2014, année du désamour des réseaux sociaux ?

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L’Ifop publie son observatoire annuel des réseaux sociaux. Constat pour 2013 : une lassitude des usagers. Se confirmera-t-elle en 2014 ?

(Crédit : Ifop)

La tendance s’inverserait-elle enfin ? Après des années à avoir bouleversé nos comportements, un rapport de l’Institut français d’opinions publiques (Ifop) témoigne d’un léger désamour des internautes de l’Hexagone pour les réseaux sociaux. Détail.

Selon l’Ifop, les trois réseaux sociaux les plus célèbres demeurent les mêmes : Facebook est connu par 97% des Français, YouTube par 95% d’entre eux et Twitter complète le podium avec 94%. Si leur notoriété est globalement croissante, c’est ce dernier qui effectue la plus grande progression avec +5 points par rapport à l’année dernière, où il était inconnu d’un Français sur 10.

En quatrième position, Skype avec 89%. Derrière, on retrouve Google+ (87%) qui progresse de +8 points en une année. Parmi les réseaux notables, on retrouve des scores moindres pour Instagram (51%) qui effectue pourtant une progression particulièrement forte avec +32 points par rapport à 2012. LinkedIn et Viadeo sont connus de moins de la moitié des internautes avec respectivement 47% et 36% de notoriété. Tumblr, à seulement 23%, double sa reconnaissance avec +12 points. Et Pinterest n’est connu que de 15% des Français mais effectue une progression de +8 points face à 2012.

Inscription

Connaître n’est pas tout : participer, c’est plus important. Aussi, en moyenne, 86% des internautes français seraient membres d’au moins un réseau social et seraient inscrits à 4,5 d’entre eux en tout. La progression est significative : c’est pile un réseau de plus qu’en 2012.

Au top : toujours Facebook. Comme le reconnaît l’Ifop, “la progression de Facebook ne faiblit pas (…) Il est toujours le seul réseau social sur lequel une majorité d’internautes est inscrit”. Avec 63% des Français possédant une connexion Internet chez eux, le réseau de Mark Zuckerberg prend +9 points par rapport à l’année dernière.

C’est Skype qui arrive à la deuxième place, notamment grâce à sa reprise du défunt Windows Live Messenger. Le site totalise 47% d’internautes français inscrits, devançant le troisième du podium, Copains d’avant, qui effectue une progression de +3 points et arrive à 36% d’internautes inscrits.

Google+ échoue à grimper sur le podium avec 32% d’inscrits et inscrit la quatrième place. Il est directement suivi par Deezer (28%), Youtube (27%) et Twitter, ce dernier bien plus loin derrière avec ses 17% d’internautes français inscrits selon l’Institut de sondages.

Fréquence de connexion

Un réseau social qui fonctionne, c’est un réseau social animé. Aussi, l’inscription n’est intéressante que si elle se concrétise en terme de fréquence de connexion. Pas de surprise : c’est toujours Facebook qui règne en maître. De quoi lui assurer un équilibre impressionnant face à ses concurrents avec son ratio de nombre d’inscrits/fréquence de connexion : 46% de ses inscrits déclare se connecter au moins une fois par jour et seuls 2% d’entre eux disent ne jamais y aller.

Finalement, Instagram est le deuxième réseau où l’on se connecte de la manière la plus récurrente, mais il est déjà loin derrière avec ses 22% de membres qui s’y connecteraient une fois par jour. Suit Google+ avec 20% d’internautes sur la même tranche.

L’Ifop note que Instagram, Twitter, Tumblr, Pinterest, Spotify et Dailymotion, s’ils ne font pas partie du trio de tête Facebook/Youtube/Google+, seront peut-être “les réseaux de demain” ou bien “les réseaux de niche”. A contrario, Picasa, Trombi et Copains d’avant sont “les réseaux en déclin”, surtout à cause de leur faible fréquence de connexion… et, du même coup, de leur communauté beaucoup moins active.

2013 : quand la lassitude pointe

Paradoxalement, même si le nombre d’inscrits aux réseaux sociaux n’a jamais été aussi important, l’institut note une lassitude de la part des internautes quant à leur usage. Aussi, 44% des personnes interrogées considèrent passer moins de temps qu’avant à discuter sur les espaces publics. D’autres chiffres le montrent : ils sont 44% d’entre eux à partager moins d’informations sur leur vie personnelle (photos, vidéos, humeurs, commentaires, statut, etc.) contre 10% seulement du panel confiant en partager plus.

Et lorsqu’on demande aux internautes la raison de leur désamour des réseaux, ils sont 60% à être motivés par la crainte de l’exploitation des données personnelles. Comme quoi les récents scandales de données volées par des malfaiteurs non-identifiés ou bien par les gouvernements eux-mêmes ont marqué l’opinion. D’ailleurs, parmi les 14% de personnes de l’échantillon n’étant inscrites à aucun réseau social, près des deux tiers d’entre elles répondent que leur absence sur ces plateformes est motivée par leur souhait de préserver leur vie privée.

Mais ils sont aussi 44% d’entre eux à estimer que “les réseaux sociaux sont devenus des espaces où il y a trop de publicité” ; et 41% à simplement ne plus avoir de temps à y consacrer. Un lien, sans doute avec le quatrième choix, qui récolte tout de même 33% de l’opinion : “davantage besoin d’être en contact direct avec les autres”. Et on pourrait gloser sans fin de cet éternel reproche adressé aux réseaux sociaux.

2014, une tendance inversée ?

La tendance se confirme lorsque l’Ifop demande à son panel s’il compte se désinscrire des réseaux sociaux. Car la réponse est oui pour nombre d’entre eux, même s’ils ne représentent pas encore la majorité : 38% des interrogés envisagent de déserter certains d’entre eux et, plus grave, 6% comptent tous les abandonner.

Aussi, parmi les personnes qui n’en pratiquent aucun, ils ne sont que 5% à envisager de s’inscrire prochainement sur l’une de ces plateformes. Soit une très courte possibilité de progression supplémentaire : 95% des personnes non-séduites par les réseaux n’envisagent pas de se laisser avoir. Il est donc tout à fait possible que le nombre d’inscrits sur les réseaux sociaux n’augmente plus, du moins plus jamais de manière aussi significative que la période faste 2008-2013.

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Affreux vilain metalhead incurable, aussi rédac' chef du webzine Hear Me Lucifer.

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