En 2017, les blockbusters ont à nouveau dominé le box-office

À nouveau scène du sacre des studios Disney et des superproductions, le box-office de 2017 est le reflet du cinéma rentable : celui qui nous réconforte sans nous surprendre.

Dans le monde, l’ère du blockbuster hollywoodien

Selon les informations disponibles sur le site de référence Box Office Mojo, il semblerait que les plus grands succès de 2017 au box-office mondial répondent unanimement aux codes du blockbuster hollywoodien. En tête, le féerique remake Disney, La Belle et la Bête - qui a visiblement fait tourner les têtes plus encore que la robe d’Emma Watson - affiche un score impressionnant d’1,2 milliard de dollars (environ un milliard d’euros), suivi de près par le testostéroné Fast and Furious 8 et le troisième volet de la saga familiale Moi, Moche et Méchant.

Sans surprise, le dernier volet de Star Wars se rapproche toujours plus du sommet, qu’il atteindra probablement sans difficulté au début de l’année. Les Derniers Jedi n’aura malheureusement pas offert l’or assez tôt à la franchise pour la voir sacrée reine une troisième année consécutive (mais l’aura littéralement couverte d’or, à défaut).

Les super-héros font quant à eux leur entrée au milieu du classement avec Spider-Man: Homecoming, et conquièrent sans encombre la deuxième moitié du top 10.

  1. La Belle et la Bête (1 263 521 126 dollars)
  2. Fast and Furious 8 (1 235 761 498 dollars)
  3. Moi, Moche et Méchant 3 (1 033 440 082 dollars)
  4. Star Wars: Les Derniers Jedi (892 107 899 dollars, en cours)
  5. Spider-Man: Homecoming (880 166 924 dollars)
  6. Wolf Warrior 2 (870 325 439 dollars)
  7. Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 (863 732 512 dollars)
  8. Thor: Ragnarok (846 717 705 dollars)
  9. Wonder Woman (821 847 012 dollars)
  10. Pirates des Caraïbes: La Vengeance de Salazar (794 861 794 dollars)

Pour la représentation de la création française, on repassera. Mis à part le dernier projet onéreux de Luc Besson, Valérian et la cité des mille planètes, qui s’offre une 38e place honorable, le cinéma français semble avoir du mal à pérenniser son héritage sur la scène internationale, où il doit se contenter de scores moyennement satisfaisants : Grave (164e), Frantz (189e), Moi, Daniel Blake (207e), Cézanne et moi (209e), 120 BPM (236e), Max et Léon (283e).

En France, le triomphe du cinéma familial

Moi, Moche et Méchant 3. (© Universal Pictures International France)

En parlant de la France, son box-office aura lui aussi offert une place de choix aux productions importantes cette année. Mais visiblement pour une bonne cause : celle du divertissement familial. Parmi le top 10, on retrouve en effet trois films d’animation (Moi, Moche et Méchant 3, Baby Boss, Tous en scène), des comédies françaises tenaces (Raid Dingue, Alibi.com) et trois superproductions signées Disney, preuve que l’animation et la comédie règnent en maître dans nos salles.

Si les super-héros ne sont visiblement pas ceux des écrans français et se contentent de scores moindres – Thor: Ragnarok (20) ; Spider-Man: Homecoming (21) ; Logan (22) ; Wonder Woman (24) ; Justice League (32) –, la folie Star Wars semble résonner pareil dans toutes les langues. Après seulement deux semaines d’exploitation en France, Les Derniers Jedi passe le cap des 4 millions d’entrées, lui promettant sous peu la tête d’un classement déjà dominé par la franchise en 2016 et 2015.

  1. Moi, Moche et Méchant 3 (41 410 060 dollars)
  2. Valérian et la cité des mille planètes (36 781 160 dollars)
  3. Raid dingue (36 360 000 dollars)
  4. Star Wars, épisode VIII: Les Derniers Jedi (en cours)
  5. Baby Boss (29 907 042 dollars)
  6. Fast and Furious 8 (29 892 297 dollars)
  7. Pirates des Caraïbes: La Vengeance de Salazar (28 763 203 dollars)
  8. Alibi.com (28 224 034 dollars)
  9. La Belle et la Bête (23 910 493 dollars)
  10. Tous en scène (22 889 974 dollars)

Partout, la sécurité au détriment de l’audace

Si tous les éléments nécessaires au succès répondent présents en haut des classements nationaux ou internationaux (des budgets colossaux, des noms familiers, beaucoup d’action et un peu de magie), l’un manque cruellement : la nouveauté. On dépoussière (La Belle et la Bête, Ça), on rajeunit (Spider-Man: Homecoming), on poursuit (Fast and Furious, Moi, Moche et Méchant, Wolf Warrior, Star Wars, Les Gardiens de la Galaxie, Pirates des Caraïbes…) et en définitive… on s’ennuie.

Depuis sa zone de confort, le spectateur semble avoir formulé un pacte tacite avec les studios, bien décidés à l’honorer : mettre le prix dans un billet à condition d’être assuré qu’il soit rentabilisé. Inconsciemment, nous adoptons une attitude mécanique vis-à-vis du cinéma devenu une machine à divertissement, confortés par l’idée que le retour sur l’investissement (temporel comme financier) est garanti. Tout comme on s’est habitués à voir les mêmes athlètes sabrer le champagne en haut du podium, on a perdu la sensation d’être surpris par le septième art. On s’en satisfait et la preuve, on en redemande.

En bref : on évite toute prise de risque, et c’est bien dommage.

En espérant que 2018 soit plus riche en surprises, et en diversité.

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