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Immersion en noir et blanc dans l’univers de Nairone

En quelques mois, il est passé du statut de street-artiste à celui d’illustrateur reconnu : Nairone is in da place. Son esthétique noir/blanc où le détail est roi n’a pas échappé à l’oeil avisé d’Eristoff. On a rencontré l'enfant prodige pour en savoir plus sur son parcours, son style et cette collaboration.

Nairone ©Gaïa Anastasio

C’est du bout de ses rotrings que l'artiste, aujourd’hui installé à Paris, réalise de véritables fresques au fini impeccable, que les marques s’arrachent. Dernière collaboration en date : Nairone s'est entouré des meilleurs pour customiser la bouteille Wolf Pack édition 2015 : l'immense Jim Philipps et le rappeur Travie McCoy, rien que ça. Rencontre avec notre poulain français, sur qui on est prêt à parier une longue et belle carrière.

Konbini | Comment as-tu commencé à dessiner ?

Comme tous les enfants, j'ai commencé à gribouiller assez jeune. Mais le dessin était aussi l'un des passes-temps favoris de mes parents, ils m'ont vraiment imprégné dans cet univers. À 6 ans, l'école m'a proposé de réaliser une fresque avec l'aide de mon père. L'expérience m'a marqué, même si je ne prévoyais pas encore d'en faire mon métier.
Plus tard, j'ai découvert le graffiti. Et c'est à travers le street-art que j'ai perfectionné ma technique. Entouré de ma bande de potes issus de la même street-culture, je graffais juste pour le plaisir.

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Chez HK Corp. Crédits photos : ©Gaïa Anastasio

K | Qu'est-ce qui t'a amené à paris ?

Après le décès de mon père, j'ai eu pas mal de difficulté à m'exprimer artistiquement, le graffiti étant illégal. Alors mes sœurs m'ont poussé à rentrer dans une école d'art, j'ai choisi  les Gobelins à Paris. Mais j'y suis resté deux mois. L'école, ce n'est pas vraiment mon truc, j'avais l'impression de perdre mon temps. Mais en travaillant dur, j'ai réussi à décrocher pas mal de contrats, et finalement  ça m'a permis de rentrer dans la vie active plus rapidement que prévu.

K | Comment définirais-tu ton style ?

C'est aux gens de se faire leur propre idée. Je dirais que je ne suis pas dans la théorie, mais plutôt dans la spontanéité. Je m'imprègne de ce qui m'entoure. J'ai un gros faible pour le noir et blanc, et mes sujets de prédilection sont tirés d'un univers très urbain. J'aime bien l'idée que mon travail soit un champ lexical visuel. Qu'à partir d'un thème, je puisse broder autour d'un tas d'objets et de mots.

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Chez HK Corp. Crédits photos : ©Gaïa Anastasio

K | À quoi ressemble ton processus de création ?

Je pars toujours d'un thème. À partir de là, je liste sur mon carnet tous les mots qui me paraissent intéressants. Puis je fais un croquis pour placer tous mes éléments, un peu en fonction de mon humeur du moment. Enfin, je passe au vrai dessin. Mais je me pose beaucoup de questions avant d'attaquer, c'est un long processus qui peut me prendre jusqu'à deux mois. Je préfère être 100% sur de moi.

K | Parle nous de ta collaboration avec Travie McCoy et Jim Phillips pour le design de la Wolf Pack Edition 2015 d'Eristoff.

J'étais très honoré de bosser avec Travie McCoy, j'adore son univers, et avec Jim phillips car c'est tout simplement une légende du skate. Je ne pouvais pas refuser cette collaboration. J'aurais même payé pour la faire ! Il y a un an, j'ai fait une fresque avec une Screaming Hand, jamais je n'aurais pensé me retrouver quelques mois plus tard à table avec Jim Phillips et sa famille. Le feeling est super bien passé, on est restés tous les trois en contact. J'ai même réalisé un logo pour Travie qui s'est retrouvé projeté sur scène lors d'un de ses concerts à New-York. Ce n'est pas qu'une simple collaboration, c'est surtout une belle rencontre. Jim a été une véritable inspiration, il m'a vraiment motivé à travailler à fond. Comme il dit si bien : « dans Art-work, il y a work. ». J'essaye de suivre cette doctrine.
Découvrez la rencontre et la collaboration des 3 artistes :

K | C'est quoi le son que tu écoutes pour dessiner en ce moment ?

Sans hésiter, Spooky Black / Corbin, ça m'inspire à fond.

K | Quels sont les artistes que tu aimes , et ceux qui ont influencé ton travail ?

Je suis un fan de Roy Lichtenstein. J'aime beaucoup son travail de superposition de trames, je reprends cette technique de pointillisme pour les ombrages, mais à la main. Les thématiques de cet artiste me parlent. Et puis nous avons un peu ce même long procédé de réflexion : il réalise d'abord ses croquis, qu'il projette sur sa toile, pour les dessiner ensuite en vrai sur sa toile.
Après, je reste pas mal dans ma bulle, je m'inspire de ma vie personnelle, des tendances de la street, des musiques que j'écoute... mais je préfère me couper du travail des autres pour ne pas me laisser influencer, j'aime vraiment travailler en solo.

K | Quels sont tes prochains projets ?

Eristoff m'a donné carte blanche pour ses prochaines éditions limitées, je suis hyper content. En parallèle, je travaille sur des toiles et des sculptures, en prévision d'une future expo. Mais je prends mon temps. Si je dois attendre 10, 15 ou 20 ans, ce n'est pas grave, je veux être vraiment fier de moi. J'ai encore du chemin à faire avant d'arriver là où je veux être !

K | Peux-tu nous faire une petite dédicace en souvenir ?

Oui avec plaisir !

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Chez HK Corp. Crédits photos : ©Gaïa Anastasio