur, n’a jamais été aussi importante. Le prochain El Nino risque de rester dans les mémoires - et d’aller chercher de nouveaux records.

Alors que les Accords de Paris prévoient de limiter l’augmentation des températures moyennes "bien en-deçà de 2 degrés Celsius" par rapport à l’ère préindustrielle et que les 190 pays signataires se sont engagés à "poursuivre les efforts pour limiter la hausse à + 1,5 °C ", les émissions de dioxide de carbone ont repris leur joyeuse progression en 2017 (+2 %), après une inexplicable pause de quelques années, nous éloignant toujours plus des objectifs fixés par la COP21. Rassurez-vous : en 2018, prédit la NOAA, la Nina (l’inverse d’El Nino, qui refroidit les températures atmosphériques) devrait maintenir les températures au même niveau que l’année passée. Les choses sérieuses ne commenceront que dans un an.

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