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En images : du Liberia à Lagos, ce photographe dévoile l'Afrique sous un autre angle

Du Liberia à Lagos, cet artiste français touche-à-tout crée des images non-conventionnelles à partir de GIF, de collages et de photographies. 

François Beaurain, un artiste du mix media autodidacte, s'exprime à travers des collages, de la sculpture, des dessins et de la photographie. Et quand il ne combat pas le réchauffement climatique, il tente de capturer les moments uniques de la vie (surtout en Afrique de l'Ouest), ceux qui se révèlent chaque jour à l'œil attentif.

Ce Français, bien connu pour ses travaux d'animation, comptait parmi les photographes exposés au Nigeria durant le Festival LagosPhoto de 2015 dont le thème était "Designing Futures". On pouvait y admirer les GIF de sa série "Monrovia animated", réalisée en 2014 au Liberia.   

C'est un peu par hasard que l'artiste s'est mis à faire des GIF. De son propre aveu, il est obsédé par la répétition, les boucles et les mouvements sans fin. Après s'être procuré son premier reflex numérique en 2013 et avoir découvert le mode rafale, il a suivi son idée et s'est mis à faire de petites animations.

"D'abord, je suis un geek, ce qui fait que j'avais envie de mettre au point des GIF et des images nouvelles. D'un autre côté, j'étais aussi fasciné par l'image que je pouvais montrer de ce pays souvent décrit comme une zone de guerre par la plupart des photographes. Les gens étaient très réceptifs et se montraient heureux de participer. Du coup, c'est devenu un jeu pour moi. Il m'aura fallu quatre mois pour réaliser 'Monrovia animated'." 

 

Wesseh Freeman, un musicien aveugle de Monrovia interprétant sa chanson au marché de Duala. Il a appris seul la musique et a construit sa guitare lui-même à partir d'un bidon d'huile.  (GIF: François Beaurain)

 

 

La capitale du Liberia, Monrovia, compte de nombreuses églises évangéliques. Anciennement la capitale se nommait Christopolis, comme l'église où ce GIF a été réalisé. (GIF: François Beaurain)

"Monrovia animated" est actuellement visible au Centre de Cultura Contemporània de Barcelone dans le cadre de l'exposition "Making Africa" qui se tiendra jusqu'au 28 août.

L'année passée, François Beaurain a séjourné à la Fondation des artistes africains de Lagos, ce qui lui a permis de partir à la découverte de la ville et de son agitation de manière tout à fait décomplexée. A son arrivée, les possibilités qui s'offraient à lui étaient sans fin... Il as réalisé sa série "Welcome to the Promised Land" dans l'un des coins les plus pauvres de la ville, Makoko. Le titre est très ironique, lorsque l'on connaît les conditions de vie de ce bidonville sur pilotis. Or des milliers de personnes partent pour Lagos tous les jours, des espoirs de succès plein la tête. François ajoute :

"Le titre a pour but de dépeindre les attentes des gens qui vivent dans cette mégapole et sont en quête d'une vie meilleure"

La série est essentiellement composée de GIF et de photos représentant des personnes."Welcome to the Promised Land" fait partie de l'exposition "Lointains souvenirs – Exposition collective" que l'on peut retrouver à la Galerie 127 à Marrakech jusqu'au 15 juin.

Le Guerrier. (GIF: François Beaurain)

Marron. (Photo: François Beaurain)

Violet. (Photo: François Beaurain)

À Lagos, les gens étaient moins ouverts à l'idée de donner de leur temps. L'artiste les sentait toujours sur le qui-vive ou stressés. Il a néanmoins réussi à les convaincre de poursuivre son travail après une petite négociation. François exposera une grande partie des GIF qu'il a réalisés au Nigeria dans le cadre de l'exposition collective "Dey Your Lane" (une expression en pidgin de Lagos qui signifie "Occupe-toi de tes affaires"), organisée au Bozar à Bruxelles par le directeur de LagosPhoto, Azu Nwagbogu. Cette expo aura lieu du 17 juin au 4 septembre.

La passion de l'artiste est née de sa découverte dans les rues de Monrovia d'un quartier entièrement couverte d'affiches de Nollywood. Il y en avait partout, sur les murs, les ponts et les clôtures. Très vite, il a été fasciné par ce matériel peu cher et très coloré qui se prête si bien aux collages. Les affiches ont une durée de vie très limitée et les gérants de magasins de DVD doivent régulièrement s'en débarrasser. Une aubaine pour François à qui il ne restait plus qu'à récupérer, découper et réarranger cette iconographie prolifique entièrement dédiée au cinéma nigérian.

Bien qu'il ne soit pas encore parvenu à trouver son film de Nollywood préféré, l'artiste est passionné par l'extravagance et l'abondance de ces affiches et la manière dont elles dépeignent l'Afrique. En effet, on y retrouve de nombreux thèmes abordés par des Africains pour des Africains.

"Pour moi, Nollywood est le symbole de la richesse culturelle de l'Afrique qui passe complètement inaperçue et est sous-évaluée dans le monde occidental. "

Les Enfants de Fazebook. (Photo: François Beaurain)

Marie. (Photo: François Beaurain)

Ojukwu, le chef de guerre. (Photo: François Beaurain)

Les collages de "nOllywOOd" seront exposés pour la première fois en Europe aux Rencontres d’Arles.

Traduit de l'anglais par Erika Lombart

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