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Un voyage temporel aux Utopiales de Nantes, le festival de la science-fiction

On s’est rendus à Nantes du 1er au 6 novembre pour la 18e édition du festival international de science-fiction Les Utopiales. Au programme de ce vivier de pop culture : films, BD, jeux et littérature.

À la librairie, vous risquez de casser votre PEL. (© Benjamin Benoit)

Dans sa dix-huitième année, le festival international de science-fiction des Utopiales est majeur. Pour cette nouvelle édition, c’est le thème du temps qui était à l’honneur. Sous la bénédiction du président Roland Lehoucq, auteur et physicien de son état, les grosses légumes de la science-fiction internationales s’y sont croisées. Auteurs, scientifiques, prestataires, journalistes spécialisés et 90 000 festivaliers ont fait des allers-retours dans la Cité des congrès pendant cinq jours, pont de la Toussaint inclus.

Le temps, c’est justement ce qu’il manque pendant cette petite escapade. Libre à chacun d’y suivre l’une des compétitions annuelles – films, livres, bande dessinée – mais la compétition cinéma à elle seule vaut déjà le coup d’œil. Des films de genre, rares, un peu inégaux mais promettant des expériences inhabituelles, dont certains n’atteindront jamais les salles traditionnelles.

Conquête spatiale soviétique et scientific fiction

Primé à la fois par le jury et le public, Salyut-7, vendu comme le Gravity russe, est un petit tour de force. Il nous montre un pan historique de la conquête spatiale coté soviétique – pas les derniers en la matière – en suivant deux hommes dont la mission est de récupérer une station gelée en orbite. Malgré deux, trois séquences en 3D tout droit sorties d’une PlayStation 3, c’est en effet saisissant.

Notons aussi la mention spéciale attribuée Cold Skin de Xavier Gens (ex-Hitman, eh oui) et Le Démon de Laplace, un bon film de scientific fiction à l’ancienne et en noir et blanc, où des savants, au nom de la science et du positivisme, vont se retrouver enfermés dans un manoir… et vont tous se faire tuer par un gigantesque mécanisme qui prévoit tous leurs mouvements. Ça mime le vieillot, mais c’est frais en diable.

Avec un jour de compétition en plus, il y avait à boire et à manger pour tous, entre neuf films en sélection officielle, quatre projections spéciales et toute la rétrospective thématique, avec notamment Triangle de Christopher Smith, Mulholland Drive de David Lynch et La Traversée du temps, l’un des premiers films de Mamoru Hosoda que l’on vous recommande avec la force de mille cascades (et même en VF si vous voulez, elle n’est pas si mal).

L’affiche de cette année a été dessinée par Laurent Durieux. (© Benjamin Benoit)

Hommages et rétro à gogo

Quelques points bonus supplémentaire pour : le film Junk Head de Takehide Hori et son univers dégueulasse en pâte à modeler. Attraction, un film russe qui décrit une rencontre avec des extraterrestres qui nous ressemblent, parfois superbement réalisé, parfois kitschouille en diable, parfois donnant l’impression de pomper tout le monde. YOLO mes braves, ce film fait un peu tout et n’importe quoi. Les fans de pop culture japonaise en ont eu pour leur argent, entre la première adaptation en live action du manga Jojo’s Bizarre Adventure : Diamond Is Unbreakable, un peu mollassonne et loin de retranscrire la dinguerie de la bédé, et Genocidal Organ, un film d’animation qui nous a tous fait prendre un petit coup de vieux avec son rythme d’enfer et ses dialogues jean-claude-van-dammesques.

Sans oublier les quatre sessions de courts-métrages, et leurs spectres de science-fiction et d’humour absurdes. La vaste majorité d’entre eux sont des avant-premières et des projets qui ne seront jamais publiés sur Internet, mais vous pouvez par exemple regarder Black Holes et son subtil hommage à 2001, l’odyssée de l’espace.

Mais les Utopiales, ce n’est pas que du cinéma. Il y a aussi les autres compétitions, les rencontres avec les auteurs (excepté Michael Moorcock, qui, souffrant, a dû s’excuser) et de nombreux colloques questionnant le rôle de la fiction dans toutes ses formes (notamment sur les dystopies et les apocalypses : "Pourquoi le futur foire-t-il toujours ?") et bien d’autres joyeusetés. Et pour oublier ces considérations pessimistes, on pouvait toujours se ressourcer au pôle vidéoludique – où les nouveaux mécanismes de narration et de gameplay sont savamment étudiés – ou dans le coin jeu de rôle, toujours un peu planqué.

Homestuck, League of Legends, Fallout, créations originales… Les cosplayers n’ont pas manqué à l’appel. (Benjamin Benoit)

Le festival se conclut par un défilé de cosplay assez fameux. D’abord parce qu’on ne s’attend pas à en voir en plein congrès scientifique, ensuite parce que celui-ci a aussi pour particularité de ne pas présenter en majorité des univers issus de la pop culture japonaise. Seul le jeu Persona y était représenté au milieu des personnages de League Of Legends, Assassin’s Creed, Homestuck ou Zootopie. Un défilé plus déconnecté et décontracté que ce que l’on peut souvent voir dans le monde du cosplay et qui a fait s’arrêter, le temps d’une heure, tous les festivaliers.

Le Palmarès des Utopiales 2017

Littérature

Prix Utopiales : L’installation de la peur de Rui Zink, éditions Agullo

Prix Utopiales jeunesse : Le Jardin des épitaphes, T. I : Celui qui est resté debout de Taï-Marc Le Thanh, éditions Didier Jeunesse

Prix Julia-Verlanger : Voyageurs, L’espace d’un an (T. I) et Librations (T. II), de Becky Chambers, éditions L’Atalante

Prix Joël-Champetier (prix hébergé par Les Utopiales) : Feldrik Rivat pour sa nouvelle Le Contrat Antonov-201

Prix extraordinaire des Utopiales : Pierre Bordage

Meilleur jeu vidéo réalisé à la game jam : Canola Wars, développé par Rémi Gourrierec, Michel Belleperche, Raphaël Beuchot et Louis Godart

Cinéma, courts-métrages

Prix du jury : ex aequo : Hybrids de Florian Brauch, Matthieu Pujol, Kim Tailhades, Yohan Thireau, Romain Thirion et Metube 2 : August sings Carmina Burana de Daniel Moshel

Prix du jury Canal+ : The Last Schnitzel, d’Ismet Kurtulus

Prix du public : Einstein-Rosen, d’Olga Osorio

Cinéma, longs-métrages

Mention spéciale du jury : Cold Skin, de Xavier Gens

Grand Prix du jury : Salyut-7, de Dmytri Kiselev et Klim Shipenko

Prix du public : Salyut 7, de Dmytri Kiselev et Klim Shipenko

Bande dessinée

Prix Utopiales : La Terre des fils, de Gipi, éditions Futuropolis

Jeux vidéo

Meilleur scénario de jeu de rôle : La Main ouverte de Tristan Verot pour le jeu Delta Green dans l’univers de L’Appel de Cthulhu

Journaliste cybertech, cyberjeux, cybertrucs de niche. Dixième dan en culture pop jap.