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Depuis le 1er novembre, la Chine a cessé d’être la poubelle de l’Europe, et c’est tant mieux

Le 18 juillet dernier, la Chine avait annoncé à l’Organisation mondiale du commerce qu’elle cesserait d’importer certains déchets sur son sol à partir du 1er novembre. Or l’Europe y exporte la moitié de ses détritus.

Taicang, en Chine. (© VCG/VCG via Getty Images)

Croulant déjà sous sa propre pollution, la Chine a décidé de cesser d’être, de surcroît, la poubelle du reste du monde et de travailler à son propre recyclage. Ce 1er novembre, Pékin met donc à exécution une annonce faite l’été dernier et ferme les vannes à l’importation des déchets internationaux. Une mesure destinée à "protéger les intérêts environnementaux de la Chine et la santé des personnes" selon le ministère de l’Environnement chinois.

Une décision qui place les pays exportateurs face à leur responsabilité : que faire de la quantité de détritus, en particulier les matières plastique polluantes, qu’ils prenaient jusqu’alors soin de refourguer aux autres ? Avec un problème majeur : l’Europe n’a pas les infrastructures nécessaires pour absorber les millions de tonnes d’ordures que la Chine n’accepte plus.

La Chine importe 50 millions de tonnes de déchets par an

Afin de lutter contre la pollution et privilégier sa propre filière de recyclage, la Chine a banni l’importation de 24 types de déchets polluants sur son sol : huit familles de plastiques les plus polluants, les papiers non triés, certains textiles comme la laine et le coton, ou encore les déchets métalliques issus de la fabrication du fer et de l’acier, comme nous l’apprend le site de BFM Business.

Elle importait jusqu’alors en moyenne 50 millions de tonnes de déchets solides annuels, dont 9 millions uniquement de plastiques, principalement depuis l’Europe et les États-Unis. Des déchets qui, dans deux tiers des cas, finissent dans des usines de recyclage contrevenant au respect des normes environnementales. Le pays souhaite également s’attaquer au commerce illégal de déchets, qui représenterait 20 % de ses importations totales.

Par conséquent, l’Europe pourrait très bientôt crouler sous ses propres ordures.

En finir avec l’hypocrisie

Il est facile d’être un pays "propre" lorsqu’on laisse le soin aux autres de se débarrasser de nos déchets les plus polluants… Les "autres" étant des pays souvent émergents, dont les normes (quand il y en a) sont bien moins strictes que les nôtres (nous qui sommes si propres). Un raisonnement que Pékin vient d’envoyer valser.

Ce qui nous place face à une certaine ironie : à force d’ignorer les problématiques du recyclage en refilant la patate chaude aux pays en développement (notamment en Asie et en Afrique), l’Europe en général et la France en particulier commencent à se retrouver le nez dans leur propre merde, au sens propre comme au figuré.

Depuis cette décision, les acteurs du marché du recyclage français sont inquiets car l’augmentation des stocks entraîne la chute des prix des déchets et diminue donc les marges des recycleurs. La filière de recyclage n’est en effet pas qu’une question de pollution, c’est aussi une affaire de business.

Néanmoins, cette décision de la Chine pourrait représenter une opportunité pour les pays européens : celle de développer enfin de véritables filières de recyclage nationales. Et, mieux encore, de repenser notre production de déchets et notre consommation en général − mais à ce stade, c’est encore une utopie.

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