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Shamsia Hassani, une femme street-artist en Afghanistan

Shamsia Hassani, une des rares femmes street-artist en Afghanistan, utilise son art pour dénoncer les conditions des femmes dans son pays.

Shamia Hassani devant une de ses fresques

Shamsia Hassani devant une de ses fresques

Diplômée des Beaux-Arts à l'Université de Kaboul, Shamsia Hassani découvre le graffiti en 2009 grâce à l'artiste britannique Chu, venu faire un cours sur ce thème. Depuis, la jeune femme née en 1988 a décidé de laisser sa trace sur les murs de Kaboul, une manière pour elle de redécorer les murs qui ont connu la guerre. "Je veux colorer les mauvais souvenirs de la guerre sur les murs pour l'effacer de l'esprit des personnes", confie l'artiste à Art Radar Journal.

Je veux rendre l'Afghanistan célèbre grâce à son art et non par sa guerre.

C'est ce qui lui a d'ailleurs permis d'être sélectionnée au Artraker Awards en septembre dernier, rapporte le Huffington Post, un concours "créé pour aider et inspirer les personnes et les organisations qui comprennent, s'engagent et répondent aux conflits à travers l'art visuels".

Du street-art pour dénoncer la situation des femmes en Afghanistan

L'utilisation de couleurs vives pour réaliser ses fresques est une phase importante dans son art. Elle a d'ailleurs choisi le bleu comme dominante dans son travail car "c'est la couleur de la liberté", explique-t-elle. On retrouve ainsi de nombreuses oeuvres dépeignant des femmes en burqa bleue, une manière pour elle de dénoncer la situation des femmes dans son pays.

Alors que la burqa est souvent considérée en Occident comme une manifestation de l'oppression des femmes, le véritable problème en Afghanistan ne se situe pas à ce niveau-là, selon l'artiste. "C'est juste un symbole", rapporte-t-elle à The Independent. Pour Shamsia Hassani, qui porte seulement le voile, les véritables problèmes auxquels sont confrontées les femmes sont les inégalités et l'accessibilité à l'éducation.

Je veux montrer que les femmes sont de retour dans la société afghane de manière plus forte. Une femme nouvelle, une femme pleine d'énergie, qui veut repartir à zéro. Vous pouvez voir cela dans mes oeuvres. Je les peins plus grandes que nature. Je veux que les personnes les regardent différemment.

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C'est pourquoi elle a choisi le street-art pour s'exprimer. En effet, selon elle, c'est une manière de rendre l'art accessible à tous.

"Si tu fais une exposition, tu ne peux pas inviter tout le monde. Mais si tu fais une oeuvre d'art à l'extérieur, tout le monde peut en profiter", explique-t-elle à Art Radar, d'autant plus dans un pays où le street-art n'est pas illégal. Pourtant, c'est surtout sa condition de femme qui l'empêche d'exercer son art comme elle le souhaite. En effet, avec des personnes considérant le street-art comme quelque chose de "contraire à l'Islam", elle a déjà souffert de harcèlements de rue, comme elle le raconte à The Independent :

Parfois des personnes m'entourent, me demandent d'arrêter ou me balancent des insultes. La plupart ne sont pas d'accord avec cette forme d'art. L'art moderne est un concept nouveau ici et les Afghans sont contre. Ils disent que c'est quelque chose que font les occidentaux. Pour moi, si l'artiste est afghan, alors le concept est afghan.

Je n'ai pas toujours l'opportunité de faire du graffti. Parfois c'est seulement tous les deux ou trois mois. Il peut y avoir des problèmes de sécurité ou je ne peux pas aller dans certaines zones à cause des personnes qui y sont.

Une oeuvre de la série "Dreaming graffiti"

Une oeuvre de la série "Dreaming graffiti"

Alors quand elle ne peut pas peindre dans la rue, Shamsia Hassani se réfugie dans son studio et imagine ce qu'elle aurait pu faire dehors. En reprenant des images de bâtiments, et en utilisant quelques coups de pinceaux, elle s'amuse à créer des fresques fictives, tout droit sorties de son imaginaire dans une série qui porte bien son nom : "Dreaming graffiti".

D'ailleurs, un de ses rêves serait de collaborer avec Banksy, alors en attendant, elle se plait à imaginer ce que pourrait donner leur travail côte à côte.

Une de ses oeuvres avec celle de Banksy.

Une de ses oeuvres avec celle de Banksy.

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