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Ce qui se passe à Cannes ne restera pas à Cannes. Au coeur de la Sélection Officielle et de la Quinzaine des Réalisateurs avec Konbini.

Diane Kruger trouve son plus grand rôle dans In the Fade

En 2007, elle était maîtresse de cérémonie à Cannes. Cinq ans plus tard, elle faisait partie du jury présidé par Nanni Moretti. Cette année, Diane Kruger pourrait bien repartir de la Croisette avec un prix d’interprétation pour sa prestation dans In The Fade, de Fatih Akin.

À 40 ans, Diane Kruger est au zénith de son talent. C’est en tout cas l’impression qui se dégage au sortir de la projection d’In the Fade, la nouvelle réalisation de Fatih Akin, en lice pour la Palme d’or. La comédienne y tourne pour l’occasion dans sa langue maternelle, l’allemand, prêtant ses traits à Katja, une jeune hambourgeoise dont l’époux, d’origine kurde, et le fils âgé de 6 ans, sont victimes d’un attentat à la bombe. Pour l’intéressée, le défi était de taille : porter, en trois grands actes, le cheminement vengeur de l’héroïne. Un défi qu’elle a su relever de bout en bout, avec une abnégation masquant les quelques faiblesses scénaristiques du projet.

Un contre-emploi total

Il est toujours très agréable d’avoir le sentiment précieux de redécouvrir une actrice, de la voir renaître le temps d’une prise de risque. Diane Kruger ose donc, rappelant ici, dans ce rôle de mère courage frappée par le deuil, le rôle de Veerle Baetens dans Alabama Monroe. Elle en partage en tout cas la blondeur, le look grunge, les tatouages et cet entrelacs de force et de faille intérieures. Il ne faut pas plus de trois plans pour que la caméra de Fatih Akin en tombe amoureuse. Le réalisateur, plébiscité internationalement pour les magnifiques Head-On et De l’autre côté (prix du scénario à Cannes en 2007), parvient à saisir la beauté brute de sa tête d’affiche et à la pousser constamment dans ses retranchements.

Sur le fil, Diane Kruger navigue entre le lâcher-prise et l’émotion ténue. À quelques séquences émotionnelles près, elle réussit à ne jamais basculer dans le mélo ou le misérabilisme. L’affliction qui se cartographie sur son visage est parfaitement lisible. Tout comme la colère ou la résilience. À l’instar de Benoît Jacquot avant lui avec Les Adieux à la reine, Fatih Akin décentre judicieusement la star, la plaçant loin de sa zone de confort. On lui en sait gré. Jusqu’alors, Cannes 2017 semblait n’avoir d’yeux que pour Nicole Kidman, remarquable dans Les Proies, de Sofia Coppola, et Mise à mort du cerf sacré, de Yórgos Lánthimos. Mais ça, c’était avant que Diane Kruger vienne rebattre les cartes en devenant l’éclatante favorite dans la course au prix d’interprétation féminine.