Bientôt, toutes les îles seront autonomes en énergie grâce aux vagues

shares

Partir en vacances sur une île déserte, c’est pas mal, mais c’est galère pour se fournir en électricité. Il faut dire que tirer des câbles depuis le bout de terre d’à côté n’est pas tellement pratique. Heureusement, dans ce domaine les innovations ne manquent pas.

L’île d'El Hierro et sa centrale hydro-éolienne

Cette île des Canaries est la plus petite terre de l’archipel espagnol. Protégée du tourisme de masse, elle se bat depuis des années pour une énergie 100 % renouvelable et ainsi préserver son écrin de nature. Très vite, une combinaison unique d’éolien et d’hydraulique a fait surface pour qu’elle devienne autosuffisante.

Ce paradis des plongeurs et des randonneurs a inauguré sa centrale hydro-éolienne en 2014 – mais c’est le 15 février 2016 qui a surtout marqué les esprits, puisqu’il a été produit pendant plus de 24 heures toute l’électricité nécessaire aux 7 000 habitants !

Les cinq éoliennes plantées sur une colline, associées à deux bassins de rétention d’eau, équipés de turbines hydrauliques, ont déjà permis d’éviter le rejet d’environ 9 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Les insulaires peuvent enfin espérer se débarrasser de leur dépendance au diesel, apporté par bateau depuis l’île de Tenerife, à quelque 300 kilomètres de là.

Adieu le fioul, bienvenue le soleil

Au beau milieu de l’océan Pacifique, un petit bout de terre passionne les scientifiques du monde entier. C’est sur l’île de Ta’u, à plus de 6 000 kilomètres des côtes américaines, que les équipes de SolarCity et de Tesla ont œuvré pour permettre aux 600 habitants de délaisser le fioul et ainsi devenir autonomes en énergie, en développant le solaire.

Le projet, soutenu par les autorités locales et l’Agence américaine de protection de l’environnement, consiste en 5 238 panneaux solaires installés sur l’île, avec 60 Powerpacks. Ces batteries de Tesla permettent de stocker l’énergie générée et peuvent alimenter l’île durant trois jours en cas d’absence du soleil. Qui dit mieux ?

Et si, finalement, la solution c’était les vagues ?

La plateforme Octopusea sur site de l’Ifremer. (© GEPS Techno)

GEPS Techno a peut-être trouvé une solution encore plus fiable. Récompensée lors des Prix EDF Pulse 2017, dans la catégorie "Smart Business", cette entreprise française, lancée par d'anciens ingénieurs du chantier naval de Saint-Nazaire a mis au point une bouée capable de récupérer l'énergie des vagues. Une nouvelle révolution pour le monde des énergies renouvelables !

Avec 13 brevets déposés, GEPS Techno maîtrise son avance technologique : production et consommation synchronisées, moyen de stockage placé directement dans le flotteur... Et s’il n’y a pas de vagues ? Des panneaux solaires prennent le relais.

Le but ? Se débarrasser des générateurs diesel dont dépendent encore de nombreuses îles, mais aussi l'ensemble des plateformes d'exploitations off-shore ou les navires en mer.

"Le travail en mer représente 670 millions de tonnes de CO2 par an, explique le cofondateur de l’entreprise, Jean-Luc Longeroche. En plus, avec des zones littorales surchargées, de plus en plus d’activités s’exportent au milieu des mers et océans. Notre enjeu, c’est de leur fournir leur électricité, sans raccordement au réseau."

Pari réussi pour le premier prototype. Le second, de moyenne puissance, devrait se jeter à l’eau l’année prochaine et pourrait même, à terme, produire de l’électricité pour une île d’une soixantaine de personnes. Vous allez enfin pouvoir ramener vos appareils électroniques sur votre île déserte !