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Léa Chassagne nous montre une autre vision de la femme dans ses collages psychédéliques

La Slow Galerie, à Paris, met en avant Léa Chassagne dans une exposition intitulée "L’éternel féminin" jusqu’au 3 juin prochain. Ses collages hypercolorés et kitsch prônent une femme décomplexée et futuriste. Ils sont tellement hypnotisants qu’on a décidé d’aller la voir.

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Vallée d’amour (© Léa Chassagne)

Konbini | Quel est ton parcours ?

Léa Chassagne | Je suis originaire de Paris. Avec mon bac ES en poche, je me suis tournée vers le graphisme et l’illustration. J’ai eu la chance de rentrer chez LEG Agency, une agence de publicité filiale de chez Havas, comme stagiaire puis directrice artistique. Ils faisaient beaucoup de collages, C’était très drôle, ça ne ressemblait pas vraiment à de la publicité et c’est là que j’ai appris à manier Photoshop. J’ai donc commencé à me faire mon petit book d’illustrations le soir et le week-end, et j’ai démarché des agents d’illustrateurs. J’ai rencontré Michel Lagarde et je suis rentrée dans son agence Illustrissimo. Et à partir de ce moment-là, j’ai eu des commandes pour la presse et l’édition.

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Babel (© Léa Chassagne)

Quels sont ton processus de création et tes sources d’inspirations ?

Je réalise mes paysages en collage numérique (avec Photoshop donc). Le collage permet de mélanger l’histoire et les matières et de créer des paysages nouveaux. Les canons de beauté de la Renaissance sont ainsi projetés dans des jungles ou décorés de pixels, et les références bibliques côtoient les planètes imaginaires et les Cadillac. Chaque image utilisée enrichie le dessin grâce à son histoire et détourne les autres éléments du collage de leur sens premier. C’est une seconde vie qui est donnée aux images. Toutes les ressources de toutes les époques sont envisageables : peintures, photos, 3D, peintures numériques, gravures… Mes influences aussi sont très vastes : cela va du Douanier Rousseau à Jean-Paul Goude, en passant par la dernière coupe de cheveux de Rihanna ou la Bible. Une fois que j’ai créé mes associations d’images, je travaille le collage pour que tous les éléments s’harmonisent et inventent un monde merveilleux qui n’appartient à aucune époque et aucun lieu. Je réinvente des mythes, je détourne des jardins d’Eden pour insuffler un peu de merveilleux dans mon quotidien. C’est ma manière de m’échapper.

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La Pudeur (© Léa Chassagne)

Pourquoi la femme est-elle un thème central dans ton art ?

C’est un sujet actuel qui recoupe toute la plage d’images sur laquelle je travaille en ce moment. De manière inconsciente, les femmes sont en effet aux premières loges de mes œuvres. J’ai voulu gratter et comprendre ce que cela voulait dire. En me plongeant dans mes références (musique, cinéma, arts…), j’ai pu tout recouper avec cette idée de l’éternel féminin. C’est une vision idéalisée de la femme qui inspire les mouvements artistiques. De l’Ève originelle à Marie-Madeleine, d’Hélène à Iseut, de la Charlotte de Werther aux muses de Musset, jusqu’à la Nadja d’André Breton, la femme enfin devenue libre est un objet de mystère pour moi. Elles troublent leur monde et fascinent. Cette énigme de l’éternel féminin n’a cessé d’inspirer les nombreux artistes qui l’ont exploré. Désir de transcendance ? Aspiration divine ? Bonheur éternel ? Il n’y a pas d’époque, il n’y a pas de lieu, rien n’est figé. Le challenge, c’est toujours de croiser le fond et la forme. C’est ce que j’essaye de restituer en ne limitant pas ma création.

"L’éternel féminin" de Léa Chassagne, est exposé du 11 mai au 3 juin 2017 (sauf le lundi) à la Slow Galerie (5 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris).