En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

Docu : Mark Landis, profession faussaire d'art hors pair

Mark Landis est probablement l'un des plus grands faussaires de l'art que la Terre ait jamais portés. Un documentaire se propose de suivre l'homme et d'expliquer le phénomène. Financé sur Kickstarter, il se dévoile peu à peu et s'intitule Art and Craft.

Mark Landis, son oeuvre - Capture d'écran de la bande-annonce

Mark Landis, son oeuvre – Capture d'écran de la bande-annonce

Mark Landis est devenu faussaire d'art non pas par goût mais plutôt par passion, ou par névrose.

Diagnostiqué schizophrène depuis son plus jeune âge, étudiant en art obsédé par la reproduction, puis artiste reconnu et vendu par des institutions spécialisées, le natif de Laurel dans le Mississippi a consacré une grande partie de sa vie à reproduire des toiles de maîtres puis à les offrir à des musées dupes.

Impuni et inconnu pendant de nombreuses années, c'est en 2007 que le faussaire est démasqué suite à une donation au musée d'art d'Oklahoma City.

Vrai faux Henri Matisse - Crédit Image Mark Landis

Vrai faux Henri Matisse – Crédit Image Mark Landis

Son conservateur, Matthew Leininger, découvre alors le pot aux roses et constate l'ampleur du filon. Il remarque également que les peintures de Landis ont irrigué le monde de l'art jusqu'à pénétrer des institutions respectées comme le Smithsonian de Washington ou le musée des Beaux-Arts de San Francisco.

"Attrape moi si tu peux"

Pourtant, la carrière de faussaire de Landis ne s'interrompt pas après ce premier coup de semonce. En 2010, c'est habillé en prêtre et sous le nom d'Arthur Scott (l'usurpation d'identité est une de ses habitudes) qu'il offre un tableau du peintre impressionniste Charles Courtney Curran au Paul and Lulu Hilliard University Art Museum à Lafayette en Louisiane.

Son conservateur, Mark Tullos, s'empresse de le faire expertiser, constate la forfaiture et médiatise l'histoire. La presse s'en mêle, tout comme les autorités même si à l'époque tous semblent plutôt pencher du côté de l'empathie (le mec, son histoire, et ses talents sont plutôt fascinants) que de la volonté de "pénaliser" l'affaire. Et puis sur le fond, l'homme ne fait qu'exploiter les failles du marché de l'art, et n'a commis aucune entorse à la loi.

Matthew Leininger - Capture d'écran de la bande-annonce

Matthew Leininger – Capture d'écran de la bande-annonce

Depuis, la vie de Mark Landis suit son cours, la célébrité en plus.

Le monde reconnaît en lui un faussaire hors pair, il a une page Wikipédia plutôt fournie, et une exposition lui a été consacrée à Cincinnati  en 2012 à l'initiative de celui qui a sonné la charge le premier : Matthew Leininger. Plutôt beau joueur.

Il est de fait devenu une sorte de parabole vivante, une personnification des contradictions du monde de l'art, l'incarnation même de la fine frontière entre "vrai" et "faux". Et alors que son visage doux, et sa puissante candeur s'affichent en Une des magazines, deux réalisateurs finissent par s'intéresser au phénomène. Pour lui offrir une documentation définitive.

Art and Craft : portrait officiel du faussaire Mark Landis

Soutenus par le festival de Tribeca, c'est en 2011 que Sam Cullman et Jen Grausman se lancent sur la piste du mystérieux caméléon du monde de l'art.

De sa prime célébrité, jusqu'à sa première exposition, Art and Craftdocumentaire fruit de leur investigation, semble plus tenir du portrait en forme de jeu de piste, que de la chronique policière ou de la célébration niaise de son "oeuvre". Une première bande-annonce, dévoilée il y a peu, ainsi que les déclarations des réalisateurs nous confortent dans cette idée. Art and Craft c'est bien sûr l'histoire de Mark Landis mais aussi une réflexion plus large sur le monde de l'art, le vrai, le faux.

Financé grâce à Kickstarter, le film est bouclé et n'attend plus qu'une diffusion à grande échelle, notamment en Europe. Puisque pour l'instant, c'est aux États-Unis qu'il faut se rendre pour découvrir ce documentaire plébiscité par la presse, à commencer par le New York Times.

Culture urbaine et Musique actuelle.