Contre le harcèlement sexuel, 300 personnalités de Hollywood lancent la plateforme Time’s Up

Après le temps de la prise de parole, voici celui des mesures. Si l’année 2017 a marqué un tournant irréversible pour la cause féministe, grâce aux grandes révélations entraînées par l’affaire Weinstein, l’année 2018 s’annonce comme le début d’un bouleversement profond. La création de la plateforme Time’s Up en est la preuve.

La productrice Kathleen Kennedy, la showrunneuse Shonda Rhimes et l’actrice Natalie Portman font partie des créatrices de Time’s Up. (© Mike Marsland/Jon Kopaloff/Getty)

L’heure du harcèlement sexuel a sonné : 2018 et ses belles promesses ont vu débarquer avec elles la plateforme Time’s Up. Lancée officiellement ce lundi 1er janvier, via une lettre ouverte signée par des centaines de grands noms du cinéma, cette initiative aspire à venir en aide aux victimes de harcèlement et d’agression sexuels (hommes comme femmes) dans le monde du travail.

À l’origine de ce projet : pas moins de 300 femmes travaillant à Hollywood (agentes, scénaristes, réalisatrices, productrices…), pour la plupart déjà membres du mouvement #MeToo (élu "personnalité de l’année" par le magazine Time), et bien déterminées à mettre un terme à l’inégalité homme/femme, l’une des grandes injustices sur lesquelles Hollywood s’est construit.

Dans ses rangs, le groupe compte compte notamment les noms familiers des actrices Natalie Portman, Cate Blanchett, Meryl Streep, Emma Stone, Eva Longoria ou Reese Witherspoon, mais également ceux de la célèbre showrunneuse Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy, How to get away with Murder), la productrice Kathleen Kennedy, Donna Langley (la présidente d’Universal), ou encore Tina Tchen, l’ex-cheffe de cabinet de Michelle Obama.

Redéfinir les standards établis

Bien que porté par des représentantes de l’industrie cinématographique, Time’s Up a l’ambition de dépasser les frontières de Hollywood, afin de permettre à chacun – et ce dans tout domaine professionnel – de porter sa cause en justice, l’action juridique demeurant aujourd’hui le meilleur moyen pour que les agresseurs soient tenus responsables de leurs actes sordides.

Selon le New York Times qui a d’ailleurs publié la lettre de lancement du mouvement en pleine page – ce plan d’action comprend quatre axes majeurs :

  • La création d’un fonds d’aide juridique, afin de permettre aux employés les moins privilégiés de se protéger des gestes déplacés de leurs collègues et être en capacité de revendiquer leurs droits ;
  • Un appel à une législation plus dure contre les entreprises qui continueraient à tolérer implicitement le harcèlement sexuel, et mettre un terme à l’utilisation des clauses de non-divulgation, utilisées de manière abusive pour réduire les victimes au silence ;
  • Une recherche de parité dans les agences de casting et studios, déjà amorcée ;
  • Un appel à rejoindre le mouvement prévu pour les Golden Globes, où les actrices sont invitées à s’habiller en noir, afin de marquer leur soutien à la lutte contre les violences sexuelles.

En seulement deux jours, le fonds a déjà accumulé 13 millions de dollars (10,78 millions d’euros), sur les 15 initialement demandés. Un soutien hors normes qui confirme qu’il était définitivement temps d’agir.