Bertrand Cantat cède à la pression et renonce à sa tournée des festivals

L’ex-leader de Noir Désir, condamné pour le meurtre de sa femme Marie Trintignant en 2003, a annoncé lundi qu’il annulait l’intégralité de ses concerts prévus en festivals cet été.

"J’ai payé la dette à laquelle la Justice m’a condamné, j’ai purgé ma peine, je n’ai pas bénéficié de privilèges", tels sont les mots écrits par Bertrand Cantat pour tenter de se justifier face à la contestation grandissante dont il fait l’objet. Après qu’une pétition demandant sa non-venue au festival Papillons de nuit a rassemblé plus de 74 000 signatures, le chanteur a finalement abdiqué.

Dans un communiqué aux allures de lettre ouverte publié sur Facebook, l’ancien leader de Noir Désir a fait savoir qu’il annulait l’intégralité de ses dates prévues en festivals cet été. Parallèlement à ça, il a fait part de ses remords et renouvelle sa compassion à l’égard des proches de sa femme, Marie Trintignant, qu’il a tuée en 2003. Néanmoins, il considère que les médias ont instrumentalisé "jusqu’à l’excès" son affaire, avant de clamer son droit à la réinsertion "comme n’importe quel citoyen".

Enfin, dans une ultime requête, il demande que ses proches soient épargnés et puissent vivre sans aucune pression. De la même manière que son public ait le droit d’écouter sa musique sans se sentir coupable. Une rédemption insuffisante aux yeux de ses détracteurs qui n’ont pas manqué de le faire savoir ces dernières semaines.

Une mobilisation importante

En tournée depuis le 1er mars pour défendre son album en solo, les associations féministes étaient montées au créneau pour désapprouver son retour sur scène. Au fil des dates, les contestations se faisaient même de plus en plus vives. Cela ne l’a néanmoins pas empêché de maintenir ses concerts jusqu’à ceux prévus à L’Olympia les 29 et 30 mai prochains. Dans ce cadre, il était hier soir (lundi 12 mars) au Rockstore de Montpellier. Mais le public venu l’applaudir a été accueilli sous les huées d’une cinquantaine de personnes rassemblées à l’appel de l’association Osez le féminisme. Un coup de grâce pour le chanteur qui aura finalement appris une leçon à ses dépens : "on ne peut pas fuir son passé".