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Tatouage

Un photographe donne un autre visage au tatouage facial

Rituel ancestral, le tatouage facial est de plus en plus présent dans nos sociétés. Un photographe tente de briser les préjugés autour de cette pratique.

Les origines du tatouage facial sont multiples. Au Japon, dans la tribu des Aïnous, les femmes avaient pour coutume de s'encrer une large moustache noire au-dessus de la bouche une fois la puberté atteinte, pour faire savoir qu'elles étaient en âge d'être mariées.

Chez les Maoris, le tatouage facial (appelé "moko") était au départ réservé aux guerriers, pour souligner leur courage et leur insensibilité face à la douleur. En Afrique du Nord, la pratique servait quant à elle à embellir les femmes berbères, qui le portaient fièrement telle une parure éternelle.

De gauche à droite, une femme Aïnou japonaise, un guerrier maori et une femme berbères (© Marc Garanger) et leurs tatouages faciaux

De gauche à droite : une femme Aïnou japonaise, un guerrier maori et une femme berbère (photographiée par Marc Garanger), arborant leurs tatouages faciaux.

Acte audacieux, le tatouage facial n'est aujourd'hui plus seulement l'apanage de rituels issus de sociétés dites "primitives", mais bel et bien une expérimentation de plus en plus répandue dans le monde. Bien que la pratique reste encore minime en France, les Anglo-saxons sont de plus en plus nombreux à se laisser tenter par une marque indélébile au niveau des tempes, des joues, des paupières.

Briser les préjugés

Justement basé à Londres, le photographe Mark Leaver s'est penché sur ces individus qui ont choisi d'agrémenter leur minois de quelques dessins à l'encre. Pendant trois mois, ce photographe spécialisé dans le portrait a parcouru près de 5000 kilomètres à travers le Royaume-Uni à la recherche de ces tatoués audacieux, et a créé "Facial Tattoos".

Projet photographique donc, "Facial Tattoos" tente de briser les tabous et préjugés associés au tatouage facial. Dans une interview accordée au site Skined Tattoo, le photographe explique :

Trop souvent, les gens se font une opinion négative de ceux qui osent se tatouer le visage. C’est souvent lié à la dépression, au chômage ou à la criminalité. [...] J’ai débuté ce projet en me disant qu’il était temps d’établir une vérité sur ces personnes. [...] Et je peux assurer que ces personnes sont les plus agréables êtres humains sur terre.

De gauche à droite :  Deryn, Keith Gordin © Mark Leaver

De gauche à droite : la tatoueuse Deryn et le très encré Keith Gordin © Mark Leaver

Un boxeur © Mark Leaver

Un boxeur © Mark Leaver

"Des histoires tristes"

Car, bien que le tatouage en général soit de plus en plus accepté par nos sociétés, l'acte de se tatouer le visage reste rare, et parfois difficile à accepter pour certaines personnes, le visage étant une partie du corps quasi sacrée. Au cours de ses rencontres pour son projet "Facial Tattoos", Mark Leaver a assisté à de nombreux témoignages :

Il y a certaines histoires tristes. En général, c’est beaucoup de clubs ou restaurants qui demandent à ces tatoués de quitter les lieux. Et puis, il y a toujours les gens qui font des commentaires vexants à haute voix. Mais au final, se faire tatouer au visage demande à avoir une forte personnalité, donc j’imagine qu’ils passent au-dessus de tout ça.

En photographiant les tatoués dans leur environnement quotidien, aux côtés de leurs proches ou sur leur lieu de travail, Mark Leaver tend ainsi à rendre le tatouage facial commun, presque normal. Il s'est également attaché à souligner l'admirable complexité de chacun de ces tatouages. "Les tatouages au visage sont si complexes qu’il me fallait les photographier proprement afin faire transparaître au mieux leur beauté", confie l'artiste.

Calum Stewart en bonne compagnie © Mark Leaver

Calum Stewart en bonne compagnie © Mark Leaver

Cammy Stewart et sa compagne © Mark Leaver

Cammy Stewart et sa compagne © Mark Leaver

Des accros du tattoo

Toujours dans l'interview accordée à Skined Tattoo, Mark Leaver tente d'expliquer les raisons qui ont poussé ses sujets à se faire encrer le visage :

Certains voulaient une transformation radicale et le tatouage facial devient alors pour eux une sorte de masque. Pour d’autres, il s’agit juste d’une rébellion contre le système. Mais beaucoup sont accros au tatouage, c’est donc naturellement qu’ils passent sur le visage.

Un acte naturel qui pourrait devenir de plus en plus banal.

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De gauche à droite : l'artiste Jay Read et la tatoueuse Himemiya Neko © Mark Leaver

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De gauche à droite : Iestyn Flye et Jack Denny © Mark Leaver

Le tatoueur Xed Le Head © Mark Leaver

Le tatoueur Xed Le Head © Mark Leaver

© Mark Leaver

© Mark Leaver

De gauche à droite : Yan, Delphine et leur chien © Mark Leaver

De gauche à droite : Yan, Delphine et leurs deux chiens © Mark Leaver

Retrouvez l'intégralité du projet "Facial Tattoos" sur le site de Mark Leaver.

Journaliste indépendante basée à Paris. Musique, mode et tatouage, principalement.