5 bonnes raisons d’aller voir Downsizing avec Matt Damon

La nouvelle fable d’Alexander Payne vaut le détour.

On se souvient d’avoir été un peu surpris par le trailer de Downsizing, la première fois que nous l’avons vu. Et pour cause : il s’agissait du retour d’Alexander Payne, avec Matt Damon, dans un film au scénario assez dingue, à base de miniaturisation de l’humanité sur fond d’humour, d’écologie et de critique de la société. Balèze.

Sorti ce 10 janvier, le film réussit à surprendre et à faire rire et pleurer, le tout avec l’histoire d’un type un peu lambda plongé dans un univers de prime abord un peu flippant. Bref, il ne déçoit pas – tout au contraire. La preuve par 5.

L’intelligence du scénario

(© Paramount Pictures)

L’une des forces principales du film est bien son script. Déjà, il s’agit d’un récit dystopique dans lequel des scientifiques ont trouvé un moyen de réduire drastiquement la taille des êtres humains (pour faire entre 4 et 5 centimètres), histoire de limiter l’impact de l’humanité sur l’environnement. Plutôt original (et bien ficelé de surcroît).

Derrière ça, Payne décide d’explorer ce thème à travers notamment un personnage "on-ne-peut-plus-américain-moyen", et auquel on peut donc forcément s’identifier. L’homme est perdu dans ce monde miniature, dans sa vie personnelle et dans ses convictions. Matt Damon a rarement joué un personnage lambda de façade – dont l’évolution est pourtant si centrale pour cette histoire écrite à quatre mains par ce cher Alexander Payne et Jim Taylor (collaborateur de longue date du cinéaste).

Une comédie vraiment drôle

(© Paramount Pictures)

Plus le temps passe et plus les comédies semblent répondre à un format bien spécifique, que l’on parle de films français ou américains. Quelques exceptions se démarquent néanmoins – et Downsizing en fait partie. On ne se marre pas tout du long, et c’est tant mieux. Le rire n’est jamais forcé : les pointes d’humour sont bien efficaces et, surtout, fines.

C’est notamment le cas avec les scènes du personnage du voisin miniature de Damon, joué par un Christoph Waltz magistral, à l’accent d’Europe de l’Est prononcé et à l’attitude je-m’en-foutiste mi-énervante mi-hilarante. Mention honorable pour Hong Chau, la grande révélation du film, pour son personnage bien singulier qui apporte son lot de fous rires — qu’on évitera de trop évoquer, pour ne rien spoiler.

Une satire piquante

(© Paramount Pictures)

L’autre point fort de cette histoire est son incroyable capacité à servir de fable satirique sociétale, qui pique là où ça fait mal. L’hypocrisie de certains se faisant passer comme prêts à se "sacrifier pour la planète" en acceptant d’être miniaturisés – alors que la décision permet surtout de s’enrichir et d’avoir une vie de rêve sans avoir à travailler – est le point d’orgue de cette critique acerbe de notre vision du monde.

Mais plus encore, c’est dans les détails et l’exploration du thème principal que le film gagne en grandeur. Du racisme anti-miniaturisés à la question de la migration de ces derniers, en passant par l’utilisation de la technologie comme outil politique, le filon est exploité de bout en bout – ce qui permet d’aller au fond du sujet sans rien omettre, tout en se permettant d’avoir un regard critique à souhait. Chapeau.

Un casting parfait

(© Paramount Pictures)

On vous l’a déjà dit : Matt Damon est brillant dans ce film, Christoph Waltz est hilarant et Hong Chau est la belle surprise de ce long-métrage. Mais le reste du casting n’a rien à envier à ces trois-là, bien au contraire.

Il y a d’abord Kristen Wiig, que l’on adore habituellement pour son humour mais qui nous marque ici par la justesse de son rôle et de son jeu. Il y a ensuite Rolf Lassgård, qui joue un scientifique de génie sceptique sur l’avenir de la planète, parfait de bout en bout. Enfin, des petits caméos feront plaisir ici et là, comme ceux de Neil Patrick Harris et Laura Dern en commerciaux un peu lourdingues — et donc férocement drôles.

Alexander Payne, tout simplement

(© Paramount Pictures)

Il n’y a pas à dire, Alexander Payne raconte les histoires comme personne. Ce n’est pas pour rien que le cinéaste américain a été nommé aux Oscars pour ces trois derniers films (Sideways en 2005, The Descendants en 2012 et Nebraska en 2014) dans la catégorie meilleur réalisateur. Rien que ça.

Ici, il signe l’un de ces longs-métrages dont seul lui a la recette. Du scénario à la direction des acteurs, en passant par la réalisation en soi, tout tient la route à la perfection, plaçant l’artiste dans la liste des réalisateurs indispensables du grand Hollywood.

Journaliste cinéma/musique/jeux vidéo. Expert en Alien et Marvel, entre autres.