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Des réfugiés vont participer à un ballet au Théâtre royal danois

À Copenhague, six réfugiés prendront part au ballet Uropa sur la scène du Théâtre royal. Un spectacle entre fiction et réalité où ils racontent leur passé et leur quotidien avant d'imaginer leur avenir.

UROPA from Sort/Hvid on Vimeo.

"Un réfugié est un demandeur d'asile, un réfugié est un immigré économique, un réfugié est un immigré illégal, un réfugié est... On ne peut pas vraiment l'expliquer, c'est impossible de comprendre. J'ai été interrogée par la police au sujet de ma famille, mon identité, mon éducation."

Ainsi commence la vidéo de présentation du ballet Uropa, qui sera présenté au Théâtre royal danois, à Copenhague, à partir du 29 janvier, comme le rapporte un article du quotidien danois Politiken, repéré par Courrier International. Contraction d'"Uro" – "instabilité" en danois – et "Europa", ce ballet, imaginé par la troupe de danse Corpus, laisse la parole aux réfugiés du Danemark. Le metteur en scène Christian Lollike explique :

"Nous parlons beaucoup des réfugiés. Si l’on est de gauche, on les voit souvent comme des victimes. Si l’on est de droite, on les voit comme des personnes qui viennent prendre nos biens. Il est intéressant de voir comment ils voient eux-mêmes leur situation."

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Six réfugiés racontent leur histoire

Le metteur en scène danois, controversé pour avoir adapté le manifeste du terroriste norvégien Anders Breivik, auteur du carnage qui a fait 77 morts en 2011, a ainsi fait appel à la Croix-Rouge pour entrer en contact avec les réfugiés. Sur les dix auxquels l'organisation internationale a proposé de raconter leur histoire sur scène, tous ont directement répondu présent. S'ils ne seront plus que six à monter sur scène fin janvier, c'est malheureusement parce que deux d'entre eux ont été expulsés après le rejet de leur demande d'asile, qu'un autre a été arrêté par la police, puis expulsé, et que le dernier s'est vu dans l'obligation de fuir à l'étranger.

Les autres, aussi bien originaires de Syrie, du Pakistan, de l'Érythrée que de Birmanie ou d'Ouganda, "ont été invités à créer une performance au sujet de leur situation, de la vie et de l'avenir", peut-on lire dans la description d'Uropa, où fiction et réalité se mélangent. Parmi eux, Muhammad Ali Ishaq a fui, en 2013, le Pakistan en raison de son orientation sexuelle et voit dans cette aventure à la fois un exutoire personnel et une manière de donner un autre visage aux réfugiés :

"En tant que réfugiés, nous sommes tous dans ce système pour des raisons diverses. Mais nous sommes aussi dans le même bateau. Nous constatons que le mot 'réfugié' a une connotation négative, qu'on nous considère comme des sortes de parasites. Nous bénéficions d'un abri au Danemark et de plus d'avantages par rapport à beaucoup d'autres pays, mais l'image des réfugiés doit changer. J'espère que le ballet pourra aider à cela."

Un des réfugiés avec une des danseuses de Corpus. (crédit Image : Uropa)

Une des scènes du ballet Uropa. (© Uropa)