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Métaphore de la montée des eaux, cette œuvre d’art menace d’engloutir Venise

Menacée de disparition par la montée du niveau de la mer, Venise se situe au premier plan du réchauffement climatique. Un sujet dont s’est emparé l’artiste italien Lorenzo Quinn à l’occasion de la 57e Biennale d’art contemporain, à travers une sculpture géante et inquiétante.

Support by Lorzenzo Quinn (©Halcyon Gallery)

Support, de Lorenzo Quinn. (© Halcyon Gallery)

Tel un monstre aquatique aux formes humaines, des mains et des avant-bras sortent désormais des eaux d’un canal de la lagune de Venise et agrippent de leurs doigts immenses la façade d’un immeuble, comme pour l’entraîner au fond de la mer. Métaphore de l’un des enjeux majeurs de notre siècle, l’installation monumentale de Lorenzo Quinn se dresse sur l’hôtel Ca’ Sagredo, un palais sur l’eau à l’avenir incertain. Cette créature-sculpture nommée Support ("soutien") porte un message fort et clair : ce sont les humains qui sont responsables du changement climatique.

Mais l’on peut aussi imaginer que ces mains soutiennent la façade en décidant d’agir concrètement pour enrayer la montée des eaux. En d’autres termes, ces mains humaines peuvent détruire ou servir d’appui à la ville en péril, comme à la planète. Les dimensions monumentales de l’œuvre en plein air donnent à voir l’ampleur de la menace, tout en la rendant visible par le plus grand nombre de Vénitiens et de touristes. Pour rappel, Venise accueille chaque année plus de 28 millions de visiteurs : une activité touristique devenue un fléau mais qui, en l’occurrence, démultiplie le nombre de spectateurs potentiels de la sculpture.

Une œuvre inquiétante au message d’espoir

Pour Lorenzo Quinn, interrogé par Halcyon Gallery, les hommes doivent répondre à l’enjeu du réchauffement climatique avant qu’il ne soit trop tard :

"Venise est une ville artistique flottante qui a inspiré les cultures durant des siècles. Mais pour continuer dans cette voie, elle a besoin du soutien de notre génération et des générations futures, car elle est menacée par le changement climatique, et le temps passe vite."

Il explique ainsi son choix de matérialiser ce pouvoir créateur ou destructeur de l’homme par le biais de mains :

"Je voulais sculpter la partie considérée comme la plus difficile du corps humain. Les mains ont tant de pouvoir : le pouvoir d’aimer, de haïr, de créer, de détruire."

L’artiste reflète ainsi les deux versants de l’homme – créateur et destructeur – en lui adressant un message fort : il a le pouvoir de changer la donne. En ce sens, l’œuvre en appelle à l’espoir malgré sa structure intimidante. Installée le 13 mai, Support restera érigée jusqu’à la fin de la 57e Biennale, le 26 novembre 2017.

Lorzenzo Quinn (©Halcyon Gallery)

Lorenzo Quinn. (© Halcyon Gallery)