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Un an après, Pokémon Go est toujours dans le game

Pour beaucoup d’entre nous, le phénomène Pokémon Go n’aura été qu’une mode d’un mois. Mais le jeu de Niantic est encore important pour un grand nombre de joueurs. Bien que raté, le premier événement consacré au jeu, organisé à Chicago en juillet, nous en a donné la preuve.

Marcher dans les rues du centre-ville de Chicago il y a quelques jours avait un arrière-goût de nostalgie, celle de l’été dernier quand tout le monde avait les yeux rivés sur son portable pour chasser des créatures virtuelles. Aux alentours de Grant Park, vers la jetée ou près de la Willis Tower, beaucoup d’Américains arborent des T-shirts de fans et gardent leur mobile en main afin de ne rater aucune créature. Difficile de ne pas se souvenir de ces quelques semaines où, en France comme dans le monde entier, tout le monde jouait à Pokémon Go. Ici, le temps semble s’être arrêté.

Si les joueurs américains semblent plus nombreux, c’est surtout que, ces 20 et 21 juillet, se déroulait à Chi-Town le premier Pokémon Go Festival. Un évènement accueillant près de 20 000 fans sur le qui-vive pour dénicher du Pokémon rare, avoir accès à un tas d’activités et surtout attraper la première bestiole légendaire du jeu avant que le reste du monde y ait accès, en l’occurrence Lugia.

Ce premier Pokémon Go Festival s’annonçait donc comme un événement énorme destiné à relancer un peu une machine ayant gravement ralenti après trois-quatre mois d’euphorie, mais aussi à remercier les millions de joueurs et les fidèles qui avaient fait le déplacement. Sauf que, comme vous l’avez probablement vu passer sur votre fil d’actualité, le Pokémon Go Festival ne s’est pas franchement déroulé comme prévu.

Réseau saturé en moins de deux heures – empêchant même l’ouverture de l’application et la faisant planter en moins de temps qu’il n’en faut pour que la barre de chargement soit complète –, des passionnés dans la quasi-impossibilité de jouer, une ambiance plus que joviale tournant à l’énervement, un PDG hué lors de son intervention sur scène : non, tout n’a pas été rose, bien loin de là. À tel point que Niantic a dû promettre de rembourser les tickets d’entrée (20 dollars), d’offrir le légendaire en question et l’équivalent de 100 dollars de pokécoins (la monnaie du jeu) à tous les participants – ce qui a fait plus d’un heureux, au vu des applaudissements lors de cette annonce.

Malgré le fiasco, les fans restent fidèles au poste

Si le festival n’a pas été le succès escompté par la compagnie californienne, Pokémon Go est néanmoins encore bien vivant. Il fallait voir l’euphorie sur place pour se rendre compte que la fan base est encore extrêmement solide. À côté des fans hardcore (nous avons même rencontré un homme avec plus de 100 000 Pokémon attrapés au compteur, rien que ça), d’autres joueurs plus "modestes" prenaient aussi leur mal en patience. Enfin, pour rester près de 8 heures en plein cagnard dans l’espoir de choper quelques Pokémon rares, quand on sait qu’on va se faire rembourser ses 20 dollars, il faut franchement en vouloir.

Surtout, il fallait voir la foule en elle-même. Comme vous pouvez le voir dans notre Talk Talk Talk, celle-ci était en grande partie constituée de cosplayers et si l’on y trouvait un peu de tout, il y avait de manière assez surprenante pas mal de gens âgés entre 40 et 60 ans, comme ce cher monsieur à la chemise Carapuce. Un fan inconditionnel qui joue depuis que sa boîte l’a licencié, l’envoyant contre son gré à la retraite anticipée de manière forcée, et qui a perdu près de 50 kilos en chassant du Pokémon, seul réconfort qu’il a trouvé pour faire face au désarroi de sa situation. Lui prenait tout cela avec pas mal de philosophie :

"Il faut être un peu bête pour ne pas savoir que l’on est des testeurs, qu’il s’agit d’une version bêta de ce genre d’événement. Évidemment que le jeu allait saturer, il fallait s’y attendre non ? […] Je n’ai jamais arrêté de jouer, et je sais que ce n’est que le début. Il faut juste s’armer de patience."

Un avis partagé par pas mal d’autres personnes sur place, qui patientaient plus ou moins gentiment. Les autres n’étaient pas qu’en colère, certaines étaient tout simplement tristes, comme cet homme qui s’écria la voix tremblante, tandis que le PDG se pointait sur scène : "C’est pour ça que votre fan base meurt !"

Pour nombre d’entre eux, peu importe que la "hype" soit passée. Eux jouent et continueront à jouer, malgré l’événement. Nous avons entendu à plusieurs reprises l’argument selon lequel la principale erreur de Niantic était d’avoir sorti le jeu un an trop tôt, et qu’il était désormais vraiment complet, ou presque. Pour beaucoup si Pokémon Go était sorti il y a un an dans cette version, il n’aurait pas connu un tel décrochage.

Au fond, qu’importe. Si le jeu ne suscite plus l’engouement des débuts, il conserve des millions de fidèles pas encore près de décrocher (65 millions de joueurs actifs par mois malgré tout), et le "fiasco" de Chicago n’y changera pas grand-chose. Depuis, plusieurs Pokémon légendaires ont été lâchés et les fans ont l’air d’avoir apprécié. Il suffit de se balader dans un parc parisien pour voir affluer les joueurs par dizaines quand un raid s’affiche. Reste à voir si ces problèmes se reproduisent à l’avenir ou si la firme californienne apprendra de ses erreurs. Réponse le 16 septembre avec le safari prévu à Paris, équivalent du festival de Chicago.