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Repose en paix, Johnny Hallyday

Le plus célèbre des rockeurs français nous a quittés.

La France et le rock sont en deuil. Jean-Philippe Smet, que l’on connaissait tous sous le nom de Johnny Hallyday, est mort dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 décembre 2017. À 74 ans, il était atteint d’un cancer des poumons depuis moins d’un an, et avait été hospitalisé dans la nuit du 12 au 13 novembre dernier à la clinique Bizet, dans le 16e arrondissement de Paris, pour détresse respiratoire. Il avait ensuite regagné son domicile de Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) où il s’est éteint cette nuit. C’est son épouse Laeticia qui a annoncé la triste nouvelle à l’AFP dans un sobre communiqué :

"J’écris ces mots sans y croire. Et pourtant, c’est bien cela. Mon homme n’est plus.

Il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie, avec courage et dignité. Jusqu’au dernier instant, il a tenu tête à cette maladie qui le rongeait depuis des mois, nous donnant à tous des leçons de vie extraordinaires. Le cœur battant si fort dans un corps de rockeur qui aura vécu toute une vie sans concession pour la scène, pour son public, pour ceux qui l’adulent et ceux qui l’aiment."

Ce monstre infatigable de la musique française, qui a marqué de manière indélébile le rock, avait enchaîné les concerts cette année dans le cadre de sa tournée avec Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, et ce malgré la maladie. Il avait par ailleurs annoncé de nouveaux concerts pour l’année 2018. Un album hommage est sorti vendredi 17 novembre, sur lequel une quinzaine d’artistes – de Florent Pagny à Garou, en passant par Louane, Kendji Girac et une flopée d’autres – reprennent ses plus grands tubes.

Johnny Hallyday en concert à Bruxelles, le 26 juin 1993. (© Gie Knaeps/Getty Images)

Le Elvis Presley français

Né le 15 juin 1943 à Paris, Jean-Philippe Smet découvre le rock’n’roll à l’âge de 14 ans et décide de suivre cette voie très jeune, alors que cette musique n’a pas très bonne presse. C’est à cette période, avant sa majorité, qu’il rencontre notamment Jacques Dutronc et Eddy Mitchell. Il sort son premier album sous le nom de Johnny Hallyday le 14 mars 1960, à une époque où le rock français est encore balbutiant. Il en deviendra, en très peu de temps, la première grande vedette et ce malgré le snobisme de la plupart des médias pour ce nouveau genre musical.

Les chiffres de sa carrière sont impressionnants : cinquante-sept ans après son premier disque, il a sorti 50 albums studio et 29 albums live, enregistré plus de 1 000 morceaux, vendu plus de 110 millions de disques, tourné 150 clips, reçu une légion d’honneur, 40 disques d’or, 22 disques de platines, 10 Victoires de la musique, et il est monté sur scène pour un nombre de concerts incalculables. Mais au-delà des chiffres astronomiques, il est surtout devenu une icône de la musique française, probablement son artiste le plus célèbre et adulé.

En dehors de la chanson, Johnny Hallyday s’est aussi illustré au cinéma, où il a décroché près de 25 rôles, dont le premier en 1962 devant la caméra de Marc Allégret pour le sketch "Sophie" dans Les Parisiennes. Il a ensuite tourné avec Claude Lelouch, Jean-Luc Godard, Costa-Gavras et plein d’autres.

C’est à partir de la fin des années 1990 que le rockeur a fait le plus d’apparitions sur grand écran. On pense notamment au très méta Jean-Philippe, sorti en 2006, où un hilarant Fabrice Luchini, fan hardcore du chanteur, se réveille dans un monde parallèle dans lequel Jean-Philippe Smet n’est jamais devenu Johnny.

C’est vrai qu’un monde sans Johnny reste difficile à imaginer. En 1985, il chantait avec émotion qu’on avait tous "quelque chose en nous de Tennessee". Désormais, nous avons et aurons toujours quelque chose en nous de Johnny.