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En Corée du Nord, un Américain risque la peine de mort pour des photos

Quand on prend des photos en Corée du Nord, il faut savoir choisir ses sujets avec précaution. Et cette leçon, Kenneth Bae, citoyen américain emprisonné depuis novembre, l'apprend à ses dépens.

Kenneth Bae

Courtesy of Ilya Pitalev

Les photos ça compte. Car en ce bas monde, et particulièrement pour un régime comme la Corée du Nord, tout est affaire de story-telling, de capacité à édicter la norme et l'actualité et de dire le "vrai". Kenneth Bae, un citoyen américain, risque aujourd'hui la peine de mort pour quelques photos.

Kenneth Bae ou les photos qui dérangent

Alors qu'il accompagnait un groupe de cinq touristes à Rajin-guyŏk le 3 novembre dernier, une zone économique spéciale située dans la ville de Rasŏn (où le libre échange est autorisé dans le but de permettre à l'économie nord-coréenne de décoller), Kenneth Bae est arrêté.

D'un côté, les médias nord-coréens annoncent que le ressortissant américain est passé aux aveux pour des crimes "mettant en danger la sécurité du peuple de Corée du Nord" et dont la "preuve a été apportée". De l'autre, c'est un flou artistique qui demeure quant à la teneur de ce qu'on lui reproche vraiment. Selon les mêmes sources, celui-ci risque la peine de mort.

En s'écartant du récits des médias contrôlés par le régime de Kim Jong-un, on arrive à approcher d'autres raisons de cette soudaine condamnation. Les différentes versions des faits s'accordent au moins sur une chose : si Kenneth Bae est actuellement en prison, c'est parce qu'il a pris en photo quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir. Oui mais quoi ?

Pour certains, si l'Américain est si sévèrement traité par le régime, c'est parce qu'il a eu le malheur de prendre des clichés d'orphelins qui mendiaent dans le marché de Rajin, offrant une contre-point à la propagande offerte par le régime. Pour d'autres (notamment un journal sud-coréen) celui-ci aurait capturé des exécutions sommaires perpétrées par la police nord-coréenne. Et face au mutisme du régime, et au manque de transparence des sources, il est difficile de trancher.

Dommage collatéral

Selon la loi nord-coréenne, une atteinte grave à la sécurité du régime est passible de cinq à dix ans de travaux forcés. Le "méfait" supposé de Kenneth Baé se doit donc d'être à la hauteur de la sentence encourue (soit jugée extrêmement grave par le régime). En plein rapport de force sur la scène internationale, il se pourrait aussi que Kim Jong-un veuille en faire un exemple, un levier politique et diplomatique.

La Maison Blanche, par la voix Jen Psaki, porte-parole du secrétariat d'État, a mis sa diplomatie en route. En premier lieu, elle a rappelé que la sécurité des ressortissants américains à l'étranger était un enjeu prioritaire. En raison de l'absence d'ambassade américaine à Pyonyang, c'est à la Suède (qui possède une ambassade) que revient la lourde tâche de négocier avec les autorités nord-coréennes.

Le procés de Kenneth Bae offrira surement des précisions sur le sujet ainsi qu'un dénouement heureux, du moins on l'espère.

Source : PetaPixel // Reuters

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