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Nora Hamzawi : "Rien ne me déprime plus que l’absence de second degré"

Rencontre avec l’humoriste Nora Hamzawi, qui nous dit tout sur son amour pour la BD et ses multiples projets, de la scène au cinéma.

Nora Hamzawi, une meuf cool (Crédits : Sylvain Norget)

Nora Hamzawi, humoriste, autrice, chroniqueuse, meuf cool. (© Sylvain Norget)

Si je dis "Nora Hamzawi", il y a de fortes chances que vous pensiez "humoriste". Pourtant, c’est avant tout une jeune femme très occupée entre ses rôles de chroniqueuse (télé, radio, écrit), comédienne, autrice et actrice. Comme si le temps n’était pas un problème, on l’a également découverte membre du jury de l’édition 2017 du plus illustre des rassemblements BD, le festival d’Angoulême. C’était l’occasion rêvée de la rencontrer pour qu’elle nous conseille ses ouvrages favoris, qu’il s’agisse de grands classiques ou de petites pépites récentes. Elle évoque ainsi son rapport au neuvième art, qui n’est pas sans lui rappeler l’exercice d’écriture de sketchs. Mais elle en profite aussi pour nous donner un aperçu de ses projets d’avenir : d’abord du cinéma avec son frère, mais surtout de la scène, de la scène, encore de la scène, puisque le théâtre est pour elle ce qu’il y a "de plus beau et de plus satisfaisant".

Mais puisqu’elle signe également un livre intitulé 30 ans (10 ans de thérapie), on n’a pas pu s’empêcher de recueillir ses sentiments sur cet étrange cap qu’est l’âge adulte, son rapport à l’actualité, ses goûts en matière de cinéma, ses complexes intellectuels, son obsession pour les affres du quotidien et son rôle de jeune maman.

Ah oui, on a parlé de sodomie aussi.

Konbini | Cette année, vous avez été membre du jury du Festival international de bande dessinée d’Angoulême (FIBD). Or, on ne peut pas dire que travaillez dans la BD… comment ça se fait ?

Nora Hamzawi | C’est très bizarre, hein ? Je ne suis pas vraiment pointue en BD, même si j’en lis pas mal. Les gens du festival cherchaient des profils très différents, alors ce sont eux qui sont venus me chercher par le biais de France Inter. C’était très intéressant comme expérience. Sauf que j’avais parfois un coup de cœur pour un titre et on me répondait : "Ah ben oui, mais lui, il a déjà été récompensé plein de fois !" Okay, mais moi si je trouve ça super, je m’en fous. On ne va pas pénaliser quelqu’un parce qu’il est trop bon, non ?

Comment ça s’est passé entre vous et ce jury composé de nombreux professionnels "du milieu" ?

Ils ont été super ! D’ailleurs ils se sont un peu moqués de mes propres réserves : lors d’une intervention que je faisais à la remise des prix, j’ai pris la parole pour confier que j’étais un peu intimidée et que j’avais l’impression d’être la nana aux goûts les plus populaires. Mais non, ils m’ont rassurée : d’après eux mes goûts sont un peu plus "indés" que ce que je pensais… Même si je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire… [Rires.]

Sur quelles BD avez-vous flashé ?

Plein ! Mais bon, il a bien fallu choisir et on était à peu près tous d’accord sur le palmarès final. Il y a tout de même deux ou trois bouquins que j’ai beaucoup, beaucoup aimés : d’abord Histoires croûtes d’Antoine Marchalot. On était beaucoup à le trouver super, ça s’est joué à peu de chose… Mon autre coup de cœur c’était Tulipe de Sophie Guerrive. Oh, et j’ai beaucoup aimé Martha & Alan d’Emmanuel Guibert.

Malgré tout, je trouve ça un peu compliqué de hiérarchiser en BD : qui est bon, qui est moins bon, qui est meilleur… Ça m’a fait penser aux scènes ouvertes en humour, où à un moment donné il faut comparer des gens, où on est noté…

Quelque chose que vous connaissez bien, n’est-ce pas ? [en mars 2012, sur le plateau d’On n’demande qu’à en rire, le très classe Jean Benguigui dit d’elle : "Elle ne sait pas bouger, elle ne sait pas jouer, elle ne sait même pas porter une robe !"] D’ailleurs ça n’a pas toujours été facile pour vous, non ? 

Ça ne m’a pas du tout donné envie d’arrêter. Faire ce genre de métier nécessite beaucoup d’endurance. Quand on sent que malgré les critiques, la question d’arrêter ne se pose même pas, ça permet d’être encore plus déterminée. Avant je me sentais plus molle, je me disais même "si ça ne marche pas, tant pis"… et en fait lorsque je me suis pris ça dans la gueule, j’ai compris que j’avais vraiment envie de continuer. Tout à coup, ce jour où on me disait que j’étais une merde était arrivé et il n’était plus question que je fasse autre chose dans la vie. Pourtant, au départ, j’ai pu penser que vouloir être comédienne, c’était un caprice…

Vous avez fait des études plutôt classiques, avant de vous lancer dans la comédie ?

Oui j’ai fait un IUT, puis le Celsa…

Vous ne vous destiniez pas à des métiers très rigolos, en somme…

Eh bien, à l’oral du Celsa, quand on m’a demandé ce que je voulais faire dans la vie j’ai répondu "comédienne" à un membre du jury. D’abord il m’a incendiée, puis je l’ai convaincu avec un discours assez réaliste, puisque je savais que ce serait difficile, qu’il faudrait bien évidemment pouvoir payer un loyer, gagner sa vie, travailler… Ensuite, j’ai fait des stages dans des agences de pub. Moi qui pensais que c’était un genre de métier plutôt créatif, je me suis rendu compte au contraire que la part de créativité est très mince. Je ne regrette pas.

"J’ai eu pendant longtemps ce complexe à la littérature – alors même que j’ai fait des études littéraires. La peur de ne pas comprendre. Je pense que la BD m’a aidé à y reprendre goût"

Bon et avant la pub, qu’est-ce que vous lisiez comme BD, petite ?

Je lisais Bécassine. Mon frère m’offrait des Tintin mais je ne les lisais pas trop… Pour être honnête, j’ai lu assez tard. J’ai eu pendant longtemps ce complexe à la littérature – alors même que j’ai fait des études littéraires. La peur de ne pas comprendre. Je pense que la BD m’a aidée à y reprendre goût, ainsi que tout ce qui peut empêcher l’abstraction totale, d’ailleurs : la BD, mais aussi le théâtre, la poésie… On m’a bien conseillé de lire des romans "un peu plus descriptifs", mais bon [rires].

La BD, je m’y suis remise grâce à Jirô Taniguchi, avec son ouvrage Le Gourmet solitaire. Ensuite j’ai découvert Margaux Motin, Pénélope Bagieu, l’univers du blog BD. Je n’ai approfondi ma connaissance du boulot de Pénélope Bagieu qu’il y a deux mois avec Culottées, un bouquin que que j’ai trouvé super. J’ai reçu le tome 2 la semaine dernière.

À lire -> La place des femmes dans la BD : pour en finir avec le syndrome de la Schtroumpfette

À une époque, j’avais le sentiment qu’au moment de parler de la place des femmes dans n’importe quel domaine artistique, revenait toujours ce même adjectif : "girly". En fait, à partir du moment où c’est incarné par une femme, oui, il y a sans doute quelque chose de féminin… mais "girly" c’est quand même péjoratif.

D’ailleurs, on ne dit pas "BD manly"…

Oui, c’est ça ! En plus, Culottées, c’est des portraits de femmes fortes et c’est super. Récemment j’ai également adoré Allie Brosh. Elle a fait un livre nommé Hyperbole, où elle traite de ses névroses, de dépression, mais avec des dessins très drôles. Ensuite j’ai un peu approfondi ce thème et j’ai lu Éloge de la névrose, puis une autre BD sur une nana bipolaire qui raconte ses rendez-vous chez le psychiatre. Ce sont effectivement des sujets un peu lourds, mais grâce à ces ouvrages, ça permet de dédramatiser. Jusqu’au moment où la BD m’a pas mal fait penser à l’écriture de sketchs, ou de spectacle. J’ai retrouvé une similarité dans la narration qui m’attirait.

Récemment, vous incarniez la patronne du papa de Boule dans Boule et Bill 2 au cinéma, et au cours du film vous lui demandez de faire "une BD bien triste". Vous aimez la BD triste, Nora ?

J’en ai lu quelques-unes qui m’ont beaucoup fait pleurer… J’aime bien parce que ça me touche, mais en même temps je n’ai pas vraiment envie de me rendre triste. Donc j’évite assez, même s’il peut y avoir beaucoup de BD tristes qui sont également poétiques et même drôles. Quand j’étais enceinte, je cherchais beaucoup d’ouvrages sur la grossesse et finalement je trouvais peu de choses qui faisaient écho à ma propre expérience. J’avais l’impression de vivre un truc hyper-intense et très loin de ce qu’on m’avait raconté, alors je me suis dit que des gens devaient bien en parler quelque part…

J’ai trouvé L’arme fœtale, qui m’a bien plu. Puis je me souviens d’avoir demandé à un libraire quelque chose d’intense et différent, il m’a conseillé le livre Ce n’est pas toi que j’attendais. C’est l’histoire de la naissance d’un enfant trisomique – c’est sublime –, mais je me suis dit que j’attendrais d’accoucher pour le lire. C’est comme regarder le film Polisse enceinte… Je cherche plutôt le rire, en ce moment.

Quand est-ce qu’on vous verra davantage sur grand écran ?

J’ai justement un projet en ce moment : mon frère [Amro Hamzawi, ndlr], qui a écrit le film 20 ans d’écart, va réaliser son premier film et j’y occuperai un rôle important, donc j’ai un peu la pression mais je suis impatiente aussi. Le tournage aura lieu à la rentrée, cet automne. En fait, pour être franche, j’avais de grands désirs de cinéma étant plus jeune, or je n’en ai peut-être plus autant envie. J’ai débuté comme comédienne mais je me suis rendu compte que j’aime aussi beaucoup écrire, et puis mon personnage existe déjà sur scène… Je trouve ça très dur de différencier le jeu de l’écriture : je me demande même si je sais bien lire un scénario parce que je retrouve souvent mon personnage que je joue sur scène dans les scénarios que je reçois – et ce n’est pas ce que j’ai envie de faire. Ou alors on m’envoie des choses que je ne trouve pas très modernes du point de vue des rôles de femmes. Peut-être est-ce une déformation d’auteur, en fait…

Avec qui vous aimeriez travailler au cinéma ?

Riad Sattouf, Noémie Lvovsky, j’aime aussi beaucoup Valérie Donzelli… On verra ce que réserve l’avenir mais on peut tout à fait avoir des désirs qui ne correspondent pas à l’image qu’on renvoie aux gens. Je me trompe peut-être, mais je trouve ces univers cloisonnés, comme s’il existait une sphère populaire et une sphère indépendante… Les gens dont je parle sont auteurs, ils émanent d’un cinéma qu’on peut catégoriser comme assez indépendant, là où on considérerait a contrario que je fais de l’humour populaire. J’ai parfois l’impression qu’il me sera difficile d’avoir accès à ces gens avec qui j’aimerais travailler.

(Crédits : Matthieu Dorthomb)

(© Matthieu Dorthomb)

Est-ce que vous êtes inquiète de vous enfermer dans ce rôle que vous avez construit depuis quelques années ?

Non, parce que je veux bien que le personnage évolue. La réelle crainte, c’est que j’ai envie de comédie française alors que les comédies françaises ne me font vraiment pas toutes rêver. J’aurais adoré être comédienne à l’époque des films de Bacri et Jaoui. Je trouve que ça manque un peu parce que, d’après moi, c’est plus écrit, il y a une vraie place pour le scénario, on ne cherche pas le gag à tout prix… Ce n’est pas parce qu’on est dans une comédie que les personnages ne peuvent pas être hyperécrits et hyperdenses. Au contraire. Et parfois je trouve qu’aujourd’hui les comédies françaises offrent des choses un peu plus… légères – ce qui n’empêche pas que je suis la première à pouvoir passer un dimanche soir devant ma télé à mater une comédie facile : je suis fan des films de Judd Apatow, de plein de comédies américaines très chouettes avec Jennifer Aniston, donc j’ai envie de ça aussi.

Tout récemment, vous avez sorti le livre 30 ans (10 ans de thérapie). Pouvez-vous le présenter ?

Il y a de la matière existante, comme quelques chroniques de France Inter ou de Grazia, mais tout a ensuite été réécrit. Il y a également des textes inédits et les très chouettes illustrations d’Anna Wanda Gogusey, en plus. Mais le fil rouge entre tout ça, c’est la difficulté d’être adulte, que je n’aborde pas forcément du côté "responsabilité" de l’âge adulte, mais plutôt de celui de la difficulté à se débarrasser de ce qu’on voulait être quand on était enfant.

Dans le fond de mon spectacle, il y a également ce questionnement, en gros : "comment être quelqu’un de bien ?" ou bien "comment être la personne que je rêvais d’être étant enfant ?", "comment être cool ?"… Ce livre c’est l’histoire d’une fille qui cherche sa place dans plein de situations quotidiennes. Elle pense aussi qu’il y a une norme et qu’elle sera toujours en décalage. Elle finit par se rendre compte que grandir, c’est aussi comprendre qu’on ne change pas fondamentalement, qu’elle ne pourra pas devenir une autre personne, ni une héroïne.

"La scène reste ce qu’il y a pour moi de plus beau et de plus satisfaisant : quand on écrit un spectacle, le retour est immédiat et clair"

C’est quoi "avoir 30 ans" aujourd’hui ? Les sites d’info fourmillent d’articles sur les digital natives, plus jeunes ; et par ailleurs à cet âge-là on n’est pas encore tout à fait des vieux cons… Est-ce qu’à trente ans aujourd’hui, on ne se situe pas dans une zone un peu floue ?

C’est ça, on est dans un entre-deux générationnel… Bon, on ne va pas se mentir, on est quand même de plus en plus largués, je le vois avec la vitesse de l’information. Je pense qu’on n’a pas été éduqués avec ça fondamentalement et qu’on est un peu submergés par le rythme. On est tous un peu à deux doigts du burn-out là où je pense que les trentenaires dans dix ans seront bien plus habitués à tout ça. Quand on pense à notre adolescence, on comprend qu’on a vécu une vraie transformation technologique.

Nicole Ferroni, Guillaume Meurice, Sophia Aram, Daniel Morin… Vos collègues abordent tous l’actualité et la politique. Pourquoi pas vous ?

Vous vous demandez comment ça se fait qu’ils ne m’aient pas virée ? [Rires.] C’est juste que ça ne m’intéresse pas. Ou alors dans la sphère privée, mais pour écrire ça ne m’inspire pas du tout. Ce qui m’inspire est souvent basé sur l’autodérision, parce que je suis assez égocentrique. D’abord j’invente la plupart des situations que je raconte, mais en plus j’ai besoin de digérer un sujet pour écrire dessus, donc l’immédiateté ça ne marche pas du tout pour moi. Quand j’étais enceinte, je n’aurais pas pu écrire un spectacle sur la grossesse. Jeune maman, je me braquais dès qu’on parlait de mon enfant, je n’avais aucun second degré ! C’est pour ça que l’actu, je n’y arrive pas : je n’ai pas de recul. Et une fois de plus, je suis un peu inquiète pour notre monde aussi.

La scène reste ce qu’il y a pour moi de plus beau et de plus satisfaisant : quand on écrit un spectacle, le retour est immédiat et clair, il n’y a pas mille interprétations aux réactions du public : c’est un spectacle d’humour, pas une conférence TED, s’ils n’ont pas ri, c’est raté !

Parlons de votre spectacle, et plus particulièrement d’un de vos premiers sketchs, qui aborde d’une manière assez cash… la sodomie. C’est pas un peu chaud pour attaquer un spectacle ?

Il est vrai que c’est difficile d’aborder les gens sur une sodomie. Mais une fois ce moment passé, ça y est, c’est relâché, les gens sont détendus. Ça pourrait être très lourd mais je ne pense pas justement parce que pendant 10 minutes on comprend que je ne suis pas super à l’aise. Mais c’est également dans la nature du personnage de savoir ce qu’on peut dire, ou pas, et quand on peut le dire, ou pas. Ce n’est pas non plus un "effet", d’ailleurs quand c’est le moment, je suis souvent désolée de le dire… Et en fait là où ça marche le mieux, c’est quand il y a des enfants : plus je suis mal à l’aise et plus ça marche.

Vous faites des vannes sur les filles névrosées et pas sûres d’elles, sur les garçons qui ne se douchent pas et qui boivent des bières en silence entre eux… Est-ce que ce ne sont pas des sujets un peu classiques, tout de même ?

Oh si, si, complètement. C’est sûr que de la manière dont vous le dites, ça sonne plus "cliché" que "classique", mais je pars du principe que pour que l’écriture soit juste tout du long du spectacle, il faut que je parte du point de vue de mon personnage. Et comme mon personnage est lui-même excessif et névrosé… Elle parle des filles névrosées, mais pour parler d’elle-même : pas bien dans sa peau, besoin d’un contrôle sur tout, plus elle essaye, plus elle rate… Du point de vue du personnage, il n’y a pas de demi-mesure, elle est totalement dans l’excès.

L’autre fois, à la fin du spectacle, un type m’a dit : "Nan c’est pas vrai, parfois on se lave." En fait, je crois que rien ne me déprime plus que l’absence de second degré. Il a bien fallu que je lui précise qu’évidemment, je grossis le trait. Le point de vue d’une femme sur les hommes peut varier en fonction de son humeur, de ses hormones, de son taux d’alcool dans le corps, de là où elle en est dans sa vie… Tellement de choses influent là-dessus. Quelqu’un qui travaille au théâtre du Point-Virgule m’a fait réfléchir à ça quand il m’a demandé : "Dans quel état es-tu quand tu es sur scène ? Pourquoi tu parles si vite par exemple ?", et je lui disais "ben j’ai peur que les gens se barrent". C’est là où je me suis rendu compte qu’elle était vraiment parano et névrosée : elle a peur que les gens se barrent, ou ne rigolent pas. C’est aussi à cause de moi : je ne leur laisse pas le temps de rire. Ce personnage, pour moi, c’est mon état quand je suis dans un syndrome prémenstruel et que je suis de mauvaise foi, énervée… Pour moi, les stand-up doivent donner l’impression que l’on parle de soi, et donc de choses quotidiennes.

Et alors, la suite ?

Il y a déjà le spectacle jusqu’au 1er juillet au théâtre Le République [à Paris, ndlr], et le film de mon frère, ce très gros projet. Puis j’écris le prochain spectacle, qui sera prêt, j’espère, pour septembre 2018.

Vous pouvez nous en dire un peu plus sur ce nouveau spectacle ?

Alors, je ne parle quand même pratiquement que de moi, comme d’habitude, mais j’ai "grandi" et j’aurai également d’autres choses à raconter, ou alors autrement.

Le fait que vous soyez devenue maman, par exemple ?

Ça sera peut-être présent mais très peu, parce que quand les gens me parlent de leur enfant, ça ne m’intéresse pas, donc je ne vois pas pourquoi ça intéresserait le public. C’est un problème quand on commence à avoir beaucoup d’amis avec des enfants. Parce qu’en vrai, les enfants de mes amis, c’est des gens que je ne connais pas et qui ne parlent pas bien, donc ça n’en fait pas des gens très intéressants. Mon fils me passionne mais je n’estime en rien qu’il peut passionner tout le monde.

C’est un peu la suite de l’autre spectacle, avec beaucoup de perception de soi et de difficulté à se positionner par rapport aux autres quand on est adulte. Dans le premier spectacle, j’abordais des sujets hérités d’une vie post-étudiante : son but c’était d’être bonne, de choper un peu, de picoler… Là, par exemple, elle commence à avoir davantage de complexes intellectuels… Ce sont sans doute des étapes normales dans la vie, où on a renoncé à être bonne alors on se dit qu’on peut travailler sur d’autres choses. C’est un peu flou parce que je suis encore en phase d’écriture.

Pour être honnête, j’en suis à la deuxième page.

Affreux vilain metalhead incurable, aussi rédac' chef du webzine Hear Me Lucifer.