PEZ, le graphiste qui triture les figures de la pop culture

On a posé quelques questions à PEZ, le graphiste derrière une série d'illustrations qui plonge dans les méandres de la pop culture. De Mario à Homer.

Une gueule grisâtre, une canette dans le cerveau, des espèces de graffiti sur le cou et des yeux à faire peur. Non, il ne s'agit pas d'une photographie d'un film d'horreur mais une image de Homer Simpson détournée pour les besoins d'une série intitulée Distroy. Derrière les crayons on trouve PEZ, un illustrateur nantais de 32 ans en freelance. Il a fait l'école Pivaut en graphisme publicitaire.

A côté de ses travaux de communication visuelle pour des PME, PEZ développe son art. Son idée ? Cultiver "l'ADN même de [ses] créations, de [ses] personnages" sous la forme d'une "curiosité" poussée :

J'ai envie de voir ce qu'ils ont à l'intérieur, de leur imaginer un intérieur, une âme.

Le lien entre destruction et précision du dessin est pour lui "inévitable" :

Sans une maîtrise technique et le souci du détail ce serait, d'après moi, moins intéressant.

Mickey (Cliquez pour zoomer)

La série Distroy a été réalisée en deux temps. Les premiers personnages triturés sont Mickey, Donald et Rapetou. Puis PEZ s'en prend à Kenny de South Park, Bart des Simpson, Mario et, surtout, Homer, dont il est un "fan éternel". "Je ne sais pas vraiment pourquoi j'y suis revenu. Peut-être pour finaliser correctement une série que j'avais commencée".

A travers son travail de personnification de ses héros préférés, PEZ veut essayer d'atteindre ce qu'il se passe derrière leur apparente "sympathie".

Même si beaucoup d'autres artistes l'ont déjà fait, donner une apparence étrange, urbaine et onirique change radicalement l'univers du personnage. L'implanter dans un autre monde nous révèle d'autant plus ce qu'il est. Ça me rappelle la fin d'un épisode des Simpson dans lequel Homer se retrouve dans notre monde "réel".

Côté références, PEZ est prudent : "Il faut que ça me parle sinon je ne prends pas de plaisir à les réaliser. La base est très importante. J'ai redécouvert les classiques de Disney avec ma fille et je suis toujours bluffé par la qualité de ces oeuvres". Le graphiste n'hésite pas à souligner la part d'ombre de la pop culture :

La pop culture engrange des choses phénoménalement merdiques, mais aussi les plus grands chefs-d'oeuvres de ce monde. Ce n'est finamement qu'une caricature de notre société.

Bart (Cliquez pour zoomer)

Mario (Cliquez pour zoomer)

pez

Homer (Cliquez pour zoomer)

Donald (Cliquez pour zoomer)

Journaliste culture depuis 1956. Musique, cinéma et un peu de photographie.