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En images : le casino abandonné de Constanta, à la croisée entre l'Orient et l'Occident

Le photographe aventurier Romain Veillon nous régale avec les images du casino de Constanta, construit en 1910 sur les bords de la Mer Noire. Art déco et fantômes d'aristocrates roumains : voilà ce qu'on trouve dans ce temple au jeu abandonné depuis 25 ans.

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

Cela fait désormais deux ans que l'insatiable Romain Veillon nous transmet la primeur de ses reportages photographiques. Passionné d'exploration urbaine, il s'est rendu dans des lieux historiques ou simplement insolites pour en rapporter les traces glanées grâce à son boîtier photo. Et c'est toujours très réussi. Aujourd'hui, le jeune aventurier a traversé l'Europe pour se rendre à Constanta, cité balnéaire de Roumanie, où l'attendait un édifice abandonné pas comme les autres.

Romain Veillon a pénétré le casino de Constanta, palais plus que centenaire mais laissé à l'abandon depuis 1990. On lui a posé quelques questions sur ce parcours photo pas comme les autres.

Konbini | Comment t’es tu retrouvé à Constanta, en Roumanie ? Peux-tu nous décrire l'ambiance de cette ville portuaire ?

Romain Veillon | J'étais de passage en Hongrie et j'ai profité d'un peu de vacances pour flâner quelques jours en Roumanie. Mais Constanta était bel et bien le but de ce voyage, plusieurs amis m'avaient parlé de cette ville. En fait cette ville ne vit que deux mois de l'année : en juillet et en août. Tous les Roumains et beaucoup de gens d’Europe de l'est y vont pour profiter des plages. Le reste de l'année, la ville est terne et triste, tout le monde attendant patiemment le retour du tourisme.

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

Comment as-tu connu l’existence du casino ? Qu’est-ce que les habitants de Constanta t’ont raconté à son sujet ?

Cela faisait longtemps que je le connaissais, j'avais vu un reportage sur Constanta dans un magazine. Le casino étant l’emblème de cette ville, il était largement documenté sur place. Je savais qu'un jour, je finirai par le visiter car ce bâtiment est réellement unique. Je rêvais de pouvoir le photographier.

Comme c'est le symbole de la ville, les habitants en sont très fiers et vont souvent se promener sur la jetée qui lui fait face en fin de journée. On ressent de la nostalgie chez eux, ils aiment raconter des vieilles anecdotes sur ce qui s'y est passé il y a longtemps et sont tristes de le voir se délabrer jour après jour. Les citoyens de Constanta aimeraient que le gouvernement décide enfin d'investir pour le réhabiliter afin que les touristes puissent le visiter et venir en plus grand nombre.

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

Est-il difficile d’y pénétrer ? Ou alors tu as pu rentrer sans encombres ?

Je vais casser le mythe [Romain Veillon pénétrant parfois des lieux sans autorisation pour les immortaliser, mais jamais par effraction. Si l'entrée nécessite qu'il brise quoi que ce soit, il préfère renoncer à pénétrer un lieu, ndlr], mais c'était une exploration officielle : la mairie m'a autorisé à prendre le casino en photo avant sa restauration qui devrait avoir lieu bientôt. Ils voulaient collcter des images pour leur banque de données et souhaitaient que plus de gens s’intéressent au sort du casino. C'est aussi pourquoi je me permets de dévoiler mes photos.

Quelques tournages de cinéma y ont aussi eu lieu mais peu de traces de ce fait sont encore visibles. 

Tu nous as souvent conté l’intensité de certains lieux que tu as visité, comme Buzludzah ou Kolmanskop. Comment décrirais-tu l’ambiance du casino de Constanta ?

Différente, c'est sûr. Ici, l'atmosphère est calme et paisible, un peu à l'image de la ville. Comme si le lieu était endormi depuis de nombreuses années et attendait patiemment de se réveiller. Il est assez facile de se promener à l’intérieur et d'imaginer à quoi cela ressemblait quand l'élite roumaine remplissait le lieu et passait la nuit à jouer aux cartes. On pourrait presque entendre le brouhaha des noceurs dans la salle principale...

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(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

La vue sur la Mer Noire est aussi incroyable qu'apaisante quand on marche sur la terrasse du casino. On réalise qu'on se trouve un peu à la croisée entre l'Orient et l'Occident. Aujourd'hui, ce sont les pigeons qui y vivent tranquillement. J'espère qu'ils seront délogés très vite pour commencer les travaux de restauration.

Que reste-t-il du mobilier ? As-tu pu contempler des pièces d’artisanat typiques une fois à l'intérieur ? J’imagine que tu t'es rassasié de beautés Art nouveau, Art déco à l’intérieur ?

Quelques meubles sont encore là, mais sont stockés dans une pièce à l'abri. La plupart du mobilier a été volée au cours des vingt dernières années ou a été revendue à la fermeture. Ce sont surtout les peintures murales et les lustres que j'ai eu l'occasion de contempler dans le casino. Mais je n'ai pas été déçu, chaque pièce est une œuvre d'art à elle seule.

Des dizaines de lustres incroyables sont disséminés partout, les vitraux sont eux aussi magnifiques et les peintures représentant le monde marin sont très impressionnantes malgré le temps qui a laissé ses traces. Il faut admettre que je ne pensais pas trouver un tel chef-d’œuvre au fin fond de la Roumanie. L'escalier menant au théâtre principal est sûrement le plus beau que j'ai eu l'occasion de voir. on prend réellement conscience à quel point ce casino devait être fastueux à l'époque et représentait parfaitement le luxe de l'aristocratie locale.

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

Reste-t-il des traces de l’époque soviétique ? 

Honnêtement, non. Et pourtant j'ai bien cherché. La seule trace de l'occupation soviétique est en fait visible dans l'architecture elle-même. Comme le casino connut quelques travaux de restauration en 1985, on reconnait la patte Ceausescu dans les pièces remises en état (cuisine, caves, couloirs...). Tout son style caractéristique est là : laideur et monotonie. Heureusement qu'il n'a pas pu toucher aux parties les plus inintéressantes du casino. 

Sur ton site, tu écris qu’il a fermé en 1990, soit une coïncidence avec la mort de Ceausescu le 25 décembre 1989. On imagine donc que le restaurant en lequel le casino a été réhabilité était plutôt réservé aux élites du régime ? Et que le peuple l’a "fermé" parce que c’était le temps de la purge des dirigeants ?

Le casino a toujours été réserve à l'élite de Constanta, seuls les riches pouvaient se permettre d'y aller. Je pense surtout qu'avec la pauvreté qu'a apporté le régime en place, de moins en moins de gens avaient les moyens d'y aller et le casino était devenu trop cher à entretenir. C'est la principale raison de sa fermeture.

Ci-dessous, découvrez la suite des clichés de cet endroit grandiose. Les autres reportages de Romain Veillon se découvrent sur son site internet, qu'on vous encourage vivement à visiter. 

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

(Crédits image : Romain Veillon, DR)

 

Affreux vilain metalhead incurable, aussi rédac' chef du webzine Hear Me Lucifer.