Daniel Rodrigues : l’art du juste cliché et de la persévérance

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Daniel Rodrigues, vainqueur du World Press 2012 dans la catégorie “vie de tous les jours”, a dû vendre son appareil photo pour survivre. Avant de recevoir sa récompense. 

Daniel Rodrigues

Crédit Image : Daniel Rodrigues

C’est une histoire révélatrice de la crise du journalisme en général, et de la profession de grand reporter plus particulièrement. Une anecdote traumatique dans laquelle un photographe a dû choisir entre sa passion (qui est accessoirement son outil professionnel principal) et la survie à court terme.

Il a remonté la pente mais Daniel Rodrigrues ne peut toujours pas se targuer d’une stabilité à toute épreuve. Retour sur les évènements.

Daniel Rodrigues : self made photographe

Diplômé en 2010 de l’académie portugaise de photographie, Daniel Rodrigues trouve assez rapidement un stage chez le quotidien portugais Correio da Manhã  et travaille avec l’agence Global Imagens, pour un temps. Exposé à la difficulté de trouver un emploi stable, il décide en mars 2012 de partir en Guinée Bissau en tant que volontaire dans l’ONG portugaise Missão Dulombi.

Une fois sur place, les circonstances le placent au milieu d’une scène touchante : un match de football entre les jeunes garçons du village où il aidait à la reconstruction d’un hôpital et d’une école. Participant puis photographiant, il capture ce sursaut d’insouciance dans un pays en crise et en proie à des troubles politiques multiples depuis le coup d’état militaire de 2012. Pour un cliché en noir et blanc, à la poussière environnante.

De retour au Portugal après la fin de son volontariat, les ennuis le rattrapent. Jusqu’au point de non retour. Ruiné, il est obligé de se séparer de l’appareil photo (et de l’ensemble du matériel) avec lequel il avait capturé la scène qui lui permettra de remporter le World Press Photo quelques mois plus tard.

A propos de cette période, l’intéressé déclare :

En 26 ans ce fut la décision la plus difficile à prendre. Je vis avec ma grand-mère qui a 68 ans. J’ai utilisé l’argent pour payer la voiture, le loyer, l’eau, l’électricité et de la nourriture.

Primé au World Press Photo sans son appareil

En février 2013, le verdict tombe. Daniel Rodrigues est primé au World Press 2012 pour son cliché dans la catégorie “Daily Life” et reçoit la somme de 1500 $. Et les rétributions ne s’arrêtent pas là. Estampillé désormais “jeune photographe talentueux”, les sponsors frappent à sa porte, qu’il s’agisse de Canon ou de la banque Banco Espírito Santo. Aujourd’hui Daniel Rodrigues a remplacé son équipement.

Il espère parvenir à être photographe dans une agence de presse internationale. A propos de sa mésaventure il déclare :

La vie prend parfois un tour inattendu quand on s’y attend le moins

 Symbole de la persévérance. Dans un secteur incertain. Au milieu d’un pays en crise.
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Source : PetaPixel
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