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"Bandes Fantômes" : le premier panorama de bandes dessinées qui n'existent pas

"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait". Mark Twain parlait certainement de l'équipe du Pulp Festival : elle a entrepris de fouiller les tiroirs de dizaines d'auteurs à la recherche de bandes dessinées qui n'ont jamais vu le jour : strips abandonnés, crobards refusés, synopsis oubliés... C'est à la découverte de ces trésors cachés que les spectres des "Bandes Fantômes" vous invitent le weekend du 10 au 12 avril à la Ferme du Buisson de Noisiel. Entre autres.

Le Pulp Festival, à l'instar de Jim Curious, à mille lieues sous les clichés des festivals de bande-dessinée (Crédits image : Matthias Picard)

Le Pulp Festival, à l'instar de Jim Curious, à mille lieues sous les clichés des festivals de bande-dessinée (Crédits image : Matthias Picard)

Avec son nom pétillant et ses affiches rouge sang, le Pulp Festival annonce la couleur d'entrée de jeu : ici, la bédé sera vivante ou ne sera pas. Exit la "foire à la dédicace" habituelle ; à la Ferme du Buisson de Noisiel, en Seine-et-Marne, on donne au neuvième art les moyens de se mélanger avec les autres pratiques artistiques. Ouf, le festival de bande dessinées respire (enfin !) un second souffle.

Oubliez les files interminables devant les stands de dédicaces : là, d'une pièce à l'autre, on navigue entre spectacles, installations et accrochages. On s'amuse de l'art contemporain dans la salle de "La Visite des Lycéens" de Ruppert & Mulot, notamment grâce aux carrousels de papiers découpés éclairés au stroboscope. Ailleurs, on en prend plein les yeux sous le chapiteau lorsqu'un quartet de jazz et une circassienne donnent une vie poétique à une bande dessinée de l'illustre Fred. Danse, 3D, installations... Les phylactères s'invitent partout.

Mais parmi toutes les attractions du Pulp Festival, entre les crobards rigolos et les spectacles vivants, on retient particulèrement "Bandes Fantômes", un projet monté à la force des biceps par Gwen de Bonneval, Philippe Dupuy et Volker Zimmermann. Elle prend forme d'abord en une gigantesque bande papier sur laquelle apparaissent et disparaissent au gré des jeux de lumière les spectres du travail de dizaines de dessinateurs et scénaristes. Dépassant le format du festival bédé classique, cette installation donne à voir les travaux inachevés, oubliés, abandonnés, refusés, censurés ou auto-censurés de dizaines d'auteurs d'hier et d'aujourd'hui. Et oui, c'est une première.

Jacques Tardi, Franck Margerin, Uderzo, Lewis Trondheim, Zep, Pedrosa, Jean-Luc Fromental, Yves Chaland, Blutch, Florence Cestac... mais aussi Boulet, Marion Montaigne, Petillon, Max Cabanes, ‎Ted Benoît, André Franquin… voilà un simple échantillon des auteurs qui ont accepté de faire leurs fonds de tiroirs à la recherche d'un strip, d'un synopsis, d'une planche ou carrément d'un projet intégral.

D'ailleurs, en exclusivité, vous pouvez en découvrir trois dans cet article : une de Monfreid, une autres de Raynal et une dernière de Pirus. On commence ici.

(Crédits image : Monfreid)

(Crédits image : Monfreid)

La bande dessinée au carrefour des arts

Mais pourquoi faire ressurgir ces œuvres du passé ? Pourquoi déterrer les cadavres des échecs ? N'est-ce pas là un truc de nerd de la BD, capable de faire la queue huit heures devant le stand d'un auteur à Angoulême pour une dédicace ? Absolument pas, répond Philippe Dupuy, auteur et directeur artistique de l'expo (qui insiste pour qu'on dise plutôt "consultant" ou "type de l'ombre", juste pour que je finisse par sortir "cardinal de Richelieu" et qu'il me réponde "oui, mais alors juste pour le costume". Il s'est retenu et n'a pas blagué sur la moustache). Et il nous raconte pourquoi.

Aujourd'hui sur plusieurs fronts à la fois, Philippe Dupuy était jusqu'au début des années 2000 l'un de ces auteurs à partager le travail en duo, notamment avec Charles Berberian avec qui il a longtemps bossé, notamment sur la série Monsieur Jean. Désormais, il s'échine à débroussailler le terrain pour faire grandir la bédé et travaille les "croisements" entre la bande dessinée et d'autres pratiques artistiques. Pour lui, aujourd'hui, il y a toujours "le dessin, pas forcément la bande dessinée mais le dessin", qu'il mélange à d'autres pratiques,  parmi lesquelles "l'installation, le spectacle vivant, mais aussi la vidéo par exemple". 

Logique, donc, de le retrouver aussi occupé sur le Festival Pulp – et de prêcher pour cette paroisse d'une grande internationale artistique, portée, peut-être, par "la jeune génération qui vient d'écoles d'art [...] nourrie de vidéo, d'art contemporain, de numérique... ça permet ces spectacles qui ont des ressources très variées, au-delà du livre – même si on reste tous très attachés au livre, hein". Comme il le dit si bien, "comme tout médium, la bande dessinée est évolutive". Allons-y. 

Konbini | Comment est née l'idée des Bandes Fantômes ?

Philippe Dupuy | C'est une idée de Gwen de Bonneval, commissaire de l'exposition et à la fois auteur-scénariste et éditeur [notamment de Professeur Cyclope, ndlr]. Il avait cette idée depuis longtemps mais n'arrivait pas à la monter. Il l'avait d'ailleurs proposée à d'autres festivals, mais personne ne répondait très favorablement... alors que ça n'avait jamais été fait ! Et puis l'an dernier lors du premier festival Pulp, je travaillais sur l'exposition de Professeur Cyclope. Gwen a rencontré Vincent Eyches, directeur de la Ferme du Buisson et lui a parlé de ce projet. Il était partant et m'a proposé la direction artistique et la scénographie.

Le truc c'est qu'ici, ce festival ne se définit pas comme un "simple" festival de bédé. Le Pulp Festival, c'est la bande dessinée à la croisée des autres disciplines. Le schéma classique du festival, que j'appelle "la foire à la dédicace", je trouve que ça n'a aucun intérêt. En tant qu'auteur, ça ne m'intéresse pas.

Angoulême a eu, un temps, toute une dynamique de création mais la "foire" est en train de reprendre le dessus, c'est dommage. Ici, on propose des formes créatives. On parle de bande dessinée et de dessin en vue de propositions artistiques – et pas juste un salon de vente. Parce que très souvent, une exposition, c'est un accrochage d'originaux... avec une vague mise en scène. Nous, on a envie d'exploiter l'espace et la logistique impressionnants de ce lieu, de produire ce que les autres festivals ne s'autorisent pas et de s'identifier comme ça, au sein d'une scène nationale.

Gwen connaît bien la jeune génération, moi je connais l'autre, la mienne et celle d'au-dessus, qui n'est pas la plus facile à gérer... Parce qu'ils ne sont pas dans la même logique : lorsque j'ai expliqué le projet des Bandes Fantômes, nombre d'auteurs de la vieille génération n'arrivaient pas à comprendre le principe. Pour eux, une expo de bandes dessinées, c'est accrocher des planches. Ca a été très dur de leur faire comprendre qu'on voulait faire une exposition installation.

Donc avec le Pulp Festival, et des installations comme "Bandes Fantômes", vous cherchez à donner un autre point de vue sur la BD ?

Exactement, la preuve c'est que l'année dernière, les auteurs eux-mêmes disaient "enfin un festival qui nous plaît !", mais le public aussi : il a accès à la bédé autrement qu'en faisant la queue devant une table pour venir se faire signer un bouquin qu'ils liront ensuite chez eux, éventuellement. Ils découvrent une lecture, les auteurs sont là et sont accessibles, le lieu joue beaucoup d'ailleurs...

Comment avez-vous fait pour collecter tous ces travaux d'auteurs ?

D'abord, il y a des choses qu'on savait, des trucs historiques. Hergé, Morris ont des projets qu'ils n'ont jamais sortis, c'est connu. Puis on a fait marcher notre réseau, ça a été très simple : Gwen a contacté les auteurs qu'ils connaissaient en leur demandant s'ils en avaient : "dites nous, envoyez nous les choses, parlez-en autour de vous...". Moi c'est pareil, j'ai passé le mot à tout mon fichier e-mail d'auteurs que je connais.

Juste comme ça ? Vous n'avez pas voulu sélectionner des auteurs sur certains critères ? Goût, renommée... ?

Non, on trouvait ça intéressant de ne justement pas fonctionner sur le goût : ce qui me plaît avec cette expo, c'est qu'elle montre une sorte de paysage de la bédé très varié, assez complet – même si le sujet "Bandes Fantômes" est forcément incomplet parce que ce qu'on présente est une partie émergée d'un iceberg, j'en suis convaincu !

Il n'y a qu'à voir tout ce qu'on a eu entre les mains mains que pour une raison ou pour une autre, on n'a pas eu le droit de mettre. Ceux qui n'ont pas voulu, ceux qui n'ont pas répondu... Et je suis sûr qu'encore après on recevra des messages d'auteurs pour nous dire qu'ils en avaient. D'ailleurs on en reçoit encore : on a fermé le robinet mais certains nous contactent encore pour être exposés !

Après, évidemment, on a fait du tri. Mais il y a clairement des choses qu'on a vues mais qu'on ne peut pas montrer, parce qu'il y a des fantômes qui ne veulent pas se montrer, ils ont effacé les traces de mon appareil photo... Il y a même des fantômes qui ne veulent pas reconnaître qu'ils le sont et qui se pensent encore en vie... De là, on a extrait les choses qui nous paraissaient intéressantes et on a organisé la hiérarchie grâce à la scénographie.

(Crédits image : Raynal)

(Crédits image : Raynal)

Combien de temps avez-vous travaillé à collecter ces bandes dessinées oubliées ?

On a commencé réellement en juillet dernier, donc environ huit mois. Mais ce n'était pas de trop ! Quand on en a parlé à la Ferme du Buisson en septembre, on leur a annoncé environ 120 projets... et en fait on est à 200. Oui, on s'est un peu laissés submerger... On a beaucoup ouvert de portes. Faut savoir qu'il y a des auteurs qui nous ont envoyé des albums entiers, hein. Des fois, j'avais 40, 50 pages ! On a quand même dû gérer pas loin de 2000 documents.

Comment avez-vous organisé la scénographie ?

Si l'expo s'était faite à Angoulême, il aurait fallu récolter des planches et faire un gros travail encyclopédique autour. Ici, ce n'est pas le même public : il est là pour vivre autre chose, partager une expérience. Alors j'ai essayé de scinder les choses en deux : la première partie, c'est ce lieu hanté avec la grande bande en papier où on n'explique pas trop les choses. Les fantômes apparaissent, on n'explique pas pourquoi ce sont des fantômes, ni pourquoi ils apparaissent à ce moment-là et pas un autre. Je voulais donner une apparition à ces bandes dessinées qui fasse que tout visiteur n'ait pas de parcours imposé dans la première salle. D'ailleurs je suis convaincu que quelqu'un qui viendra à cette expo ne pourra jamais tout voir. Et c'est comme ça ! Faut être au bon endroit, au bon moment avec les fantômes...

Deuxième partie, maintenant : dans la deuxième salle, on donne au public plus de substance, afin qu'il puisse rassembler les bouts et rentrer dans les projets qui les intéressent. Il sera face à des bornes interactives qui permettent de donner plusieurs niveaux aux projets. On a donc des entrées différentes, par nom d'auteur, par type de projet : refusé, abandonné, censuré... Puis des interviews vidéo et enfin quelques originaux qui redonnent finalement du réel au fantomatique. Et là ça donne une autre dimension parce que l'original, c'est autre chose : il y a la main de l'artiste quelque part...

Après pour ce qui est de la scénographie pure, il a fallu que je fasse marcher le champ sémantique du spectre : c'est quoi un fantôme ? C'est de la lumière, du mouvement, du son, du courant d'air... C'est comme ça qu'est née cette gigantesque bande papier qui flotte, ça m'a fait penser à un ectoplasme sur lequel apparaissent les images. Puis il y a l'eau, la fumée... on a cherché à produire l'immatériel.

Desquels auteurs présents sur le projet "Bandes Fantômes" es-tu le plus fier d'avoir obtenu le travail ? (Et ne réponds pas "de chacun d'entre eux, s'il te plaît...)

De chacun d'entre eux ! Mais il y en a effectivement deux ou trois qu'on a acquis de haute lutte. Il y a un projet de Fabrice Neaud très sensible, par exemple. Pour celui-ci, il explique qu'il ne le publie pas pour des risques juridiques. Pour être complets, on a ajouté dans l'exposition les chefs d'inculpation sur lesquels il pourrait tomber, mais il a fallu présenter ça en "caviardant" des parties, en cachant des bouts.

Il y a aussi des projets dont j'ai eu du mal à remonter la filière d'ayants droit, je suis quand même assez fier d'avoir des travaux d'Uderzo, ou bien un carnet d'inachevés de Moebius... Je suis très fier d'avoir une planche de Tardi, aussi. Pareil pour Yves Chaland. Après, il y a de très beaux documents d'autres auteurs avec lesquels ça a été facile, comme Franck Margerin, Florence Cestac, Hervé Tanquerelle, Cyril Pedroza... et puis des pièces anciennes qui viennent du musée d'Angoulême : Calvo, Caran d'Ache... c'est quand même dingue d'avoir face à soi un panorama de bandes dessinées qui n'existent pas.

Aussi, d'un point de vue personnel, il y a des projets que j'ai découverts. Comme celui d'un auteur italien assez méconnu, Mimo Capieri, quelque chose de très bizarre avec du collage, comme de l'art contemporain. Et puis quel plaisir de découvrir des originaux de gens que je connais, comme Blutch : c'est sur du A4 mais on dirait une gravure, c'est sublime ! Il est donc difficile d'en choisir une seule quand il t'en propose huit et que tu les tiens entre tes mains...

On vient de voir tes réussites, parlons maintenant de tes échecs : j'imagine que tu as essayé d'avoir des auteurs et que tu ne les as pas eus pour une raison ou une autre ?

Evidemment, il y a forcément des choses qu'on n'a pas pu avoir, notamment certains qu'on a eus entre les mains. Pour certains, on nous a même ignorés ! Pas de réponse ! Rien ! Du côté de Morris, par exemple, on n'a pas réussi à remonter jusqu'au bout... et pourtant on s'est fait aider par les historiens. Mais pour Will, ça a été un enfer : on a eu des échanges mail avec son fils qui a refusé sous prétexte qu'il fallait quatre ans de délai...

Les auteurs, c'est un autre temps de réactivité que les autres artistes. C'est ce qui m'a le plus fatigué, clairement... Ma boîte mail a explosé. Pour certains auteurs, c'était à moi de me mouiller personnellement, parce que c'est aussi des amis. Mais ça prend un temps de dingue.

(Crédits image : Pirus)

(Crédits image : Pirus)

Pour un auteur, qu'est-ce que ça représente de dévoiler des travaux qu'il n'a jamais pu montrer au public ?

Enki Bilal me disait qu'il trouve très intéressants ces thèmes qu'on aborde : le renoncement, l'abandon, la frustration, l'injustice, l'inachevé... Ca remue plein de notions psychanalytiques. D'ailleurs les réactions diffèrent : on a des auteurs qui étaient très heureux de montrer leurs projets, de leur redonner vie, en quelque sorte. Certains ont refusé... il y en a d'autres qui nous ont accordé les choses avant de se rétracter. Et pour finir, d'autres nous ont fait part de leur gêne et ont refusé parce qu'ils trouvent ça bizarre de faire ressurgir des "échecs". Mais tout ce qu'on montre c'est non seulement le portrait en creux d'un artiste, mais aussi des étapes de son travail.

En cela, on peut dire que cette expo aborde en tant que tel le métier d'auteur, non ?

Oui, quelqu'un nous a d'ailleurs autorisé à reproduire deux mails avec son éditeur qui amènent à l'abandon du projet, où l'éditeur refuse, par des mots très durs. Apparaissent aussi des notions économiques, parfois. En gros, "on peut sortir votre bédé, mais je ne vous paierai pas", quoi.

Qu'est-ce que ça raconte du monde de la bédé et de l'édition ? 

D'une part ça parle de la surpopulation du milieu. Oui, il y a trop d'auteurs, mais ce sont toujours les autres qui sont en trop. Jamais soi-même. Mais est-ce qu'il y a une surproduction ? Est-ce que les éditeurs publient trop ? Cela amène une paupérisation flagrante que j'ai vue venir il y a longtemps. On nous dit qu'on ne peut plus vivre de notre métier. Que notre métier n'en est pas un. Mais si on a un autre métier à côté, on ne fera plus celui-là ! Alors le mot d'ordre, c'est "pas d'auteurs, pas de livres. Pas de livres, pas de lecteurs". Si vous voulez lire, il faut qu'on ait les moyens de les faire. Actuellement on demande la discussion, mais personne ne veut nous parler. On nous flingue : on n'est pas intermittents, on n'a pas le chômage... on n'a rien. 

Que penses-tu de certaines initiatives qui naissent sur le web et finissent par exister sur papier ? Comme le collectif Glory Owl, qui a édité une bande dessinée "physique" après s'être fait connaître sur Facebook ?

C'est marrant, ça. On a souvent dit que le papier allait disparaître au profit d'Internet, et en fait Internet existe mais ne tue pas le papier. Je trouve ça très bien. Que ce soit avec Professeur Cyclope qui est une revue numérique ou des livres, ce qui m'intéresse c'est que ce sont des supports différents. Y a pas de hiérarchie, en fait. Ce qui m'intéresse, c'est que les choses se fassent. Après c'est au lecteur de faire ses choix vis-à-vis de ce qu'il préfère.

C'est comme Boulet, ou Marion Montaigne, ils commencent sur Internet et après ils font des livres ! Oui, ils ont fait comprendre aux éditeurs qu'ils étaient là par ce biais.

Dernière question : comment on donne envie au public parisien de sauter dans un RER pour se déplacer jusqu'à la Ferme du Buisson pour profiter du Pulp Festival ?

Vous avez une idée de la bande dessinée, peut-être à juste titre, ou alors vous en avez une idée toute faite ? Dans tous les cas, au Pulp Festiva, par le biais des Bandes Fantômes ou des autres installations, vous découvrirez autre chose que ce à quoi vous vous attendiez. Voilà. Je ne peux pas dire mieux.

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Affreux vilain metalhead incurable, aussi rédac' chef du webzine Hear Me Lucifer.