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Récit : de Jacquemus à Daniel Buren, il n'y a qu'une rayure

Alors qu'il ne reste que quelques jours avant sa fermeture, retour sur l'exposition de Daniel Buren au MaMo de Marseille.

Il y a quelques semaines, éreintée par la semaine de fashion-week qui s’était déroulée à Paris, je me trouvais en route vers le "bleu", le "vert" et le soleil, direction Marseille. Marseille ? Était-ce en raison de l’évocation de la mer, de la plage, du soleil du défilé de Simon Jacquemus (Printemps-Été 2015), si justement appelé Les Parasols de Marseille, que je filais droit vers le sud ?

(Crédit Image : Anne-Sophie Pillet)

(Crédit Image : Anne-Sophie Pillet)

Un défilé où m’avait curieusement frappée, interloquée, l’omniprésence d’un motif à rayures, pourtant bien connu.
Ce motif, composé de larges bandes ou "stripes" de même largeur, de rayures alternées de blanc et de noir, ou de blanc et d’une couleur primaire - non, on n’est pas dans la bayadère ou la marinière - je m’apprêtais à le retrouver partout dans mon environnement.

Chez Jacquemus, j’avais vu ces rayures servir de lien, voire de charnière, entre les différentes parties du vêtement ; permettre la tenue et l’assemblage des autres pans blancs immaculés de l’habit. Aussi, les stripes y étaient presque devenues le contraste du blanc, la couleur noire du blanc – une surface quasi solide rivalisant parfaitement avec les surfaces blanches.

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La scénographie, composée d’ilots blancs (parasols, matelas gonflables, ballons, etc.), reliés entre eux par le même type d’éléments cette fois-ci colorés, répondait à ce même principe.

Après le défilé, en pleine errance Internet, sautant de lien en lien, tel un tarzan agrippé à sa liane, je tombai sur la page de Simone Simon, qui crée des vêtements avec pour moto "stripe your life".

Choc de ces rayures qui se rencontrent par plans interposés. Elles permettent de redessiner la structure du corps, tendent et appuient certaines parties du corps, courbes effacées et pourtant mises en abîme, pour le "géométraliser".

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Marseille et ses rayures

Au bout de la ligne, de la bande : arrivée Marseille ! Parmi tant de choses à explorer là-bas, entre ciel, terre et mer : la Cité radieuse (Unité d’habitation achevée en 1952, conçue par l’architecte Le Corbusier), plus particulièrement son toit terrasse, conçu à l’origine comme un espace d’agrément extérieur pour les habitants de l’immeuble. Celui-ci est devenu en 2013, sous l’égide de son nouveau propriétaire le designer Ora Ito, le MaMo (Marseille Modulor), un centre (aérien) d’art contemporain.

Tout d’abord le contexte. La Cité radieuse culmine à 56m du sol ; la terrasse est un rectangle de 137m par 24m, en somme une place publique qui offre un point de vue à 360° sur tout Marseille, la mer, le vélodrome et l’arrière-pays. En ce moment, le MaMo accueille une installation de Daniel Buren ; en ce lieu, son art prend de l’ampleur, et le visiteur aussi.

La composition des éléments, un jeu de bandes, de miroirs et d’aplats de couleur primaires, tend à agrandir l’espace ; la perspective prend de l’envol. Le paysage se recompose et le toit-plan, jonché de ses éléments, permet aux limites physiques du béton qui le compose, de se dilater, de nous donner à voir un paysage bien plus étendu qu’il n’y paraissait.

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(Crédit Image : Anne-Sophie Pillet)

Vous pouvez encore foncer et profiter de l’exposition inédite, prolongée jusqu’au 31 octobre 2014.