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Viré de Facebook, un enfant de onze ans crée un réseau social

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Du haut de ses onze ans, Zachary Marks a créé, après avoir été écarté de Facebook, un réseau social pour les jeunes de son âge. 

Zachary Marks, fondateur de Grom Social

C’est une histoire peu banale que rapportent des journaux américains. Tout commence par un certain Zachary Marks, onze années au compteur et habitant de la Floride. En 2011, il s’inscrit sur Facebook, ment sur son âge pour remplir les conditions d’utilisations (il faut avoir 13 ans) et n’en dit rien à ses parents. “J’ai passé tout mon temps [...] à discuter avec des amis. Ensuite, j’ai fait des erreurs” explique le jeune américain.

Car en quelques jours, son père découvre qu’il a un compte Facebook. Dans la foulée, il le désactive, par peur des risques que peuvent comporter les activités en ligne d’un mineur comme Zachary. Ce dernier n’en a cure, il a un plan : concevoir un nouveau réseau social en conformité avec ses attentes et son âge :

J’ai commencé à jeter un coup d’oeil aux réseaux sociaux pour enfants qui pouvaient être à la fois sécurisés et cool. Mais aucun ne paraissait intéressant à mes yeux. Ils étaient tous enfantins, puérils. C’est là où j’ai commencé à penser. Cette nuit, une idée m’est venue. Je voulais créer un réseau social cool avec un graphisme de malade et pour les enfants de mon âge.

Grom Social : une communauté de “surfers” en ligne

La première chose qu’il doit trouver, c’est un nom. Zachary pense à “Grom”. Un “grom”, selon lui, c’est un jeune qui rentre dans une communauté de surfers. Et Zachary Marks de préciser : “Un “grom”, c’est aussi un jeune prometteur, qui apprend vite”. C’est acté : son site s’appellera Grom Social.

La seconde étape, c’est le filtre. Étant donné qu’il a moins de treize ans et que des lois protègent les mineurs sur la Toile, Zachary Marks veut que son réseau social soit barricadé : aucun adulte n’y est autorisé, excepté s’il est un ami ou de la famille. “Les adultes ont besoin d’être approuvé par Grom Social pour devenir membre” conclut le petit génie.

Capture d’écran de http://gromsocial.com/

Le reste du travail sur ce réseau social fait maison, dont il pose la première pierre virtuelle à partir de novembre 2011, il le réalise en collaboration avec ses frères et soeurs (il en a cinq au total) et ses amis proches.

Dans un bref résumé, Zachary Marks explique ses fonctionnalités :

[Grom Social] est un lieu pour discuter, se faire de nouveaux amis, apprendre de nouvelles choses et jouer [...] Ça a été un dur travail.

Un réseau social de 7000 membres

Grom Social est ouvert aux personnes qui ont moins de 15 ans. Les parents des enfants sont tenus au courant des activités de leurs rejetons par email tandis qu’un filtre de “langage” a été intégré au site pour éviter les jurons malvenus.

Il faut dire que Grom Social est aussi en conformité avec la COPPA (the Children’s Online Privacy Protection Act), une loi américaine controversée de 1998 dont l’objectif est de protéger la vie privée des enfants sur Internet. En d’autres termes, le réseau social de Zachary n’a pas le droit de rassembler et d’utiliser des informations sur ses membres, sans le consentement de leurs parents.

Aujourd’hui, Grom Social rassemble près de 7000 inscrits et le réseau est disponible aux États-Unis et au Canada. Sur YouTube, un internaute a réalisé une vidéo portant sur sa façon de marcher. Tout comme Facebook, on peut poster des statuts, des images et discuter :

Les enfants, futures proies des réseaux sociaux ?

Zachary Marks, pourrait-il être le prochain Mark Zuckeberg ? Son idée, loin d’être novatrice au regard de la flopée de réseaux sociaux qui existent aujourd’hui, capte pourtant une partie de la population (les moins de 13 ans) qui n’attend que de pouvoir imiter ses aînés : avoir une vie sociale virtuelle.

Et dans une vidéo, Erik Qualman, auteur de SocialnomicsDigital Leader and Crisis et spécialiste de la question de la génération Y, avance un chiffre effarant : “92% des enfants ayant moins de deux ans ont une existence digitale fantôme”. En somme, une génération entière qui n’a pas encore conscience du monde dans lequel elle vit a déjà un pied sur la Toile. Grâce à leurs parents. 

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Journaliste culture depuis 1956. Musique, cinéma et un peu de photographie.

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