Une arnaqueuse a extorqué des milliers de dollars en imitant des femmes puissantes d’Hollywood

Depuis plus d’un an, une femme extorque des milliers de dollars en imitant les voix de productrices d’Hollywood.

© Getty/Caiaimage/Robert Daly

Hier, Hollywood Reporter publiait un long papier sur la "Con Queen of Hollywood", soit "la Reine de l’arnaque d’Hollywood". Il s’agit d’une fraudeuse qui s’amuse, depuis plus d’un an, à emprunter les identités des femmes les plus puissantes du cinéma. Grâce à ce stratagème, elle aurait réussi à obtenir des centaines de milliers de dollars.

Par e-mail et en imitant les voix de productrices par téléphone, l’escroc parvenait à convaincre des artistes et free-lances d’investir de l’argent pour se rendre en Indonésie afin d’y travailler, en leur promettant qu’ils seraient remboursés par la suite. D’après l’enquête, elle aurait réussi à arnaquer des coiffeurs, des cascadeurs, des ex-militaires ou encore des photographes.

La démarche était toujours la même. L’arnaqueuse envoyait d’abord un e-mail à ses victimes en se faisant passer pour une productrice d’Hollywood. Au cours des échanges qui s’ensuivaient, elle flattait leur ego et fournissait des infos que seul quelqu’un dans le milieu pouvait connaître. Le planning était clair et le contrat qu’elle envoyait semblait correct.

Le fait que les victimes devaient prêter de l’argent pour couvrir les coûts de transport et de logement ne choquait pas. Ce type d’accord financier n’est pas inhabituel pour les free-lances dans les industries créatives. L’escroc insinuait que les sommes demandées (maximum 3 000 dollars, en général) n’étaient que de la petite monnaie pour une maison qui produit des blockbusters.

Des faits d'harcèlement sexuel

La femme derrière la combine a ainsi réussi à usurper l’identité d’Amy Pascal, ex-présidente de Sony Pictures, de Stacey Snider, patronne de la Fox et de Kaythleen Kennedy, à qui l’on doit notamment la production de tous les Steven Spielberg et donc E.T., la saga Retour vers le futur ou encore Indiana Jones et Jurassic Park.

Toujours d’après Hollywood Reporter, l’escroc n’aurait pas agi seule. Ce serait toute une organisation criminelle qui serait derrière ces fraudes. En effet, une fois que les victimes arrivaient en Indonésie, un homme en mobylette venait chercher l’argent. Évidemment, le remboursement promis par la productrice n’arrivait jamais.

Le plus hallucinant est le talent avec lequel le "génie diabolique", telle que l’une des victimes l’a décrite, se faisait passer pour les femmes puissantes d’Hollywood. Des fichiers audio d’appels datant de 2016 témoignent de sa capacité à imiter des accents. Dans l’un, elle fait un accent américain typique, à l’intonation plate et nasale. Dans un autre, elle imite un accent britannique parfait.

En plus de manipuler ses victimes en les intimidant, la fraudeuse les aurait harcelées sexuellement. Un ancien marine américain a expliqué que l’escroc lui a demandé d’enlever son T-shirt lors d’un appel vidéo où seule sa caméra fonctionnait. Elle aurait contacté d’autres ex-militaires, sous prétexte de former une équipe de sécurité, qu’elle aurait poussés à pratiquer du sexe virtuel via Skype.

Le FBI a refusé de s’occuper de l’affaire, les sommes d’argent extorquées à chaque victime n’étant pas suffisamment importantes. K2 Intelligence, une société qui fournit des services de renseignement, a lancé une investigation sur la fraude à la demande de trois productrices concernées. Alors que des détails de l’affaire commencent à émerger, cette histoire s’apparente d’avantage à la trame d’un thriller palpitant.